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^'(K

ARCHIVES

DE

PARASITOLOGIE

ULLB. IMP. LE BIOOT rHÈHBS

ARCHIVES

DR

PARASITOLOGIE

Paraissant tous les trois mois

80US LA DIRICTJOIf DB

RAPHAËL BLANCHARD

PROFESSEUR A LA FACULTÉ DE MÂDBGIKB DB PARIS, MEMBRE DE L'AGADÉMIE DE MÉdBGINB

TOME CINQUIÈME

PARIS

» » »

SOCIETE D'EDITIONS SCIENTIFIQUES

4. Rue Antoine Dabois, VI*

Téléphone 8C7.95

1902

DE91Cl»Lt904 ^

CHAMPlGNOP^s^^J^V^S>BÈ LA SOURIS

{AC HORION QUINCKEANUM)

PAR

E. BODIN

Professeur à l'École de médecine de Rennes

f

Je me propose ea ce travail d'étudier le favus de la Soucis dont je viens d'observer plusieurs cas chez cet animal et une inoculation à l'Homme. Il s'agît donc ici d'un parasite dont Texistence est connue et dont divers auteurs ont donné des descriptions, entre autres : Quincke, Bœr, Désir de Fortunet et Busquet. Notons toutefois que ces travaux sont antérieurs aux recherches récentes qui ont si profondément modifié le chapitre des teignes, qu'ils demandent à être complétés et que certains d'entre eux visent un parasite différent de celui dont je veux parler ici. Il y a donc intérêt à reprendre celte question avec les documents nouveaux que j'apporte et j'espère montrer que cet intérêt n'est pas seule- ment limité à la description d'une Mueédinée parasite, mais qu'il s'étend à l'histoire générale des mycoses.

Mais tout d'abord je dois préciser ce qu*il faut entendre par favus de la Souris. On sait en effet que si les godets faviques comportent chez cet animal une indiscutable unité clinique et objective, ces lésions peuvent être occasionnées par divers para- sites et que plusieurs Hyphomycètes, notamment ceux du favus de l'Homme, du favus du Chien, du favus de la Poule sont suscepti- bles, d'après Sabrazès, de déterminer des godets sur la peau de la Souris. Il s'ensuit naturellement que le fait de produire en inoculation des godets chez la Souris ne saurait suffire pour faire considérer une Mueédinée comme le Champignon du favus de la Souris, et que cette dénomination doit être réservée exclusivement au parasite qui, se rencontrant ordinairement chez ce Rongeur dans des lésions dont l'origine humaine, canine ou aviaire ne peut être retrouvée, ne s'observe au contraire jamais chez l'Homme

6 E. BODIN

OU chez les autres animaux en dehors d'une contagion muridienne directe ou indirecte.

Après cette remarque qu'il importe de ne point perdre de vue, il est nécessaire que je résume rapidement l'histoire du parasite décrit comme cause du favus de la Souris.

C'est Quincke (1) le premier qui, en 1886, a étudié ce Champignon sous le nom de Champignon a, précisant que la Souris est son hôte habituel, qu'il s'inocule à l'Homme, à la Souris et au Chien en produisant des godets et que ses cultures croissent avec une grande rapidité ; d'après cet auteur, sur gélatine et sur agar-agar, le développement du Champignon aboutit, en quelques jours, à la formation d*un épais tapis duveteux, absolument blanc, présentant une couleur jaunâtre quand on l'examine .par sa face postérieure; cultivé sur pomme de terre sa croissance est terminée en 8 jours et donne de petits boutons blanc duveteux.

Ce Champignon n'a pas été revu par Krâl, Plaut, Pick, Mibelli, Sabrazès (2) et autres observateurs qui se sont ensuite occupés du favus. Zopf lui donna en i890 le nom d'Achorion qmnckeanum qui doit lui être conservé désormais, à l'exclusion de tout autre, pour une raison de priorité sur laquelle je n'ai pas à m'arrêter.

Bœr (3) peu après Quincke aurait retrouvé ce Champignon du favus de la Souris et dans la description qu'il en a donnée, il insista sur la présence^ à l'extrémité des filaments de cette Mucédinée de renflements claviformes qui pour lui sont caractéristiques.

Enfin plus récemment, Désir de Fortunet et Courmont (4) ont rencontré dans une éruption vésiculeuse marginée de la main un Champignon que Busquet (5) identifie à celui de Bœr et qu'il donne comme le parasite du favus de la Souris en l'appelant Achorion

(1) QniNCKi.* Ueber FavuspiUe. Areh. fur experim, Pathol. und Pharmak,, XXII, p. 62, 1886. Ueber Favus. MonaUhefte fUr prakt. DennaloL, VI, 1887.

(2j Ce fait n'a riefH d'étonnant, eu égard à la grande rareté de rinoculaUon du favus de la Souris à l'Homme, rareté sur laquelle J'attirerai l'attention dans un paragraphe ultérieur.

(3i B<£R, Zur Biologie des Favus. Vierteljahrsschrift fur DermatoL SypA., XIV, p. 429, 1887.

(4) Désir dr Fortdnkt et Courmont. Annalex de dermatol.^ 1890, p. 2H9.

(5) BusQuiT, Etude morphologique d'un Cryptogame nouveau trouvé dans une éruption eircinée de la main. Thèse de Lyon, 1890. Etude morphologique d'une forme d' Achorion ; V Achorion Arloingi^ Champignon du favus de la Souris. Annales de micrographie, III, p. 9-21, 62-73, 136-149, 1891.

SUR LE CHAMPIGNON DU FAVUS DE LA SOURIS 7

Arloingi saas faire mention d'ailleurs des travaux antérieurs de Quincke. ^

Si Ton veut bien se reporter aux recherches que je viens de citer, les comparer entre elles puis avec Tétude que je donne ici, on arrivera rapidement à deux conclusions : d'abord il est évident que la Mucédinée que j'ai rencontré chez la Souris et chez l'Homme et dont je m'occupe en ce mémoire, offre les mêmes caractères que le Champignon de Quincke tant dans son aspect objectif en cultu- res que dans les lésions expérimentales ou non qu'elle produit chez rHomme ou chez l'animal, et qu'il s'agit bien en ce cas du parasite du favus de la Souris, ce terme étant pris dans le sens strict que j'indiquais tout à l'heure.

Une seconde conclusion s'impose ensuite, c'est que le Champi- gnon décrit par Busquet, sous le nom d^Achorion Arloingi et identi- fié par lui au parasite vu par Bœr, ne doit pas être confondu avec VAchorion quinckeanum et ne saurait être considéré comme le Champignon du favus de la Souris. L'Achorion Arloingi, en eilet, a été rencontré dans des lésions humaines absolument différentes de celles que cause VAchorion quinckeanum et de plus il ne présente pas les mêmes caractères que ce dernier tant dans ses inoculations expérimentales que dans sa morphologie macroscopique ou microscopique en cultures artificielles (1). On comprend donc que

(1) Sans reprendre tous les détails des travaux de Désir de Fortunet et de Bosquet, Je résumerai ici les principaux caractères qu'ils assignent à VAchorion Arloingi, afin de bien montrer que ce Champignon ne peut être idenUfié à VAchorion quinckeanum.

Trouvé chez une jeune fille dans une éruption circinée, vésiculo-squameuse de la malo, c'est-ft-dlre dans une éruption qui n'offre cliniquement aucune allure favique et qui se rattache plutôt aux trlchophyties, ce Champignon ensemencé par Busquet sur divers milieux, s'y présente avec des caractères objectifs différents de ceux que J'ai constatés chez le Champignon isolé par moi des godets muridiens. Par exemple, sur bouillon de veau, Il donne des Ilots blancs super- ficiels dont la face profonde se colore en rouge vif dès le lO' jour. Sur pomme de terre, U pousse vite produisant au 4* jour une masse irrégulière, vallonnée, blanche, légèrement duveteuse sur les bords, pulvérulente et Jaunâtre au centre et, tout autour de cette végétation, la pomme de terre prend une couleur noirâtre. Vers le 7' Jour, tous les cétés de la pomme de terre sont envahis par la culture, dont la surface devient pulvérulente, prend une coloration jaunâtre et se plisse irrégulièrement. Sur carotte, chou, betterave, les résultats sont iden- tiques ft sur tous ces milieux, comme d'ailleurs sur tous les milieux solides, la culture forme un feutrage comme surélevé et séparé du substratum nutritif par un espace vide. Tels ne sont point les caractères de VAchorion quinckeanum

8 E. BODIN

j'aie tenu à m'arréter au début de ce travail sur cet historique ; il y avait UH point qui devait être nettement précisé sous peine de laisser subsister au sujet du favus de la Souris, une cause de con- fusion qu'il importe grandement d'écarter en une question aussi complexe que celle des Mucédinées parasites.

VACHORION QUINCKEANUM DAHS SA VIE PARASITAIRE

LÉSIONS ANIMALES ET HUMAINES

J'ai extrait VAchorUm quinckeanum des lésions cutanées de l'animal dans cinq cas. Quatre fois je Tai rencontré chez des Souris prises au commencement de cette année dans une maison du centre de la ville de Rennes, maison il n'y a ni adulte ni enfant faviques et ne se trouvent pas d'animaux domestiques, dans un autre cas il s'agissait d'une Souris favique prise à Autun que j'ai

que oous verrons sur bouillon, vivre pendant des semaines sans produire de pigments, qui sur tous milieux donne une culture invariablement et constamment blanche duveteuse, ne devenant ni pulvérulente, ni jaunâtre et qui sur pomme de terre produit seulement de petits Ilots duveteux blancs, dont le dévelop- pement est, comme le fait remarquer Quincke, terminé en 8 Jours et reste toujours peu étendu.

Quant à ce qui est de la morphologie de VÀchorion Àrloingi, Busquet en donne une longue et quelque peu confuse description dont il ressort que le Champignon produit divers organes de fructuation :

Des conidies à forme Levure qui ne sont autres que ces articles renflés et plus ou moins réguliers que l'on observe chez beaucoup de Champignons dans la conUnuité des filaments immergés, dont la signification est celle de simples chlamydospores et qui n'ont rien de spécial.

Des élémetits en massue uni ou plurlseptés, remplis de protoplasma granuleux et qui prennent naissance à l'extrémité des filaments mycéllens, éléments qui sont certainement les plus caractéristiques que produise la plante.

3* Des filaments fructifères qMi sur milieux liquides « sont formés par un tube axlilaire présentant de petites protubérances latérales à sommet arrondi de longueur variable sans rétrécissement à la base». Mais Busquet n'a « Jamais assisté à la sépara Uon de ces bourgeons et n'a retrouvé dans les préparations que peu de spores libres du même volume». Quant à la figure qu'il donne de ces filaments fructifères (Annales de micrographie, 1890-91, pi. iv, fig. 11, 12), elle représente des rameaux avec des bourgeons latéraux qu'il est impossible de onfondre avec des spores.

4* Sur milieux solides des spores aériennes. Ce sont des cellules arrondies, sphériques ou ovoïdes, dans ce dernier cas une de leurs extrémités est aplatie. Leur enveloppe est épaisse, transparente, régulière ; dans les formes ovoïdes au niveau de la partie aplatie on constate souvent des sortes de diverlicuies droits en cul-de-sac qui se continuent manlfesten^ent avec la spore. C9 sont des stérig-

SUR LE CHAMPIGNON DU FAVU8 DE LA SOURIS 9

observée il y a 9 ans (1) et doot i'ai obtenu un parasite très différent en culture de YAchorion humain et identique en tous points à celui que j'ai rencontré chez les Souris faviques de Rennes.

En dehors de ces cinq cas trouvés à plusieurs années de dis- tance dans des villes éloignées l'une de Tautre et pour lesquels Tenquéte la plus minutieuse n'a pu révéler de contagion humaine ou par un autre animal, je n'ai jamais rencontré VAcharion quinckeanum dans aucune des lésions animales ou humaines (sauf dans le cas que je relaterai tout à l'heure) que j'ai étudiées depuis 10 ans et dont le nombre s'élève aujourd'hui à plusieurs centaines.

Si l'on ajoute à ces faits que la Mucédinée que j'ai isolée des lésions muridiennes offre les mêmes caractères objectifs que le Champignon décrit par Quincke et qu'il donne comme parasite habituel de la Souris, on comprendra sans peine que ce parasite doive être considéré comme celui du fatms de la Souris, cette déno-

mates encore adhéreoU et déformés ou non après rupture accidenteUe (Busquet, loeo dtato, p. 69).

5* Dea spores myeéliennes qui ont, d'après les figures du mémoire de Husquet (Bosquet, loco eitato, pi. ui, flg. 3, 10), Tallure de chlamydospores terminales, nullement caractérlsques.

Que l'on Teullle bien comparer ces caractères de VÀchorion Arloingi à ceux de VÀchorion quinckeanum et Ton verra qu'il n'y a pas de confusion possible entre ces deux Mucédinées. Dans les cultures de VÀchorion quinckeanum Je n'ai pas observé d'éléments conldiens en massue et la fructification de cet Hypbo- myeète en byphes du type Botrytis ou Acladium^ à peUtes conldies sessiles, très nombreuses et très caduques est si constante et si abondante qu'il est impossible qu'elle ne frappe pas immédiatement tout observateur qui a examiné une seule culture de ce parasite.

fenfin dans les inoculations expérimentales si VÀchorioji Àrloif^gi a produit sur la Souris une lésion a fort semblable au favus » ce qui ne saurait sulBre comme Je l'ai dit, pour faire considérer ce parasite comme celui du favus muridlon, sur l'homme deux inoculations n'ont donné que des lésions papulo-squameuses sans caractères bien nets. Après cela Je crois inuUle d'insister sur la diflérenciaUon de VAchorion quinckeanum et de VÀchorion Arloingi, j'ajouterai cependant que J'ai trouvé dans une éruption vésiculeuse du pied chez une Jeune fille, érupUon dIagnosUquée d'abord eczéma marginé à l'hôpital Saint-Louis, un parasite dont les cultures ressemblent absolument à celles du parasite de Busquet et dont la caractéristique morphologique est Justement la production d'éléments en massue Identiques à ceux que figure Busquet dans son travail. Ce Champignon que J'ai conservé au laboratoire, me semble être absolument identique à VÀchorion Arloingi et il diffère complètement de celui que J'ai isolé des godets de la Souris.

(1) A ce moment, J'étais tout à fait au début de mes études sur le favu», et ne sachant classer ce parasite des godets de la Souris, J'avais cru devoir le rap- procher de VÀchorion euthytrix de Unna.

10 E. BODIN

mination recevant TacceptioD que j'ai précisée en an précédent paragraphe.

Sur les Souris que j'ai examinées, les lésions étaient parfaite- ment nettes et le diagnostic ne souffrait aucune difficulté. Plus ou moins abondants suivant les cas on trouvait des godets typiques de dimensions variables et siégeant le plus souvent vers l'extrémité céphalique de l'animal ; godets isolés ou réunis pour former une masse croûteuse, blanc-jaunâtre, sèche et d'aspect très favique analogue à celle que l'on constate chez l'Enfant quand il y a coalesceoce des godets. Enfin je noterais que deux des Souris que j'ai examinées offraient des altérations très marquées des oreilles : ces organes étaient déchiquetés, dentelés et ne représentaient plus que des moignons informes saignant facilement. Celte particularité s>xplique probablement par la localisation des lésions aux oreilles et par les traumatismes déterminés sur ces organes déjà malades par des grattages incessants ; elle mérite d'être signalée car si les godets sont petits et masqués par les poils, perceptibles seulement à l'examen -attentif, ces lésions des oreilles frappent immédiate- ment l'observateur.

Chez l'Homme, l'inoculation du favus de la Souris est un fait très rare ; que la Souris joue un rôle dans la propagation du favus humain, cela est possible en certains cas, mais quant à Tinocula- tion de YAehorion parasite habituel de la Souris elle constitue certainement une exception ; je n*en donnerai pour preuves que les observations de M. Sabrazès (1) qui sur 41 cas de favus humain n'en signale pas un seul qui soit à un parasite animal et que mes propres observations qui portent actuellement sur plus de cent cinquante cas de favus lesquels m'ont toujours donné à la culture VAchorian humain sauf une seule fois chez la jeune malade dont je résume ici l'histoire et chez laquelle, dans des lésions faviques typiques, j'ai rencontré le même Champignon que chez les Souris dont je viens de parler.

Fillette X..., 7 ans. Bien portante habituellement. Cette petite fille a présenté, depuis quinze jours environ, un petit placard érylbémateux et légèrement squameux au niveau de Tangle de la mâchoire inférieure droite. Ce petit placard offrait la dimension d'une pièce de un franc, était

(1) Sabrazès, Sur le favus de l'Homme^ de la Poule et du Chien. Thèse de Bordeaux, 1S9^).

SUR LE CHAMPIGNON DU FAVU8 DE LA SOURIS tl

iégèrement prurigineux et fut traité par une pommade boriquée. Huit ou dix jours après son début, la lésion qui s'était agrandie changea d'aspect et Ton constata, en son centre, la formation de croûtes qui augmentèrent rapidement et aboutirent en quatre ou cinq jours à la formation de godets très nets ; c'est à ce moment que j'examinai l'enfant.

45 jantier 490 f. La lésion est constituée par un placard érythéma- teux, de forme ovalaire, à bords réguliers et nettement dessinés, placard un peu squameux et au centre duquel se voient des godets faviques au nombre de 4, de 2 mm. de diamètre chacun, godets jaunes, secs et d'allure absolument classique. Le cuir chevelu et les autres régions sont indemnes de toute lésion cutanée. Ces godets sont enlevés à la curette et laissent, ainsi que cela est la règle, une petite dépression rouge et lisse moulant exactement le fond de la masse parasitaire. On pratique alors un badi- geonnage iodé qui devra Aire renouvelé tous les deux jours ; dans l'inter- valle on fait appliquer une pommade soufrée à 5 "/<*•

i6 janvier 4904. L'enfant est complètement guérie, il ne reste plus, au niveau delà partie antérieurement malade, qu'une légère pigmentation avec quelques squames.

\a recherche de la contagion est restée absolument négative. Apparte- nant à la classe aisée, cette fillette fréquente des enfants parmi lesquels il n'y a aucun cas suspect ; dans la maison elle habite il n'y a ni Chiens, ni Chats, ni Oiseaux; quant à la possibilité de la contagion par les Souris, les parents ne m'ont fourni aucun renseignement précis et tout ce que je puis dire, c'est que la malade habile une maison voisine de celle ou j'ai observé des Souris faviques.

On voit par ce rapide résumé qu'il s'agit en somme ici d'un cas de favus classique et dont l'origine animale, soupçonnable seule- ment parce que l'enquête clinique restait négative relativement à la contagion humaine, ne pouvait être nettement établie que par la culture du parasite extrait des godets.

Une conclusion dermatologique s'impose donc après cette obser- vation, c'est que le godet favique peut être à divers parasites sans que son aspect objectif subisse aucune modification et per- mette de prévoir si le Champignon causal est d'origine humaine ou de provenance animale; il existe, pour cette mycose, une unité clinique que l'on ne retrouve pas pour les trichophylies par exemple dont les lésions et les symptômes varient suivant qu'ils sont occasionnés par des Trichophyton différents ainsi que Sabou- raud l'a établi dans ses belles recherches à ce sujet.

CARACTÈireS DE hWcHOniON QUiNCKEAiWM DANS SES LÉSIONS

Dans le cas de favus humain dont je viens de parier comme

18 E. BODIN

chez les Souris que j'ai examinées, le Champignon s'est présenté dans les lésions avec les mêmes caractères.

La dissociation dans la potasse de fragments de godets humains ou muridiens montre que le parasite est constitué par une quantité considérable d'éléments rectangulaires ou ovoïdes, éléments qui mesurent de 2 {& 5 à 3 {& de diamètre transversal sur 3 à 5 {& de lon- gueur. En examinant les préparations avec soin, il est aisé de pré- ciser le mode de formation de ces spores : on y trouve en effet des fragments de filaments mycéliens plus ou moins longs, mesurant 2(i5à2(i8de diamètre et qui sont divisés en segments rectan- gulaires par des cloisons transversales et, sur beaucoup de ces filaments, on voil les cloisons se rapprocher de plus en plus les unes des autres de telle sorte qu'elles délimitent de petits segments rectangulaires courts, de 3 à 4 (i de longueur qui sont mis en liberté pour constituer les spores.

Par le procédé de dissociation dans la potasse, il est évidem- ment impossible de se rendre compte de la disposition des éléments parasitaires dans les lésions, ce que l'on obtient au contraire en faisant une inclusion des godets dans la paraffine et en les débitant en coupes minces au microtome. Sur des coupes pratiquées de cette façon, tant sur un godet du favus humain que j'ai observé que sur plusieurs godets provenant des Souris faviques, il est aisé de voir que le godet, qui est exclusivement constitué par les éléments du Champignon, présente la structure classique du godet favique causé par VAchorion Schôfileiniy c'est-à-dire qu'il est formé par une agglo- mération de filaments mycéliens serrés les uns contre les autres partant du fond du godet et se dirigeant vers sa partie centrale et vers sa surface ; au fond du godet les filaments sont bien nets, avec leurs cloisons transversales plus ou moins éloignées, mais à mesure que l'on se rappoche de la périphérie ou de la surface, ces cloisons se rapprochent et divisent les filaments en sporules rectan- gulaires ou carrées, de telle sorte qu'à la partie supérieure du godet on ne trouve plus que des spores identiques à celles que je décrivais tout à l'heure dans les préparations par dissociation dans la potasse.

Quant aux poils, je ne les ai pas vus pénétrés chez la Souris par les éléments du parasite et, comme le cas humain que j'ai examiné était localisé à la peau glabre, je ne puis dire si V Acharion quinckea-

SUR LE CHAMPIGNON OU FAVUS DE LA SOURIS 13

num offre dans le poil une disposition identique à celle de VAcho- rUm Schônleini ou s'il présente quelque particularité permettant, à Texamen microscopique de ces poils, de reconnaître le Champignon.

En somme on voit qu'il s'agit, dans ces lésions animales ou humaines de VAchorion quinckeanum, d'un parasite qui offre les mêmes caractères que les autres Champignons faviques et que rien, sur l'examen histologique des lésions dont je viens de parler, n'autorise à les distinguer de celles qui sont dues à VAchorion de THomme ou à VOospara canina. C'est d'ailleurs un fait qui ne doit pas surprendre car ne sait-on pas que, dans leur vie parasi- taire, les Champignons pathogènes se réduisent à des organes simples dont la morphologie est très analogue pour tous ces Cbampignons^t quasi identique pour tous ceux d'un même groupe.

Il me resterait ici à parler des lésions des tissus occasionnées par VAchorion quinckeanum^ mais sur les godets humains ou muridiens que j'ai observés et qui étaient déjà'avancés, ces lésions sont moins faciles à étudier que dans les inoculations expérimen- tales où l'on peut aisément pratiquer des biopsies successives, aussi renverrai-je sur ce point au paragraphe des inoculations.

VACHORION QUINCKEANUM DANS SA TIE SAPROPHTTIQDE

Cultures -

VAchorion quinckeanum se développe aisément sur les milieux usuels des laboratoires, surtout à la température de 35^ qui m'a paru la plus favorable à la culture ; et les milieux glucoses, glycé- rines et maltosés qui sont généralement utilisés pour l'étude des Mucédinées parasites m'ont tout particulièrement donné ici de bons résultats.

Ne voulant pas toutefois m'en tenir pour l'appréciation du milieu optimum à la simple comparaison objective des cultures, méthode évidemment insuffisante et qui peut être trompeuse, j'ai recherché les divers poids de récolte obtenus dans un temps donné et dans des conditions identiques d'aération, de température, de lumière avec diverses substances nutritives.

Cette comparaison m'a conduit aux chiffres suivants qui mon- trent que le glycose est ici, comme pour les Tricophytony l'aliment

14 E. BODIN

le plus favorable air développement de la plante, tandis que d'autres hydrates de carbone comme le lactose, le maltose, le sucre candi ne donnent que des résultats médiocres. Pour le sucre ce fait n'a rien d'étonnaat car, comme pour les Trichoph^tonel pour les Microsporum, cette substance qui n'est pas utilisable directement par la plante» ne subit aucune modification du fait d'une action diastasique ou autre dans les milieux de culture ainsi que j'ai pu le noter en plusieurs expériences.

J'ai constaté en outre que si les milieux neutres sont lès meil- leurs, une acidité légère ne détermine qu'une faible baisse dans le poids de récolte du Champignon, baisse qui se traduit par une différence négligeable dans la pratique car elle se maintient ordi- nairement dans les limites de l'erreur possible d'expérience.

Poids de récolte (sèchée à iOO*)

Peptone i Vo neutre 0,088 *

Peptone 1 Vu acide 0,080

Peptone 1 V. | ^^^^

Glycérine 3 Vo )

Peptone <% | neutre 0.360

GIfcoso 3 )

Peptone 1 % ) „,„t,^

LactoBC 3 */• )

u ^î**"* 1 '/; [ neutre 0.136

Malt09e 3 Vo )

Peptone 1%^ ^„,„

Sucre candi 3 Ve ^

En somme, ce sont les milieux neutres glycosés et glycérines qui donnent les poids de récolte les plus grands, c'est donc sur ces milieux soit liquides, soit solidifiés avec l'agar-agar que j'ai surtout étudié VAchorion quinckeanum. Sur les milieux glycosés tout spé- cialement, la culture est abondante et rapide ce qui s'explique aisément quand on suit la consommation du glycose parallèlement à l'augmentation du poids de récolte. Avec cet hydrate de carbone on arrive, dans les milieux peptonisés neutres et à l'étuve à 35^, à obtenir une bonne utilisation de l'aliment car, au moment la culture arrive à son maximum de développement, le rapport du poids de récolte au poids de glycose consommé se fixe à peu près à 1/3, or on sait que c'est le rapport que l'on observe pour l'Aspergillus avec le liquide Raulin. Voici à ce sujet les chiffres

SUR LE CHAHPiaNON DU t'AVUS DE LA SOUHIS lU

que i'ai trouvés dans l'une des expériences que j'ai faites avec VÀckorio» ipiinckeanum :

Bouillon neutre peptoaisé 1 •/„ glycosA 3^26 ',. <«tuve Sô'j

Gltcohe consommée Poidb de bécolte

0«'ï85 . 0«f098

1 838 0

2 «69 0 B90

Si l'on étudie mainteDant les cultures au point de vue objectif, oo voit que ces cultures prennent des caractères permettant de reconnaître assez lacilement le parasite.

Sur agar peptonisé et glycosé le développement est rapide et déjà avancé au S*»' jour à l'étuve à Si)" ; au ti'^« jour la culture est exubérante et couvre toute la surface du gâteau de gélose disposé au fond d'une tiole d'Erlenmayer. l.e Champignon est uniformé-

ig. 1 . Àekorion qwnekeanum sur af^r peplonlKé a I •/■ et glfco«é b 3 *, t

méat blanc et duveteux, formant un tapis de duvet plus lin et plus serré à la partie périphérique qu'au centre au niveau duquel on observe des plis larges et arrondis ou plutôt des ondulations sail-

lantes delà culture (fig. 1). Vue par sa face inférieure la Plante est blaoc-jaunâtre, mais si on laisse à l'étuve pendant plus de trois

¥\g. s. Àchorion quinckeanum SUT afat ptptODlsé a 1°/. et glycérine à 3%

semaines, on constate, après ce temps, que la (ace inférieure du .Champignon se pigmeute, en totalilé ou en partie, eu violet foncé.

Fig. 3. Aekorion qtiiitckeanum sur agir ua moût de Uûre

Sur agar peplonisé à 1 "/g, glycérine à 3 "f,, la culture est tout aussi rapide que sur gélose glycosée, mais elle est moins abondante

SITH LE CBABdPIGNON DU FAVUS DE LA SOURIS 17

et n'est jamais exubërajole comme sur ce dernier milieu ; ell« se présente sous la forme d'un gâteau dont le centre est marqué par quelques plis comparables aux circonvolutions cérébrales et dont la périphérie est blanche duveteuse, mais dont le duvet est extré-* meroent court et fin (fig. 2). Vue par sa lace inférieure, la culture est jaunâtre- Sur agar au moAt de bière (titrant 3 "/o de maltose et 3 "/, d'hydrates de carbone en plus exprimés en glycose), la culture se fait également très vite et devient adulte en 10 jours environ, elle est d'ailleurs analo- gue à celle que l'on observe sur la gélose glycérinée, mais les plis en forme de cir- convolutions sont plus abondants sur le moût de bière, ils sont plus petits, plus accusés et envahissent presque toute l'éten- due de la culture (fig. 3).

Si l'on sème sur pomme de terre, il se produit une culture de fm duvet blanc, très court et assez maigre, formant le long de la strie d'ensemencement une bande sillon- née de petits plis irréguliers (fig. 4), mais le développement reste généralement mé' diocre. Fig.i. Àehorion çuinc-

,. 1. it j i 1- j- - 1 ni. fteanum sur Pomme de

Sur bouillon de bœuf ordmatre, le Champi- ^^^

gnon pousse en donnant à la surlace du liquide de petits Ilots de duvet blanc neigeux dont la face infé- rieure est jaune blanchâtre, et en même temps on voit se déve- lopper dans le liquide quelques petits flocons grisâtres.

Sur gélatine ordinaire le Champignon crott au point d'inoculation en formant une petite touffe de duvet blanc qui envoie quelques irradiations dans le milieu par sa partie profonde. A SfO», au 5* jour on ne note pas encore de liquéfaction bien franche, mais au ou 10* jour, la culture ayant envahi toute la surface libre de la géla- tine, la liquéfaction est très manifeste sur une hauteur de quelques millimètres au-dessous de la culture et en 3 semaines un tube ordinaire de gélatine est liquéfié sur toute sa hauteur sans que le duvet blanc formé à la surface par le Champignon se soit accru

Ârchivm <U ParaHMogie, V, n- 1, 1902. 2

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notablement. La culture vue par sa face inférieure reste jaune blanchâtre, on note seulement une légère teiote brune de la géla- tine liquéfiée immédiatement au-dessous du Champignon.

Culture sur lait. Sur le lait à So^, VAchorionquinckeanum forme déjà au 5™« jour une Culture duveteuse blanche, surnageant le liquide et au-dessous de laquelle se voit une petite zone transpa- rente de liquéfaction de la caséine. Si Ton agite doucement le vase à ce moment on constate alors que toute la partie du liquide située au dessous de cette zone transparente a subi une coagulation très nette. Ultérieurement et à mesure que la colonie de surface pro- gresse, le caillé se ramollit, devient gélatiniforme puis se liquéfie de telle sorte qu'au bout de 15 à 20 jours le lait est transformé en un liquide transparent de couleur jaunâtre à la surface duquel végète la plante et à la partie inférieure duquel se voient quelques grumeaux provenant de fragments de caillé non encore liquéfiés mélangés à de petits flocons formés par le Champignon.

Après les études que j'ai faites sur la production de présure et de caséase par la forme Oospora du Microsporum du Cheval (1), on comprendra que j'aie recherché si cette coagulation et cette liqué- faction de la caséine par VAchorion quinckeanum sont aussi dues à des actions diastasiques. L'expérience m'a répondu par l'aQirmative et m'a montré qu'il s'agit ici de phénomènes absolument analogues à ceux que j'ai observés avec M. Lenormand pour la forme Oospora du Microsporum; VAchorion quinckeanum est aussi un producteur de caséase assez actif ainsi que le montrent les chifires suivants.

Mélange à parties égales de lait écrémé et de liquide diastasilére (2)

(Etuve à 40«)

Caséine Caséine transformée

Lait témoin 3,770

après 8 h 2,720 l.OK)

6 h 2,190 1,580

8 h 1,870 1,900

24 h 1.080 2,690

48 h 0,770 3,000

3 jours 0,750 3,010

6 Jours 0,690 3,080

liquide diasta*

sique chauffé

à100«,

après, 10 Jours 3,770 0

(1) Annales de Vlnëtitut Pasleur, avril 1901, p. 276.

(2i Liquide de culture peptonlsé k 1 Vo et glyoosé à 3Voiiltré au filtre Cham- berland après disparition complète de la glycose.

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J'ajouterai que le liquide diastasifère obtenu avec VAchorion quinckeanum s'est également montré actif vis-à-vis de la gélatine, que nous savons d'ailleurs être liquéfiée rapidement par le Cham- pignon. Voici à ce sujet l'expérience que j'ai faite :

Deux tubes contenant chacun 10<^« d'une solution de gélatine à i5 o/o stérilisée ont reçu :

Le tube i, 2^^- du même liquide diastasifère qui m'a servi pour expérimenter sur la caséine.

Le tube B, i^'^- du même liquide préalablement chauffé à lOO^, ce tube destiné à servir de témoin.

Ces 2 tubes de gélatine ont été portés dans une étuve à 20o après avoir été agités pour opérer le mélange de la gélatine et du liquide diastasifère et après avoir été ensuite refroidis de façon à ce que le mélange soit bien solidifié.

Au bout de 8 h. la gélatine du tube A est complètement liquéfiée et ne fait plus prise par refroidissement. Quant au tube B, 15 jours après la gélatine y est parfaitement solide et n'a subi aucune altération .

Résumons maintenant cette étude rapide des cultures de l'Aeh4h rion quinckeanum et nous trouverons que cette Mucédinée, envi- sagée au point de vue de ses affinités nutritives et de ses caractères objectifs sur les milieux de culture, se rapproche bien plus des Trichophyton et des Microsporum que de VAchorion SchônUini et nous allons voir que l'examen mycologique de la plante va venir confir- mer encore cette particularité sur laquelle il y aura lieu d'insister.

Caractères morphologiques de iJAc horion quinckeanum.

Si l'on sème sur un milieu convenable et dans les conditions requises une parcelle provenant d'une vieille culture 6*Achorion quinckeanum, les gros éléments arrondis à parois épaisses qui constituent la majeure partie de cette culture ne tardent pas à germer. A 37^, on constate déjà au bout de 2 jours que chacun de ces éléments a émis un filament mycélien cloisonné et offrant de petites ramifications latérales. Tout à fait au début de cette germi- nation, le tube mycélien qui prend naissance apparaît comme un petit bourgeon latéral dont le protoplasma est en continuité avec l'élément générateur (fig. 5, 6), puis vers le 3<> jour le tube mycé- lien de 2 (1 6 de diamètre, rempli d'un protoplasma réfringent,

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s'isole de la spore mère par une petite cloison (flg. 5, c). Les filaments nés de la sorte s'accroissent rapidement, se ramifient et forment au jour un feutrage de filaments cloisonnés de distance en distance et dont le protoplasma est réfringent. A ce moment, ou au jour au plus tard, on observe des phénomènes de repro- duction chez la Mucédinée, phénomènes qui se localisent d'abord

p.

J

al

Flg. 5.

sur les hyphes dressées aériennes constituant le duvet blanc de la culture.

Ces hyphes sporifères offrent sur leurs parties latérales de petits bourgeons à extrémité arrondie qui ne tardent pas à s'isoler de rhyphe par une petite cloison transversale et forment ainsi des conidies appendues latéralement au rameau fructifié (fig. 5, d),

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comme dans le groupe Botrytis et des Acladium. Notons que ces conidies, qui prennent ordinairement naissance sur une longueur assez grande des hyphes (quelquefois 200 ou 250 a), ressemble absolument à celles que Ton trouve chez les Microsporum de THomme, du Chien et du Cheval; ce sont de petits éléments à extrémité libre arrondie, tronqués à leur base adhérente qui est un peu moins large que Tautre extrémité et qui mesurent de 2 {& 6 à 3 \L transversalement sur 4 à 5 ja dans le sens de la longueur (fig. 5, e). Leur mode d'implantation sur Thyphe se fait aussi comme chez les Microsporum dont je parlais tout à Theure ; ce sont des conidies sessilesà la base desquelles le rameau fructifère i)Sre seulement un léger accroissement de diamètre. Remarquons enfin que les hyphes sporifères sont simples ou très peu ramifiés.

Rapidement les conidies arrivent à complète maturité et devien- nent très caduques, aussi le moindre choc suffit-il à les détacher des rameaux et à les éparpiller de telle sorte que les rapports de ces conidies avec les filaments sont difficiles à étudier à cette période.

Un phénomène intéressant frappe immédiatement lorsque l'on suit cette maturation des conidies ; on voit en effet qu'au début de la formation des petits bourgeons latéraux sur les hyphes spori- fères, ces hyphes, comme les bourgeons qui deviendront des conidies, sont remplis d'un protoplasma abondant et réfringent, mais au fur et à mesure que l'évolution se fait vers, la maturation, le protoplasma se condense vers les bourgeons remplissant ainsi les conidies sessiles qui restent réfringentes tandis que le filament qui les supporte se vide peu à peu et n'est plus bientôt représenté que par sa membrane pariétale qui ultérieurement se flétrira plus ou moins (fig. 5, /).

Sans qu'il soit nécessaire d'insister, on comprend combien ce mode de maturation des conidies latérales se rapproche de celui selon lequel se forment les chlamydospores ; aussi me semble-til logique d'assigner à ces conidies le rôle et la valeur de simples chlamydospores.

Etudions maintenant parallèlement à la partie aérienne de la culture sa partie profonde immergée dans le milieu nutritif. Jusqu'au 6™«jour environ, c'est-à-dire jusqu'au moment les petites conidies latérales sont mûres, on ne trouve rien de particu-

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lier à signaler ; ce que Ton voit, ce sont des filaments ramifiés, onduleux, entre-croisés en tous sens, cloisonnés de distance en distance et remplis d'un contenu protoplasmique réfringent. Mais plus tard, vers le 10">' ou 12>°<» jour, Taspect de ces filaments change, et l'on voit sur leur trajet ou à leur extrémité des renfle- ments qui se disposent de diverses façons.

Daus le cas le plus fréquent, il se forme à l'extrémité d'un fila- ment ou à l'extrémité d'un rameau plus ou moins allongé de ce filament, un organe arrondi ou ovoïde, rempli de protoplasma réfringent et d'abord en continuité avec le filament qui lui a donné naissance (fig. 5, g, t, m). Très vite ce renflement grossit et vers le 20<» jour c'est une masse arrondie de 7 à 10 (jl de diamètre, séparée du filament par une petite cloison et dans laquelle le protoplasma s*est condensé, tandis que le filament qui s'est vidé plus ou moins complètement, se trouve réduit à la paroi, laquelle ne tardera pas à se 'flétrir. Certains de ces organes arrondis acquièrent des dimensions encore plus considérables et peuvent attendre jusqu'à 14 ou 15 (1 de diamètre transversal à leur maturité ; on note alors souvent, au point s'insère le vestige de filament mycéiien une dépression assez marqué (fig. 5, h).

Une autre forme assez fréquente consiste en un renflement arrondi ou ovoïde, développé sur le trajet d'un filament mycéiien (fig. 5, ;,/?), renflement pouvant atteindre 8 {& de diamètre transversal, présentant à maturité une double paroi épaisse et dans lequel le protoplasma s'est condensé tandis que les parties avoisi- nantes du filament se sont vidées. On observe souvent ces renfle- ments sur le trajet d'un filament terminé par un autre renflement et l'on peut même rencontrer plusieurs de ces organes globuleux dans la continuité d'un même rameau (fig. 5, fe, /).

Il y a enfin dans ces cultures de VAchorion quinckeanum d*autres formes, mais qui m'ont paru moins abondantes et moins fréquentes que les précédentes. Il s'agit d'abord de portions de filaments présentant une sorte de hernie latérale hémisphérique qui reste telle quelle, ou au niveau de laquelle le protoplasma se condense, s'enkyste et s'isole du reste du filament par des cloisons transver- sale"^ (fig. 5. n). D'autres fois on voit à l'extrémité d'un filament se former une série de renflements plus ou moins réguliers, arrondis

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OU otoîdes, disposés à la suite les uns des autres et dans lesquels le protoplasma se condense (fig. 5, o).

Je noterai en outre qu'il se produit dans presque toutes les cultures des chlamydospores intercalaires par enkystement du pro- toplasma dans la continuité même des filaments (fig. o, p.), ainsi que cela est commun chez beaucoup de Mucédinées et notamment chez les Mucédinées parasites.

Le mode de formation et la morphologie des divers organes que je viens de décrire indiquent suffisamment quelle est leur signifi- cation : il s'agit ici sans nul doute de chlamydospores; je ne m'arrêterai pas autrement sur ce point mais je noterai que sur les cultures âgées de 20 à 25 jours, ces chlamydospores qui sont devenues très nombreuses et qui sont pour la plupart arrivées à complète maturité, sont séparées des filaments qui les ont pro- duites et forment des amas plus ou moins abondants de gros éléments arrondis on de forme un peu irrégulièr<^, présentant une paroi épaisse, à double contour et un contenu renfermant de grosses granulations protoplasmiques surtout vers le centre (f)g. 5, a). Ce sont ces éléments, dont le diamètre varie entre 7-12 (i, qui germent ainsi que je Kai indiqué au début de ce paragraphe.

Si Ton reprend maintenant dans une vue d'ensemble les carac- tères de la Mucédinée que je viens de