*t/:

SOCIÉTÉ

DIS

ANCIENS TEXTES FRANÇAIS

LES QUATRE AGES DE L'HOMME

I.c Puy, imprimerie àz Marchcssou fi!s_. boulevard Saint-Laurent, 2.3.

LES

QUATRE AGES

DE L'HOMME

TRAITÉ MORAL DE

PHILIPPE DE NAVARRE

in

PUBLIÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS d'aPRÈS LES MANUSCRITS DE PARIS, DE LONDRES ET DE METZ

PAR

Marcel de FRÉVILLE

PARIS LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT ET C^^

RUE JACOB, 56

M DCCC LXXX VllI

Publication proposée à la Société le 24 décembre 1884. Approuvée par le Conseil le 25 février i885, sur le rapport d'une commission composée de MM. Meyer, Michelant et Raynaud.

Commissaire responsable : M. Gaston Raynaud.

PREFACE

Lorsque le O^ Beugnot publia en 1841 les Assises de la Haute Cour de Jérusalem \ Philippe de Navarre, l'auteur de cet ouvrage de droit, prit une place honora- ble parmi les jurisconsultes français, à la suite des Fon- taine et des Beaumanoir. Plus tard, l'Histoire de Chy^ pre due à M. le O^ de Mas Latrie -, et, tout récemment les Gestes des Chiprois, édités par M. G. Raynaud dans la collection de l'Orient latin 3, ont fait voir que Philippe de Navarre ne s'était pas contenté d'être un bon juriste, mais qu'il avait commencé par être un vail- lant guerrier et un habile diplomate. Ce n^est pas tout encore ; cet homme universel, comme on l'a appelé à juste titre 4, avait le goût des choses de l'esprit; il était

1. Assises de Jérusalem, Paris, mdcccxli, 2 vol. in-fol.

2. Histoire de l'île de Chypre sous le règne des princes de la maison de Lusignan. Paris, i852-i86i, 3 vol. gr. in-8«.

3. Les Gestes des Chiprois, recueil de chroniques françaises écrites en Orient aux xiir et xiv» siècles (Philippe de Navarre et Gérard de Montréal) publié pour la première fois pour la Société de l'Orient latin par Gaston Raynaud. Genève, 1887, i vol. in-8<».

4. Florio Bustron, Chronique de l'île de Chypre, p, p. René de

Il DES .IIII. TENZ DAAGB DOME

moraliste, il aimait à philosopher, et, sur ses vieux jours,

il composa le Traité des quatre âges de l'homme. En présentant cet ouvrage aux membres de la Société des Anciens textes français^ je serais heureux d'ajouter à l'éclat d'un nom déjà illustre ; Técril de Philippe de Na- varre, en attestant la variété de ses études, ainsi que rétendue de ses connaissances, démontrera qu'il ne resta pas étranger au grand réveil littéraire du xiii* siècle, et qu'à la gloire des armes et de la politique il sut allier la culture des lettres; tant il est vrai que tout se tient dans les facultés de Tesprit, et que les qualités qu'un homme a su acquérir le suivent et le servent sur les différents théâtres sa destinée le conduit.

J'oubliais de dire que Philippe était aussi poète, et j'en demande pardon à sa mémoire, car je le soupçonne d'avoir eu quelques prétentions à cet égard : il compo- sait volontiers des chansons, des lettres rimées, et il les insérait avec complaisance dans ses œuvres ^. Et cepen- dant, si sa prose est souvent charmante, il faut avouer que sa poésie est généralement lourde et obscure. Elle n'a pas pour nous la valeur qu'elle avait probablement aux yeux de son auteur, cela va sans dire, mais même de ses contemporains : ainsi on raconte que, dans un des combats livrés sous les murs d'une place qu'as- siégeait Philippe, il reçut un jour une grave blessure; on entendit alors les assiégés se lamenter en disant : « Mort est nostre chanteor, tué est ! )> Heureusement le blessé ne tarda pas à recouvrer la santé, et il fit savoir

Mas Latrie, Mélanges historiques, t. V. (Paris, Imprimerie natio- nale. 1884), P- 8.

I. Voy. notamment Gestes des Chiprois, pages 55, 61, 65,88 et le Traité des quatre dges, §§ ii5 etsuiv., et 232.

PRÉFACE III

par de nouvelles improvisations quMl était encore plein de force et de confiance ^.

Il serait téméraire à moi de vouloir retracer dans cette introduction la biographie de Philippe de Navarre : la publication actuelle n'offre aucun élément nouveau, et d'ailleurs cette existence si remplie a été fort bien racon- tée par le O^ Beugnot dans la Bibliothèque de l'École des Chartes ~. J'en présenterai seulement un résumé très succinct d'après l'intéressant article auquel je fais allu- sion, et aussi d'après les données nouvelles que fournit la préface placée par M. G. Raynaud en tête de sa pu- blication des Gestes des Chiprois.

à la fin du xii« siècle, Philippe de Navarre ^ quitta de bonne heure la France pour se rendre en Orient; il assistait au siège de Damiette en 1218; puis, suivant l'exemple d'un grand nombre de gentilshommes fran- çais, il alla se mettre au service du roi de Chypre, et il prit une part des plus actives à la guerre que les Chyprio- tes soutinrent contre l'empereur Frédéric II, de 1228 à 1233; vaillant sur le champ de bataille, prudent et ferme dans les négociations, il rendit des services signa- lés et garda jusqu'au bout une inébranlable fidélité à la famille des seigneurs de Barut ; en i236, il assistait à la mort du vieux Jean d'Ibelin, un représentant illustre de cette maison qui, pendant le xni® siècle, exerça en Orient une influence si prédominante. Philippe fut plusieurs fois chargé d'ambassades difficiles, en vue de con- clure la paix ; il fut même délégué auprès du pape et

1. Les Gestes des Chiprois, édit. Raynaud, p. 64. Cf. aussi la Chronique d'Amadi, Bibl. Nat., f. ital. 387, fol. 91.

2. Tome II (1840-41), pages i à 3i.

3. J'adopte ici l'orthographe consacrée; voy. G. Raynaud, op. cit., Préface, p. xiii, note 2.

IV DES .1111.

auprès des rois de France, d'Angleterre et d^Espagne pour se plaindre des agissements de l'empereur. A la fin de sa vie, comblé d'honneurs et de richesses par la reine Alix, il était devenu l'un des seigneurs les plus puissants et les plus considérés de Pile de Chypre. Il mourut entre 1261 et 1264 ^ laissant un fils, Ba- lian, sur lequel on a peu de renseignements, mais dont le nom figure dans les Familles d'outre-mer de Du Gange 2.

L'œuvre écrite de Philippe de Navarre est considéra- ble; lui-même nous donne sur ce point, à la fin de son Traité des quatre âges, des renseignements assez précieux pour être reproduits ici en entier :

« Phelipes de Navarre, qui fist cest livre, en fist autres 11. Le « premier fist de lui meesmes une partie; car la est dit dont il fu, « et comment et por quoi il vint deçà la mer, et commant il se « contint et maintint longuement par la grâce Nostre Seignor. « Après, i a rimes et chançons plusors que il meïsmes fist, les unes « des granz folies dou siècle que l'an apele amors ; et assez en i a ft qu'il fist d'une grant guerre qu'il vil a son tens antre l'ampereor « Fredri et le seignor de Barut, mon seignor Jehan de Belin le « viel; et .1. moût biau compe i a il de celé guerre meïsmes dès le « commancement jusques a la fin, ou que il sont devisé li dit et li « fait et li grant consoil des batailles et des sièges atiriez ordenée- « ment; car Phelipes fu a touz. Après, i a chançons et rimes qu'il M fist, plusors en sa viellesce, de Nostre Seignor, et de Nostre Dame, M et des sains et des saintes. Celui livre fist il por ce que ces «c troveûres et li fait qui furent ou païs a son tens et les granz va- « lors des bons seignors fussent et demorassent plus longuement « en remembrance a cels qui sont descendu de lui et des autres « amis et a touz ces qui les vorront oïr.

1. Voy. Histoire de l'île de Chypre, p. 408, en note.

2. Les Familles d'outre-mer de Du Cange, p. p. E.-G. Rey, dans la collection des Documents inédits (1869), p. 606.

PRÉFACE V

« Le secont livre âst il de forme de plaît, et des us et des costu- « mes des Assises d'Outremer et de Jheriisalem et de Cypre. Ce « fîst il a la proiere et a la requeste d'un de ses seignors qu'il amoit, « et après s'an repanti il moût, por doute que aucunes maies gens « n'an ovrassent malemenl de ce qu'il avoit ansaignié por bien et t leaument ovrer; et de ce s'escusa il au commancement et a la « fin dou livre.

c Et cestui livre, qui est H tiers, fist il de ce qui est dit et de- « visé en cestui livre meïsmes, por ce qu'il voloit ansaignier as « siens et as estranges qui les ansaignemenz voudroient oïr et re- a tenir, que il en ovrassent bien »

De ce qui précède, il résulte que Philippe de Navarre avait composé, peut-être même dans Tordre il les indique, trois principaux ouvrages ou livres. Le pre- mier, qui devait être le plus étendu, contenait Thistoire de lalutte des Chypriotes contre Tempereur Frédéric II, nar- ration en forme de mémoires, entrecoupée çà et de récits en vers relatifs à cette guerre qui fut Pévènement capital de l'existence de Philippe; à la suite, se trou- vaient quelques poésies légères et religieuses. Il y a peu d'années encore, on considérait tout cet ensemble comme perdu ; et cependant on savait que la pièce importante, l'histoire de la Guerre de Chypre^ existait encore à la fin du xvie siècle, car elle avait été consultée et employée par deux historiens qui vivaient à cette époque, Florio Bustron et l'auteur de la Chronique d'Amadi ; depuis, on ignorait ce qu'elle était devenue. Heureusement, elle a été découverte en Piémont par un amateur érudit qui Ta communiquée au C** Riant, et, ainsi, VEstoire de la guerre qui fu entre Vempereor Frédéric et Johan d'I- belin a pu être publiée, comme je l'ai dit plus haut, par la Société de V Orient latin. Ce qu'on n'a pas encore re- trouvé, ce sont les autres parties de cette œuvre que l'auteur désigne comme son premier livre, ces rimes et

VI DES .un.

chançons des gran\ folies dou siècle que lan apele amors,,.,, de Nostre Seignor et de Nostre Dame et des sains et des saintes. Mais on est en droit de se deman- der, d'après les poésies que l'on connaît déjà, si cette perte est bien regrettable.

Le second livre de Philippe de Navarre est celui qu'i7 fist de forme de pi ait et des us et des costumes des Assises d'Outremer et de Jherusalem et de Cypre. Cest le traité qu'a publié Beugnot, traité si utile à tous ceux qui s'intéressent à la science historique du droit, et particu- lièrement du droit français en Orient.

Enfin, le troisième livre, celui dont la publication va suivre, a un caractère plus littéraire; il est consa- cré à des questions de morale, et permet, au dire des juges compétents qui en ont parlé, d'assigner à son au- teur un rang honorable parmi les écrivains et les mora- listes du moyen âge.

Assurément, ce chevalier, qui manie avec tant d'ai- sance la plume oul'épée, n'est pas un homme ordinaire; il sait raconter avec grâce les combats il a figuré avec vaillance ; il discute des points ardus de jurisprudence féodale; et, dans la naïveté du langage de son temps, il enseigne simplement une morale sévère, et il touche avec délicatesse aux questions philosophiques les plus hautes.

Le Traité des quatre âges de Vhomme est depuis longtemps connu : dans son Glossaire de la langue ro- mane 1, Roquefort en cite deux exemples aux mots oui'

I. Glossaire de la langue romane par J.-B.-B. Roquefort, Pans, 2 vol., 1808.

PREFACE VII

der et estavoir; dans l'article déjà mentionné, Beugnot en donnait un compte-rendu, accompagné de courts ex- traits, et il disait en terminant ^ que ce traité « est, par la sagesse et Tuiilité pratique des principes qu'on y trouve développés, par la finesse des aperçus et par la conviction naïve, mais profonde, qui animait son auteur, un ouvrage dont la lecture sera, dans tous les temps, aussi utile qu'agréable, et qu'une telle composition, quand on repasse dans sa mémoire les événements de la vie toute féodale de Navarre, doit montrer que ces guer riersdu moyen âge, qui naissaient, vivaient et mouraient dans les camps, n'étaient pas aussi étrangers qu'on le suppose à Tétude des questions qui intéressent le plus rhumanité. »

Vers 1854, un savant modeste, M. Amiel, proposa de publier dans la collection des Documents inédits ce qu'il appelait, d'après le titre de l'un des manuscrits, le Chastoiement des quatre âges de la vie ; il en prépara une édition qui n^a pas vu le jour.

En 1872, dans un article de la Romania sur le Bes^ tiaire de Gervaise 2, M. Paul Meyer attirait l'attention sur l'ouvrage de Philippe de Navarre, et en citait quel- ques passages d'après un ms. du Musée britannique, dont il donnait la description, et il avait trouvé un bon texte, malheureusement incomplet, puisque la fin du Moien aage y manque, ainsi que toute la Viellesce.

Plus tard, en 1884, le savant professeur reproduisait dans la même revue 3 un curieux passage qu'on peut

i.Op. cit., p. 3i.

2. Tome I, pages 420 à 443.

3. Tome XIH, p. bgb à 597 ; voir aussi Bcugnoi, art. cité, page 28.

VIII DES .lill. TENZ d'aAGE d'OME

appeler l'Histoire de la dame aux petits couteaux (voy. §§ i6i à 164), et qu^il rapprochait de l'une des Facétieux ses nuits de Straparole, ainsi que d'une historiette ano- nyme, extraite d'un ms. italien du xv" siècle; il concluait de Tanalogie évidente qui relie ce dernier texte à celui de Philippe de Navarre que les Quatre âges ont être sinon traduits, au moins connus en Italie.

Enfin, dans son ouvrage intitulé Alexandre le Grand dans la littérature française du moyen âge, M. P. Meyer cite un long passage de notre traité (§§ 67 à 71), contenant une sorte de débat entre le jeune conquérant et le roi Philippe, son père; selon lui, l'origine doit en être cherchée dans un passage du De Officiis de Cicé- ron (II, xv), et il ajoute : o II y a une réponse d'Alexan- dre où se manifestent les sentiments d'un seigneur féo- dal. Tout jeune encore, le héros macédonien nous est présenté comme le type de la largesse. C'est une con- ception qui, nous le verrons plus tard, appartient à la littérature chevaleresque. Il me paraît difficile d'attri- buer à Philippe de Navarre ces inventions, ces enjolive- ments romanesques. Je suis donc porté à croire qu'en- tre lui et le De Officiis il y a eu un intermédiaire perdu,, et que cet intermédiaire était un romancier 1. »

Dans le tome XXVIII des Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres^ M. Charles Jourdain a publié une notice sur l'éducation des femmes au moyen âge; et, au sujet du degré d'instruction qu'il convient de leur donner, il cite Popinion de Philippe de Na- varre : A famé ne doit on apandre letres, ne escrire, se ce nest especiaument por estre nonnain; car par lire et

I. Alexandre le Grand dans la littérature française du moyen âge, t. I (1886), p. 36 1 à 363.

PRÉFACE IX

escrire de famé sont maint mal avenu ^ Voilà un avis nettement exprimé, et on pense, en le lisant, aux vers si connus :

Il n'est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes, Q,u'une femme étudie et sache tant de choses;

Nos pères, sur ce point, étaient gens bien sensés Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez '...

Molière n'aimait pas les femmes trop savantes, et Philippe de Navarre exprime les idées de son temps; est-ce rétrograder trop en deçà des idées du noire de sou- haiter que, tout en apprenant les mille et une sciences qu'on leur enseigne aujourd'hui, les femmes gardent la capacité de l'esprit nécessaire pour « connaître un pour- point d'avec un haut de chausse ? »

Les meilleures parties du Traité des quatre âges sont celles qui concernent Anfance et Jovent ; \ts deux der- nières Moien aagect Viellesce sont intéressantes aussi, mais il s'y trouve parfois des passages obscurs et des re- dites fatigantes ; peut-être Philippe de Navarre, qui avait dépassé 70 ans, lorsqu'il entreprit son ouvrage, le termina-t-il à un âge plus avancé, alors que Teffet de la vieillesse se faisait déjà sentir, et, comme il le remar- que lui-même, tel^ i a qui dient que H viel sont rassoté et hors de mémoire, et sont changié et remué de ce qu'il soloient savoir ^. Et puis, s'il est aisé de peindre avec des couleurs brillantes la jeunesse et l'enfance, il est dif-

1. Voy. ci-après g 2 5.

2. Molière, Femmes savanteSt Acte II, scène VII.

3. Voy. I 36.

X DES .II II. TENZ d'aAGE d'oME

ficilc d'idéaliser la dernière époque de la vie, dont la beauté est si austère et parfois si triste : on ne refait pas le De Senectute.

A part ces quelques réserves, la valeur littéraire du Traité des quatre âges est réelle ; il n'y a pas lieu de s'en étonner, car Tautcur était un homme instruit, et la lec- ture de son ouvrage prouve qu'il avait des connaissan- ces étendues : en plusieurs endroits, il cite l'Écriture- Sainte '; à propos de V Enfant gâté devenu criminel ^, il s'inspire d'un de ces exempta destinés aux prédica- teurs, qui se trouve déjà dans le De Scolarium disci- plina^ dans Eude de Cheriton, Jacques de Vitry et Vincent de Beauvais ^\ quand il parle de la nécessité d'agir promptement, et d''antendre au fait san:{ peresse, il traduit le vers bien connu de Lucain :

Nil actum credens, quum quid superesset agendum i.

Il ne cuidoit riens avoir fait tant comme il i eûst riens a faire s. On a vu tout à l'heure qu'il avaitconnu, direc- tement ou indirectement, un récit relatif à Alexandre, et qui se rattache au£)5 Officiis ; il paraît aussi que certains des exemples ou paraboles de Barlaam et Josaphat étaient parvenus jusqu'à lui ^\ d'autre part il ne dédai- gnait pas ces contes facétieux si répandus dans la litté- rature de son temps, à en juger par l'amusant récit des Petits couteaux, dont il a été question plus haut, et

1. Rapprochez : g i3 et S. Malth.X^W, 3; et sq.; g 143 et Gen. I, 26. 27 ; g 174 et Ecclesiast. XXV, 3, 4.

2. Voy. Il 9 et 10.

3. P. Meyer, Romania, XIV, p. 58i-b83.

4. Lucain, La Pharsaîe, U, 658.

5. Voy. g 159.

6. Voy. Romania, I. p. 423.

PRéFACE XI

qu'il avait probablement recueilli dans la tradition orale. Au § 37, il fait intervenir deux personnages du Roman de Lancelot, Farien et Lanbague ^ ; plus loin 2, il trans- crit quelques \ers du Roman de Troie ^,tr. il se les approprie en les modifiant.

Dans tout cela, on devine le lettré ; mais par maints passages du Traité des quatre âges on reconnaît aussi le jurisconsulte, et on retrouve le souvenir des études de droit auxquelles s'était livré Philippe de Navarre. Dans sa publication, Beugnot a noté la plupart de ces rap- prochements : ainsi, à propos de lage qui convient pour le mariage, il renvoie du chapitre lxxxvi des Assi- ses de Jérusalem aux paragraphes qui, dans notre édi- tion, portent les n*" 77 et 191 ; à propos de la grâce de sen:{ et de soutil connoissance, il y a lieu de se reporter du chapitre xciii à nos §§ io3, 104 et 117; quelquefois, la phrase se retrouve presque identique dans les deux textes : ainsi, on lit dans le Livre de plait^ : l'on dit tous jours que les souffrans vainquent ^ et notre g 1 97, relatif à la nécessité de supporter debonairement les mé- faits d'autrui, se termine par ces mots: Tou^jors dit l'an que H bon soufreor vainquent tout.

Enfin le côté moral du Traité des quatre âges n^ est pas le moins intéressant. Philippe de Navarre nous dit sim- plement ses idées sur toutes choses; il donne des conseils dictés par l'expérience. Avant tout, il insiste sur la né-

1. Romans de la Table Ronde, p. p. P. Paris, Techener; voy. tome III, p. 27 et sq.

2. Voy. i 177.

3. Benoît de Sainte-Morre et le Roman de Troie^ p. p. A. Joly, professeur à la Faculté des lettres de Caen, (Paris, Franck, MDCCCLXX), page 99, vers 6071 à 6094.

4 Éd. Beugnot, tome I, p. 492.

m DES .1111. TENZ D AAGE D OME

cessité d'une éducation sérieuse et sévère; car anfance est li/ondemen:{ de vie, et il ne se fait d^ailleurs aucune illusion sur les difficultés que les parents ont à vaincre : n'avient pas sovant que anfant facent bien, se ce n'est par doute ou par ansaignement ^ ; mais il indique des moyens de répression énergiques : quand l'enfant com- mence à mal faire, Van le doit asprement chastier et re- prandre de langue^ et se il por tant ne se retrait, H chas- ti:{ doit estre de verge, et, se ce ne vaut, si soit en prison : po d' anfant périssent por chastier, et trop por soffrir lor maies anfances 2. Quelques lignes plus haut, il avait recommandé aux parents de ne pas trop se lais- ser attendrir par les larmes de leur enfant : se il plore por chastier, ne piiet chaloir ; car mial:{ vaut qu'il plort por son bien que ne feroit^ se H pères plorast por son mal.

Quant à la femme, on a déjà vu que Philippe de Na- varre n'est pas disposé à lui laisser prendre une trop grande place dans la société; il la prévient qu'elle doit toujours être en comendement et en subjecion : en an- fance doit ele obetr a çaus qui la norrissent, et quant ele est mariée, outréemant doit obeïr a son mari, comme a son seignor; et se ele se rant en religion, ele doit estre obeïssan:; parjitement a sa soverainne selonc la règle 3. Il ne lui permet aucune privauté, et d'ailleurs il faut reconnaître qu'elle serait charmante, aussi bien de nos jours qu'au moyen âge, cette jeune fille qu'il nous dé- peint aux yeux francs, à la démarche modeste, quand il recommande aux femmes qu'eles soient de bêle conte- nance et simple, et que lorregart soient coi etatampré^

1. Voy. g 227.

2. Voy. l 8.

3. Voy. § 21.

PRÉFACE XIII

de non es garder trop affichiement^ ne trop haut ne trop bas^ mais devant aus tout droit a Vandroit de lor iauSy san:^ traverser et san:{ bouter sa teste avant ne traire arriers en fenestre ne aillors, et simplement passer et aler devant la gent ; quant eles sont assamblées de noces ou d'autre feste,.... queles ne soient trop plaisantieres ne trop acointables, ne vileinnement gourdes ^

Bien que très religieux, Philippe de Navarre redoute de toucher aux questions qui sont du domaine des clercs et des prélats ; c'est un terrain il ne lui pa- raît pas prudent de s'aventurer 2. D'ailleurs, il aborde volontiers toute espèce de sujets ; il les traite avec l'au- torité d'un homme qui a beaucoup vu et bien agi; on sent qu'il jouit dans ses dernières années du repos, de la fortune et de la considération qu'il avait su gagner par toute une vie de droiture et de valeur. Il a des sentiments élevés, larges, et, pour exprimer la vraie noblesse, on ne peut pas mieux dire que cet homme du xiii' siècle : Cil qui a franc cuer, de quelque part il soit venu!{, il doit estre apele\ frans et gentis ; car, se il est de bas leii et de mauveis et il est bons, de tant doit il estre plus hono- re{... Vilain sont cil qui vilainnement se contiennent...; ja se il sont astrai:{ de nobles homes et de vaillan:{, por tant ne doivent il estre apelé gentil ne franc ^ car gentillesce ne valour d'ancestre ne Jet que nuire as mauveis hoirs honir ^. Dans ces passages et dans bien d'autres, on retrouve la trace de ces qualités que les con- temporains de Philippe de Navarre avaient honorées d'une estime générale : l'amour du bien et du juste, la discrétion (pour employer un vieux mot qui désigne

1. Voy. Il 27 et 28.

2. Voy. 22 4^, 85, 141.

3. Voy. gg 212 et 21/^.

XIV DES .IIII, TENZ D AAGE D OME

une vertu du temps passé), comme aussi le courage et la loyauté du parfait chevalier.

/ ;

Quelques mots maintenant au sujet des cinq jtiss.

qui m'ont servi à établir le texte du Traité des quatre

âges.

Sur ces cinq mss., trois appartiennent à la Bibliothè- que Nationale de Paris; d'abord, jceUiijque j'appelle A et sur lequel repose essentiellement la présente publica- tion ; c'est un des meilleurs, et, de plus, c'est le seul qui soit absolument complet. Ce ms., qui a fait partie de la collection du maréchal d'Estrées, porte dans le fonds français le n'» i258i (anc. supplément fr. 198); il est sur vélin, et orné de quelques miniatures; chaque page est divisée en deux colonnes ; la hauteur est de 299 mill. sur 225 de large; on comple 429 feuillets; l'écriture est du xm« siècle. Ce ms., connu de la Ravaillère ^, a été uti- lisé par plusieurs érudits, entre autres par P. Chabaille qui l'a pris pour base de son édition du Trésor de Bru- net Latin 2.

Quant au traité de Philippe de Navarre, il commence au folio 387 r°, pour finir au foho 407 v^. En tête de chacune des quatre divisions de l'ouvrage, se trouve une miniature : la première, très effacée, représente un per- sonnage qui tenait peut-être un enfant; dans la seconde, on voit un homme jeune, et dans la troisième, un au- tre qu^on doit supposer d'un âge plus mûr ; enfin, dans la quatrième, on reconnaît facilement un vieillard ap-

1. Les poésies du roy de Navarre, précédées de l'histoire des révolutions de la langue française, par Lévêque de la Ravaillère, Paris, MDccxLii, 2 vol. Voy. tome 1, p. 175.

2. Paris, i863, Collection des Documents inédits.

PRÉFACE XV

payé sur des béquilles. Ces miniatures se trouvent aux folios 387, 390, 395 et 401 v».

Le ms. J5, appartenant aussi à la Bibliothèque Na- tionale, porte le i52io (supplément fr. 254 2=»); il a 137 millim. sur io3; il se compose de deux parties : la première (parchemin, xiii« siècle) compte 82 feuillets; la seconde (papier, xv*» siècle) va du feuillet 83 au feuillet 109; quelques vignettes qui ne semblent pas provenir du ms. ont été collées sur les folios i , 5 2 , 60 et 6 1 ; le traité de Philippe de Navarre occupe la première moitié (fol. 2- 5 1 ); il s'arrête brusquement, les dernières feuilles ayant été coupées, au milieu du paragraphe qui porte dans notre édi- tion le no 220 ; il est donc presque complet ; mais, mal- / heureusement, la leçon originale y est souvent modifiée. /

Le ms. C appartient au Musée Britannique, il est coié Addit. 28260. Cest un petit volume, presque carré, de 16 centim.sur 12 ; il se compose de loi feuillets, dont trois de garde ; récriture est de la seconde moitié du XIII® siècle. Le premier ouvrage qu'il renferme (fol. 3-33J est le Traité des quatre âges^ ou du moins une partie de ce traité, puisqu'il ne contient même pas la fin du Moien aage ^ ; le second est une traduction en prose de X'Elucidariiim d'Honorius d'Autun ; le troisième est la traduction en vers du Bestiaire de Gerv^we. J'emprunte ces détails à M. P. Meyer^; c^est à lui, je m'empresse de l'ajouter, que je dois d'avoir connu ce ms., et c'est grâce à ses obligeantes indications que j'en ai pris con- naissance à Londres.

I. Voy. l i38.

a. Romania, t. I, p. 420 et sq.

XVI DES .1111. TENZ D^AAGE d'oME

Revenons à la Bibliothèque Nationale ; c'est le ms. fr. 24431 (anc. Compiègne 62) qui est désigné dans les variantes par la lettre Z) ^ ; il est sur vélin et appartient au XIII® siècle; il se compose de 189 feuillets, de 3o8 mii- lim. sur 225 ; le Traité des quatre âges va du fol. 161 r" au fol. 167 ro. Cette leçon est fort bonne, mais très in- complète, puisqu'elle ne renferme que les deux pre- mières parties (Anfance et Jovent)^ et les §§ n»» 222 à 23o de la dernière partie, c'est-à-dire de la Viellesce. Ce ms. 24431 contient plusieurs autres pièces, de nature fort diverse ; ainsi Fr. Michel en a extrait la Chro* nique de Normandie et M: Fried. Stehlich s'en est serv pour son édition du Roman de la Poire ^,

Ces quatre mss. étaient les seuls dont j'avais connais- sance, lorsque j'entrepris avec mon ami M. Sorin de Bonne, ancien élève de PEcole des Chartes, la publica- tion du Traité des quatre âges; c'est un regret pour moi que cette collaboration, à peine commencée, ait été in- terrompue par suite de circonstances indépendantes de notre volonté. J'ai donc continuer seul le travail, et je venais de le terminer, lorsque M. Meyer découvrit dans le catalogue de la bibliothèque de Metz un ms. qui n'avait pas encore été signalé; le texte en est fort bon, et il est complet, puisque les seuls §§ qui y manquent (no* 233 à 236) ne font pas partie, à proprement parler,

1. Ce ms. a été décrit par Fr, Michel, dans son recueil inti- tulé : Les Chroniques de Normandie (Rouen, iSSg, in-4*'}, pages 1 à XXV de la Préface.

2. Messire Thibaut, Li roman:j; de la poire, erotisch-allegoris- ches Gedicht... :{um ersten Maie herausgegeben von Friedrich Stehlich. Halle, x88i, in 8».

PRÉFACE XVI!

du Traité des quatre âges. Ce ms. fut, sur la demande de M. L. Delisle, obligeamment prêté par la bibliothèque de Metz, il est inscrit sous le no 535, G. 88; il se compose de 228 feuillets, et notre traité commence au du folio 171 ^

Ce nouveau texte, désigné dans I$s variantes par la lettre £*, a permis de corriger et d'améliorer en plu- sieurs points la leçon primitive; on y trouve deux longs passages qui ne figurent dans aucun des autres mss. et qui, pour cette raison, ne sauraient être sûre- ment attribués à Philippe de Navarre. L'un ^ est relatif au hérisson qui entre dans un jardin et qui se roule sur les fruits tombés à terre pour en charger ses pi- quants 3, et pour les emporter; mais, au passage d'un étroit pertuis par lequel il avait pénétré, il perd sa ré- colte entière qui retombe dans le jardin, il ne peut plus la reprendre ; ainsi en est-il de l'homme qui ne songe qu'à amasser des biens temporels dans ce monde, et qui ne pense pas à la mort, par laquelle il devra ce- pendant passer, et qui le dépouillera de toutes ses ri- chesses, sans qu'il puisse en conserver une seule.

L'autre passage '^contient un récit qui pourrait être in-

1. Voy. la description de ce ms. dans le Bulletin de la Société des Anciens textes français I, p. 41 et sq. a. Voy. en note | loi.

3. On peut rapprocher de cette fable notamment Barthélémy l'Anglais. De proprietatibus rerum, livre XVIII, chap. 61; Jean Corbechon, traduction française de l'ouvrage précédent (Bibl. Nat. Ms. fr. i34, fol. hi'lxix v*»), ainsi que le Bestiaire d'amour de Richard de Fournival, p. p. Hippcau (i vol., Paris, 1860), page 34; et le Bestiaire de Gervaise p. p. P. Meyer, Roma- nia, 1. 1 (1872), page 435.

4. Voy. en note g ( 17.

AVJII DES .un. TENZ D AAGE DOME

titulé V Ange et l'Ermite; il présente une grande analogie avec un conte en vers du xui* siècle, qui porte précisé- ment ce titre, et qui a fait l'objet d'une charmante étude de M. G. Paris i. En peu de mots, voici la donnée : un ermite voit un chevalier accuser à tort son écuyer, en lu reprochant un vol que ce dernier n'a pas commis ; il s'emporte contre lui, et d'un coup de son épée, il lui tranche le pied. L'ermite s'étonne que Dieu laisse com- mettre de pareilles injustices; un ange lui apparaît alors et lui déclare qu'il ne doit pas plus scruter les décrets de la Providence que douter de sa bonté; mais en même temps, il lui fait savoir que ce qui s'est passé 'sous ses yeux n'est qu'une punition méritée. On voit que la fa- ble aborde un des problèmes de la destinée humaine : comment s'expliquer les malheurs qui frappent les gens de bien 2? comment concilier la justice divine et les évé- nements de ce monde ? Est-ce donc le hasard qui nous gouverne? Non, caries souffrances des bons ne sont que des épreuves qui, supportées avec résignation, préparent leur bonheur dans l'autre vie; souvent d'un mal appa- rent naît un bien réel; si les voies de Dieu sont inson- dables, elles n'en sont pas moins justes.

Pour ne pas multiplier à l'excès les variantes déjà bien nombreuses qui ont été relevées à l'aide des cinq mss., je me suis généralement abstenu de signaler celles qui ne sont que des interversions de mots, ou qui proviennent seulement d'une différence d'orthographe. Si les varian-

1. La poésie au moyen âge (i vol. Paris, i885), p. i5i à i85. Cf. aussi les Contes de Bo^on, édition de la Société des Anciens textes, page 242 .

2. Voy. aussi g 147.

PRÉFACE XIX

les de deux mss., semblables dans le fond, différent lé- gèrement dans la forme, je mentionne seulement Tune d'elles; ainsi, § 7, renvoi 2-2, on lit en note:i4D^c' cax qui norrissent les an/ans que lamours ; en réalité, c'est le ms. A dont je donne ici la leçon, et c'est pour ne pas trop alourdir les notes que je me suis dispensé d'indiquer le texte exact du ms. D qui offre une ortho- graphe un peu différente et qui porte en effet : de ciax qui norrissent les em/ans que lamours. Procéder autre- ment eût allongé beaucoup, sans offrir un intérêt réel.

Le mode de coupure dont il a été fait usage dans cette publication est la division en paragraphes, séparant au- tant que possible les pensées différentes; quant au vo- lume entier, il était tout naturellement divisé en quatre parties principales, répondant aux périodes delà vie hu- maine; à la suite venaient certaines réflexions généiales qui, ne se rattachant à aucun des quatre âges en parti- culier, ont nécessité quelques chapitres supplémentaires, numérotés v à vu.

Une dernière observation : il n'a pas paru possible de classifierenjaini]l£^^

ilsd&ivent dériver d'un texte antérieur encore inconnu ; on ne trouve, en effet, dans aucun d'eux, des séries iden- tiques de fautes et de lacunes; 5 et C offrent, il est vrai, entre eux, de même que A Det jE*, certains traits de res- semblance, mais en même temps certaines différences qui accusent une parenté très éloignée. Afin de donner une idée exacte de ces cinq mss. au point de vue du texte et de la langue, un même passage (§§ 6, 7 et 8) a été extrait de chacun d'eux et transcrit ci-après :

XX

DES .lill. TENZ D AAGE D OME

Bibl. Nat.fr. 12 38)

Bibl. Nat. fr. i52io.

11 (Dieu) ne vuct mie que li anfant soient paroil as faons des bestes ne as pijons des oisiax, qui sont sanz loquance et sanz raison, et vivent na- turelment sanz plus. Et li an- fant en cui Diex a mise lo- quance et raison, et qui ont san et entendement et quenoissance de torner le bien dou mal en plusors choses , et au moins dès puis qu'il ont passé .x. anz, il ont franc arbitre de faire bien ou mal. Et qui bien vodroit conter les grâces et les biens que Nostre Sires a doné as siens, et commant li mal sont puni, trop avront a faire. Et por ce, se taist ores li contes a parler des anfanz, et retorne a cex qui les norrissent, quel qu'il soient, ou père ou mère, ou parent ou mestre, privé ou es- trange.

Vous avez ça en arriéres ou conte de cax qui norrissent les anfans, que l'amours croist

Il (Dieu) ne veust mie que li enfant soient parail au faons des bestes, ne au pigons des oi- siaus qui sont sanz loquence et sanz reison, et vivent naturel- ment sanz plus. Et li enfant en qui Diex a mis loquence, et qui ont sanz, et entendent et quenoissent en pluseurs choses, au meins, puis qu'il ont passé .X. anz, il font arbitre de faire bien ou mal. Et qui voudroit conter les grâces et les béné- fices que Nostre Sires a donné aus bons, et comment li mau sont puniz, trop avroit a faire. Et pour ce, se lest ores li con- te de la manière des anfanz, et retournent a ceus qui les nourrissent, quiex qui soient, père ou mère, parenz ou autres, privez ou estranges.

Vous avez oy ça arriéres ou conte que l'amour de ceus qui nourrissent les enfa[n]z, croist et esforce quant il plus croissent, et bien est voirs; mes en toutes

Bibl. de Met{, «» 535, G. 88.

Il (Dieu) ne viaut mie que li enfant soient pareil as faons des bestes, ne as pijons des oisiaus qui sont sens loquence et sens raison, et vivent naturelment sens plus. Et li enfans en cui Diex at mis loquence et raison, et qui ont entendement et connoissance

PRÉFACE

XX[

Musée Bfitannique, Addit. 28260.

Il (Deu) ne voient mie que tuit li anfant soient pareil as faons des bestes, ne as pijons des oi- seax qui sunt seins loquence Cl seins raison, et vivent natu- relment seins plus. Et li an- fant cui Dex ha doné et mise loquence et rayson en eaux, et ont senz et entendement et counoissance de trier les biens des maus en plusours choses, au meins puis que il ont passé .T. anz, ill unt franc arbitre de faire bien ou mal. Et qui bien vuoudroit coraper les grâces et les bénéfices que Deus a doné as bons, et cornent li mauvais suiit puni, trop avroit a faire. Et por ce, si se tait ores li compes des anfanz de la[ma]niere de anfanz, et si retorne a ceaus qui les norrissent, quel qu'il soient, soit père ou mère, ou parant ou maistre , privé ou cstrange.

Vos avez çai en arier ou compe que l'amorz de ceaus qui

Bibl. Nat./r. 24431.

Il (Dieu) ne vieut mie que li emfant soient pareil as faons des bestes, ne as pyjons des oysiaus qui sont sans loquence et sanz raison, et vivent naturelment sans plus. Et li emfant en qui Dex a mis loquence et raison, et qui ont sens, entendement et connoissance de trier le bien dou mal em plusseurs choses, au mains dès puis qu'il ont passez .X. ans, il ont franc ar- bitre de connoistre le bien et le mal. Et qui a droit vorroit canter les biens et les grâces que Nostre Sires a a siens don- nés, et comment li mal sont puni, trop avroit affaire. Et pour ce, se taist ore li contes des emfans et de lor manière, et retorne a cex qui les norris- sent, quiex qu'il soient, père ou mère, ou parent ou maistre, ou privé ou estrange.

Vous avez oy ou conte ça en arierres de ciax qui norrissent les emfans, que l'amours croist

de trier le bien dou mal en plusors choses, au mains dès puis qu'il ont passei .x. ans, il ont franc arbitre de faire bien ou mal. Et qui bien vouroit conter les grâces et les bénéfices que Nostre Sires at donnei as bons, et comment li mal sont puni, trop avroit a faire. Et pour ce se taist ores li compes de la manière des en- fans, et tourne a ceus qui les nourissent, queil qu'il soient, peire ou meire, ou parent ou maistre, privei ou estrange.

XXII

DES .1111. TENZ D AAGE DOME

B

et esforce quant il plus crois- sent, et bien est voirs; mais en toutes choses commanda Diex raison et mesure; dont max et domage pueent avenir en .11. parties, ne doit on parler amor, mais haïne mortel. Et se nature atrait le père et la mère de faire la volante de lor anfant, il doivent avant por- veoir se raisons la porte ou non; car volantez ne doit mie chevauchiet raison ; ainz doit raisons estre dame, et volantez desouz ses piez. Et moût fait bien qui chastoie son anfant destroitement, tendis que il est petiz; et toz jors dit on que Van doit ploier la verge, tandis que ele est graille et tendre; car, puis que ele est grosse et dure, se on la vuet ploier, ele brise. Et se li anfes plore por chaslier, ne puet chaloir ; car mialz vaut qu'il plort por son bien, que ne feroit se li pères plorast por son mal.

Ne l'an ne doit pas mostrer a son anfant grant samblant d'a- mor; car il s'an orguillit, et en prant baudor de mal faire; et quant on voit que il com-

choses comenda Diex mesure et reison; et amour, dont mal et domage puest venir aus .11. par- tiens, ne doit l'en mie apeler amour, mes haïne mortel. Et se nature contraint le père ou la mère de faire la voulenté de son enfant, il se doit avent pourvoier se reison le donc ou non; quai* voulenté ne doit mie chevauchier reison, ainz doit estre reison dame et voulenté desouz ses piez. iMoult feit bien qui chatie(n)son enfant destroi- tement, tant conme il est pe- tiz, et touz jours di l'an que l'en doit ploier la verge, tant com ele est tendre et grès te; que, puis qu'ele est grosse et dure, se l'en la veust ploier, ele brise. Et se l'anfani pleure pour châtier, ne puest chaloir; micuz vaut que il pleure pour son bien, qu'il ne feit, que li pères plourast pour son mal.

Ne l'en doit pas moustrer a enfant trop biau semblant d'a- mour, quar il s'en orgueillis- sent, et en prant baudour de mal feire; et quant l'en voit qu'il comence a mal feire, en l'en doit forment châtier et re-

Vous aveis ça en arier el conte que l'amour de ceus qui les nourissent croist el enforce quant il plus croissent, et bien est voirs; mais en toutes choses commanda Diex raison et mesure; et amour, dont maus et damages puent venir en .11. parties, ne doit on apeleir amour, mais haïne morteil. Et ce nature contraint le

PREFACE

XXIII

norrissent les anfanz croist et esforce quant il plus croissent, et bien est voirs; mais en to- tes choses comanda ûex raison et mesure ; et amor, dont mal domage poent venir as deuz parties, ne doit l'on apeler amor, mais haine mortel. Et se na- ture contraint le père ou la mère de faire la volonté de son anfant, il doit avant porvoir se raisons le done ou non; quar volontez ne doit mie chevau- chLier] raison, et doit estre rai- sons dame et volonté desoz ses piez. Et moût fait bien qui chastoient son anfant destroie- ment, tant come il est petiz, et loz jors dit l'on que on doit ploier la verge tant dis que ele est gralle et tendre; quar, quant ele est grosse et dure, se Ton la vuet ploier, ele brise. Et se li anfes plore por chastoier, ne puet chaloir, car miex vaut que il plort por son bien, que ne feroit que li pères plorast por son mal.

L'on ne doit mie mostrer a enfant grant semblant d'amor, quar il s'en erguoillist, et prend baudour de mal faire, et quant

et efforce quant il plus croist, et bien est voirs ; mais en tou- tes choses commanda Dex me- sure et raison; dont max et da- mages pueent avenir as dcus parties, ne doit on pas mous- trer a amour, mais haïne mor- tel. Et se nature contraignoit le père ou la mère de faire la volenlé de leur emfant, il doi- vent savoir se raison la porte ou non; car volentez ne doit raie chevauchier raison, ains doit raisons estre dame, et vo- lentez desouz ces piez. Et moût fait bien qui chastoie son em. fant, tandis conme il est petis, et touz jours dit on c'ow doit ploier la verge, tandis com ele est graille et tendre^ quar, puis qu'elle est grosse et dure, se on la vieut ploier, ele brise. Et se li emfes pleure por chastoier, il n'en puet chaloir, car miex vaut qu'il pleure por son bien, qu'il ne feroit, se li pères plou- roit por son mal.

Ne on ne li doit pas mous- trer grant semblant d'amour, car il s'en orgueillit, et prent baudor de mal faire ; et quant on voit qu'il commence a mal

E

peîre ou la meire de faire la volentei de son entant, il doient avant pourvcoir ce raison le donne; car volenteis ne doit mie chevau- ch[ier] raison, ainz doit estre raisons dame, et volenteis desous ces piez. Et tous jors dit on que on doit ploier la verge^ tant comme elle est graile : car, puis que est grosse et dure, ce on ne la puet

XXIV

DES .iril. TENZ DAAGE DOME

mance a mal faire. Tan le doit asprement chastier et repran- dre; et se il por tant ne se re- trait, H chastiz doit estre de verge ; et, se ce ne vaut, si soit en prison : po d'anfant pé- rissent por chastier, et trop por soffrir lor maies anfances. Assez en i a qui jurent et mesdientde Nostrc Seignor et de Nostre Dame et des sainz; si ne lor doit on soffrir en nule guise, car mescreant et a maie fin en pueeni venir. Et li anfant qui sont meslif en anfance, sont en grant péril d'estre murtri ou de murtrir autrui et estre pendu. Et cil qui deviennent larron de petite chose viennent a plus grant, et tant, que a la fin sont il ataint de grant larrecin et ju- gié et jostisié; cil qui les de- vroient chastier en sont moût corpable, et aucune foiz le com- pereni chierement.

prandre de langue, et s'il pour tant ne se retrait, li chaiiers doit estre de verges, et, se ce ne vaut, si soit en prison : trop d'enfanz périssent pour dé- faut de châtier, et trop pour les maies enfances. Assez en y a qui jurent et mesdient de Nos- tre Seigneur et de Nostre Dame et des sainz et des saintes. Ce ne leur doit mie soufrir en nulle meniere; quar il en puest deve- nir mescreanz et a maie fin ve- nir. Li enfant qui deviennent mellif d'enfance sont en grant péril d'estre ocis ou d'ocirre au- trui et estre panduz. Et li en- fant qui devienent larron de pe- tite chose vienent puis a plus grant, et tant, qu'en la fin sont ateint de grant larrecin et jugié et justicié; ceus qui les de- vroient châtier en sont molt courpable et aucunes foiz le comperent moût chier.

ploier, elle brise. Et ce li enfes ploie pour chastier, ne puet cha- loir; car miex vaut que il plore pour son bien qu'il ne feroit ce Ji pères plorast por son mal.

Ne on ne doit mostrer as enfans granz samblans d'amour, car il s'en orguillissent et en prennent baudour de mal faire; et quant on voit qu'il commencent a mal faire, on les doit asprement re- pranre et chastoier de la langue, et reprandre, et se pourtant ne se retraient, li chastis doit estre de verge, et ce ce ne vaut, si soient en prison : pou d'enfant périssent pour chastier et trop pour soffrir

PRÉFACE

XXV

en voit que ill comence a mal faire, l'on le doit asprement chastoicr de langue, et se il por tant ne se repanl et retrait, li chastois doit estre de verge, et, se ce ne vaut, si doit esire mis en prison : pou d'anfanz périssent por chastoicr, et trop por sosfrir les maies anfances. Assez en i a qui jurent et mes- dient de Noslre Seignor et de Nostre Dame et des sainz; ce ne lor doit on mie sosfrir en nule guise, car mescreant en poent desvenir et a maie fin venir. Et li enfant qui desvienent melliz en anfance sont en grant péril d'estre murtri ou de murtrir au- trui et estre pandu. Et cil qui desvienent larron de petit de chose vienent a plus grant, et tant, que en la fin sont ataint de larricin et jugié et justisié; et cil qui les devroient chastoicr en sunt mult colpable et aucu- nes fois le comparent chiere- raent.

faire, l'en le doit asprement re- prendre de langue, et c'il por tant ne s'en retrait, li chastis doit estre de verge, et, se ce ne vaut, ci soit em prison : assez emfans périssent par chas- toicr, et trop porroit on souffrir lor maies emfances. Car tiex i a qui jurent et mesdient de Nos- tre Seignor et de Noslre Dame et des sains; ce ne lor doit on souffrir en nulc guise, car mes- creant et a maie fin em pueent venir. Et li emfant qui sont mel- lis en enfance sont en grant pé- ril d'eslre murdri ou murdrir autrui et estre pendu. Et cil qui sont larron de petites choses viennent a plus grant, et tant, que en la fin en sont ataint et jugié et justicié; cil qui les de- vroient chastoicr en sont moût corpable et aucune fois le com- perent chierement.

E

maies oevres. Assez en i at qui jurent et mesdient de Nostre Si- gnour et de Nostre Dame et des sains; ce ne lor doit on soffrir en nule guise. Car mescreant en puent devenir et a maie fin venir, et li enfant qui deviennent meslis d'enfance sont en grant péril d'es- tre murdri, ou de murdruir autrui ou d'estre pandu. Et cil qui de- vienent larron de petite chose vinent a plus grant, et tant, que a la fin sunt ataint de grant larrecin et jugié et justicié. Cil qui les de- vroient chastier en sont meut corpable et aucune fois le compei- rent chierement.

XXVI DES .IIII. TENZ D AAGE D OME

Au moment s'imprimaient les dernières feuilles, on m'a indiqué un ms. messin du xiv" siècle, de'critdans la Romania (XV, 1886, p. 161 à 191), et qui contient les somes des quatre âges (§§ 227 à 23o de la présente édition). Cet élément n'a pas paru d'une importance suf- fisante pour motiver l'addition de quelques variantes nouvelles,

Je ne veux pas terminer sans adresser mes plus vifs remerciements à M. P. Meyer qui m'a encouragé à en- treprendre la publication du Traité des quatre âges, et qui m'a donné bien des indications utiles; le travail eût été au-dessus de mes forces si, par intérêt pour Tou- vrage, et peut-être aussi pour l'ouvrier, il n'avait voulu m'éclairer de ses précieux conseils.

Mon commissaire responsable, M. G. Raynaud, a mis aussi à ma disposition toutes les ressources de son sa- voir avec une bonne grâce et une amabilité dont je lui témoigne ici ma sincère reconnaissance.

Paris, décembre 1888.

DES .1111. TENZ D'AAGE D'OME

DES

.IIII. TENZ D'AÂGE D'OME

IL qui fist cest conte ^ avoit .lxx. anz passez 2, quant il ^ l'amprint a faire 3; et en ce lonc ^ espace de vie ^ que ^ Dieus li ot donc, avoit 'in essaie ^ et usé ^ le pooir et ^ la meniere des .1111. tenz d'aage d'orne ^o, c'est ^^ anfance et jovant et moien aage et vicUece, es queus il avoit sovant mespris, et plusors foiz l'an estoit mesavenu. Et par sofîrir et par servir avoit ^^ assez de bien eu, dont il dcvoit miaus savoir ^^ ansaignier les autres ^^ et dociriner '^ ; por ce vuet parler ^^ des .ini.

I. 1 £ Hure 2 B auoit bien .Ix. et .x. anz daage; ynanque dans E 3-3 B C iemprisi; E lescrit 4 Z> et en si longue 5 B Cl en lespace de viure 6 D com 7-7 manque dans B D 8-8 manque dans C D q D ajoute toute 10 D de chascun home 1 1 5 cest assauoir ; E ei est a sauoir 12 C por s. et por s. rauoii il i3 manque dans E 14-14 manque dans B ; remplacé par et garnir dans CE i5 E ajoute et conicir

2 PHILIPPE DE NAVARRE

tens d'aagc devant diz. Mais tout avant pria humble- ment la ''* glorieuse Virge Marie, que elc par ^'^ sa douce 18 miséricorde priast son chier fil Nostre Seignor Jhesu Crit, que il de sa grâce l'avoiast ^'-^ et ansaignast a ce mosirer et deviser rcsnablement ^^ : si commança a anfance, 21 et dist^i.

2. Nostre sires Dieus, qui tout seit et tout ^ puet et governc ~, dona de sa grâce as pctiz anfanz^ .m. menie- res de quenoissances et de naturel amor ; dont les .11. sont en auz, et la tierce est en cels qui les ^ norrissent, et si est a elz des anfanz meïsmes. La première est que Tan- fes aimme et quenoist premiers la famé qui le norrit de son lait, soit mère ou ^ norrice ^^ et sovant avient qu'il ne vuet panre autre ^ memele ^ que la soe ^; la seconde est qu'il connoist et fait samblant ^'^ de joie et ^^ d'amor a ceusqui ^^ joent a lui, et le lobent ^^ et portent d'un leu en autre ; la tierce si ^3 est en ^^ ceus qui les anfanz nor- rissent et qui est por les anfanz meïsmes, si est la grant amor que on '^ a et ^^ met ^^ en aus de nature et de pitié et de norreture.

3. Et 1 ceste 2 lor a grant mestier; car, se ce ne fust, il sont si ort et si ^ annieus en petitesce '^j et si mal et si 5 divers, quant il sont .1. po grandet ^, que a painnes

16 D p. a dieu h. et a la 17 manque dans £ 18 manque dans A igBli enuoiast; C lenuoiast 2.0 B très noblement 21-21 manque dans E

2. I manque dans E 2 B q. t. puest et set gouuerner 3 D ajoute cest assauoir 4 C ajoute gardent et 3 JS" soit 6 B ajoute ou autre 7 A autrui SE tétine 9 B E q. de celé; C q. celc 10-10 manque dans B 11 B D ajoutent se 12 B E et le losengent ; C et losaingent i3 A E qui ; manque dans B

14 manque dans B 1 5-i 5 manque dans A; rétabli d'après B D

16 C 1. g. amor qui avient e.

3. I manque dans A E 2 Et ceste manque dans jB 3 Si manque dans E 4 fi jeuneice 5 manque dans E 6 B grant

DES .IIII. TENZ d'aAGE d'oME. I 3

en norriroit on nul. Et Tamor qui "^ est en ccls qui les anfanz norrissent, espcciaument en père et en mère, en aioletenaiole, croisietanforcetoz jors; et les .11. ^amors devant dites qui sont es anfanz, apetisent et anéantis- sent ^, quant il plus croissent; et toutes voies se doivent il ^^ moût garder qu'il ne mesfacent a ceus qui les ont norriz.

4. Et ^ li mal anfant qui font les abominacions, ont perdue la grâce Nostre Seignor 2, et sa ^ benoite quc- noissance par les péchiez qu'il ont ja faiz, ou par çaus de lor ancestres **. Mal se douent garde ^ a l'essample ^ que Nostre Sires ^ Jhesu Criz ^ lor dona, quant "^ il meis- mes 8, qui estoit veraiz ^ rois et ^ Dieus ^o et sires dou ciel et *^ de la terre, porce qu^il daigna veraiz hom devenir, volt estre i- humbles et ^2 sougiez a sa glorieuse mère et a son mari Joseph : et quant il plus croissoit, plus les ^^ honoroit et confortoit ^*, et estoit a lor commandement, et puis quMl fu auques granz, les si voit 1^' il et obeïs- soit ^^.

5. Tuit ï li anfant devroient panre example a lui, et a sa grant humilité d'anfance; et bien est voirs que nus ne porroit ataindre a ses oevres, mais chascuns se devroit esforcier a son pooir ^ de siurre les ~, et soi mirer ^ as

7 manque dans ^4 D 8 m.mque dans B <) E amenusent 10 manque dans B

4.— \ B C E quar 2 B la g. de dieu 3 yl /) la 4 B ou par ceus dont li autre 5-3 A as cxamples G-6 manque dans B E "j B quar 8 manque dans B g-g manque dans B C 10 E q.e. vrais diex ei verais rois— 11 C ajoute rois et sires— 12-12 manque dans B, remplacé par comme H enfens; C humiles anfes; D h. et fiex; E humlcs enfes \Z A anforcoitel; D plus cesfor- coit et 14 ^ conseilloit; D ccsforcoii a conseillier \b B E ^truoh iG B ajoute a eus

5.— I BTouz— 2-2 C dansuiricr 3 B et se deuroit mirer

4 PHILIPPE DE NAVARRE

grâces mervilleuses qu'il dona '^ ça en arriers '* a plusors anfanz humbles ^ et paciens; et especiaument a sa glo- rieuse ^' mère, qui fu toz jors dès anfance plainne de la très "^ plus ^ grant humilité '-^ et obédience ^^ de n douçor et de i~ pitié qui onques fust en anfant, après ^^ Nosire Seignor Jhesu Grit ; et a plusors autres ^'^ ^^ humbles et ^^ paciens et '^'obedicns ^"^ct de bone créance en lor anfance, et tel comme l'Escriture tesmoigne, qui devise quel '^ il furent et que Dieus lor fist. Et ainsis se devroient mirer li anfant a ^^ ce qui est avenu a trop grant quantité d'an- fanz maus et félons et de maie créance, qui en ^Omahai- gnoient ou mouroient soubitement. Etpluseurs en apre- noient ^i maies costumes, si que il ^o en aloient a honte.

6. Mais por ce que aucun ^ porroient dire que anfanz n'ont pas ^ droite quenoissance, et ne sevent ^ que ^ est bien ne mal '\ et que tuit li bien ^* qui sont en elz "^ d'umi- lité et de debonaireté et de bone anfance, sont ^ tuit grâce et don de Dieu, et que autretel seroient ^ H mal ^^ com li bon ^^, si eussent autel ^^ grâce ï~, ainsi n'est il pas. Bien est voirs ^- que tuit li bien et les grâces viennent de Dieu; mais il ne vuet ^^ mie que ^^ li anfant soient paroil as faons des bestes ne as pijons des oisiaus, qui

4-4 manque dans B 5 C humiles— 6 B preciause —7 man- que dans C 8 manque dans B— c) C dignité 10 A C E obe- diens Il et 12 manquent dans B E i3 B enpres i^ man- que dans C D i5-i5 B douz et piteus; C humiles; E humles

16 manque dans E 17 /? ajoute et débonnaires— i8 E que 19 fi C en 20-20 A D meeignoient maies costumes et qui 21 B C aprenent

6. i. B E aucunes genz 2 B C E mie 3 C ajoute mie

4 £■ qui b C biens ou maus ; D biens ou max 6 E ajoute que il font et 7 C ceaus; D ajoute vient d'cmfance, et cex qui i sont de humilité... 8 ^ font 9 C creroicnt 10-10 man- que dans B; E comme le bien 11 E cW auoient autreteil 12-12 d'après B C D E ; dans A ei nest \l pas bien voirs i3 B veust; C voient; D vieut; E viaut 14 C ajoute tuit i5-i5

DES

sont sanz loquance et sanz raison et vivent nalurclment sanz plus. Et li anlant en cui Dieus a mise loquance ^'^ el raison ^^, et qui ont san i^ et ^^ entendement et quenois- sance ^*^ ^^ de trier '^ le bien dou mal ^^ en plusors cho- ses 21, au moins despuis ^ qu'il ont passé .x. anz, il ont ^3 franc 2^ arbitre de faire bien ou mal -*^. Etqui bien ^^ vo- droit conter les grâces et les biens ^-^ que Nostre Sires a doné as bons ^, et commant li mal ^ sont puni, trop a vroit ^ a faire. Et por ce, se taist ores ^^ li contes a parler des anfanz ^i, et retorne 32 a ccus qui les norrissent, quel qu'il soient 33, père ou mère ^i, parent ou mestre 35^ privé ou estrange.

7, Vous avez ^ ça en ^ arriéres ou conte, ^ que Ta- mour de ccus qui nourrissent les anfans ^ croist et es- force, quant il plus croissent 3, et bien est voirs; mais en toutes choses commanda Dieus raison et mesure ; ^ et amor •*, dont maus et domage pueent avenir aus ^ .n. par- ties, ne doit on apeler ^ amor, mais haine mortel. Et se nature atrait "^ le père ou ^ la mère de faire la volante de lor ^ anfant, il doivent ^^ avant porveoir ^^ se raisons Pa-

manque dans 5 16 C li a. cui dex ha done et mise loquence et rayson en eaux et ont senz 17 et manque dans D; san et man- quent dans E 18 B et entendent el quenoissent 19-19 man- que dans B; C de t. les biens des maus 20 A torner 21 A ajoute e{ 22 B C puis 2'S B font 24 manque dans B 2b D de connoistre le bien et le mal 26 manque dans B; D sl droit

27 B C E bénéfices 2^ A D siens 29 C mauuais ?o A auront - 3i-3i B 1. c. de la manière des anfanz; C 1. c. des an- fanz de lanière de anfanz; D des emfans et de lor manière; E li compes de la manière des enfans 32 £^ tourne 33 A ajoute ou ; C ajoute soit 3^ A C D E ajoutent ou 33 B autres

7. i-i jB ca; C cai en 2-2 A D dQ cax qui norrissent les anfans que lamours ; E q. la. de c. q. les nourissent 3 D croist

4-4 manque dans AD bAE en— 6A parler ; D moustrer a j B CE contraint; D contraignoit —SA tl (.j B C E son

10 se doit; C doit ii B pouruoicr; D sauoir 12 B C s.

O PHILIPPE DE NAVARRE

porte OU non ^^\ car volantez ne doit mie chevauchier raison ; ainz ^^ doit raisons estre dame, et volantez desouz SCS piez. Et moût fait bien qui chastoie son anfant des- troitcment ^'^, tendis ^'' que ^^' il est petiz '^ ; et toz jors dit on que l'an doit ploier la verge tandis que ^^ ele est graille ^^ et tendre i^; car-*^, puis 21 que cle est grosse et dure, se on la vuet ^'~ ploier, ele brise. Et se li anfes plore -3 por chastier, nepuet chaloir; car 2J mialz vaut qu'il plort por son bien, que ne feroit se 2^ H pères plo- rast por son mal.

8. Ne l'an ne 1 doit pas 2 mostrer ^ a son ^ anfant ^ grant^ samblant d'amor; car il s'an orguillit ^>, et en "^ prant ^ baudor de mal faire ; et quant on voit que il com- mance '^ a mal faire, ^^ Tan le ^^ doit asprement 1^ chas- tier et reprandre de langue ^^ ; et se il ^^ por tant ne se '^ retrait ^5, li chastiz doit estre de verge ; et, se ce ne vaut, si soit ^^ en prison : po d'anfant périssent por chas- tier ^''', et trop por sofîrir ^^ lor maies anfances ^^. Assez en i a ^o qui jurent et mesdient de Nostre Seignor et de

r. le done ou n.; E cqv. le done i3 C et 14 manque dans D

ib B C tant 16 B C D comme 17 Et moût petiz man-

que dans E iS B E tant comme ; D tandis comme 1Q-19 manque dans E 20 B que 21 C quant 22 D se on la vieut; E ce on ne la puet 23 E ploie 24 manque dans B 2b B C que

8. il? ne len ; C Ion ne ; D ne on ne li ; £" ne on ne 2 C mie; manque dans E 3-3 manque dans D; E as enfans 4 manque dans B C b B trop biau 6 B E orguillissent 7 man- que dans CD ^ E prennent g E commencent 10-10 B en len ; F on les 11 B forment 1 2 de langue manque dans A ; C omet et reprandre; D omet chastier et; E a. repranre et chas- toier de la langue et reprandre i3 manque dans E 14 D sen ; C ajoute repant et i5 -B reiraient 16 C doit estre mis; E soieni 17 B trop denfanz périssent pour défaut de châtier; D assc;^ cnifans périssent por chastoier i8 manque dans B; D porroit on soufliir 19 £" p. s. maies oeures 20 Dcar tiex i a

DES

Nostre Dame et des sainz 21 j ce ^ ne lor doit on ^^ sof- frir en nule guise **, car mescreant en puent devenir et a maie rin venir ^^. Et li anfantqui deviennent ^'*' meslif en anfance, sont en grant péril d'estre muriri ^ ou de murtrir *** autrui et estre pendu. Et cil qui deviennent ^«^ larron de petite chose viennent a plus grant, et tant, que a la fin 30 sont il ^^ ataint ^2 de grant larrecin ^2 et jugié et jostisié;cil qui les devroient chastier en sont moût corpable, et aucune loiz le compercnt chierement.

9. Jadis a vint que uns petiz ^ anfes commança 2 a am- bler po a po ^. Et plusors foiz "^ porta ^ son larrecin de- vant son père, et li percs s'an rioit, et li consentoit, et disoit qu'il seroit soutis et engigneus, puisque il savoit ja ^ tant faire, et que d^ambler se garderoit il bien quant il seroit granz. Mais autrement avint : quar, quant il fu granz, si "^ fist un tel larrecin, de quoi il fu jugiez a pen- dre 8; et quant on le menoit aus forches, il pria le justi- cier ^ et les gardes que il soffrissent que il baisast et aco- lastson père avant, et puis iroit volantiers a son mortel juïse ^0. Cil en orent pitié, et 11 li 12 soffrirent ; et cil, en samblance de baisier son père, le print as denz par le neis, ^3 et li arreja ^^ et afola ^^ toute la chicrc.

10. Li criz fu granz, et li justiciers ^ li demanda por

21 B ajoute et des saintes 22 ,4 si 23 manque dans B; B et C ajoutent mie 24 B meniere 2b A D car m. et a m. f. en pueent venir; B C car il en puest deuenir raescreanz ci a m. f. V. 26 A D sont 27 Z^ ocis iS B ocirre 29 Z) sont 3o D ajoute en 3i manque dans DE 32-32 manque dans D

9. I manque dans B C 2 C aprit 3 B petit a petit ; C pou et pou; E poi a poi 4 C ajoute auint que il 5 A C portoit 6 manque dans A C E ; D ovc y E \l S A prendre (j A D la jostice lo A joise ii £^si i2£^le— i3-i3 manque dans B; C D E ti li ineiiga 14 Z) deuora

10. I ^ C la justice 2 B sestoit; E cestoit 3 E coï

8 PHILIPPE DE NAVARRE

quoi il avoit ce fait ; et il li respondi que vangiez estoit ^ de celui por cui ^ on le menoit pandre; et conta et re- iraïst comment ses '* pères li avoit consenti ^ en s'anlance que il devint lerres, et Tavoit loé de ^ ce dont il le deUst "^ blasmcr et reprandre '''. Li jostisiers qui estoit sages ^, demanda au père se il disoit voir ''^; et il dist que •^ oïl. Adonc respondi '^ li jostisiers ^^ : a Se li lerres fust an- fes, je le délivrasse ^^^ et pandisse son i'* père ; mais il est lions : si ^^ deust estre sages et soi garder de mal faire ; li viaus proverbes dit que chascune chievre par son jarret pant 16; li lerres sera penduz par son mesfet, puisque il est bons, et li pères est a droit affolez de son vis ^"^^ et perdra son fil honteusement. » La avint ^^ ce qui est dit devant de la foie amor desvée i'^, qui devint 20 haine 21 mortel, et torna 22 a domage ^3 des .11. parties 2J.

1 1. Qui norrit anfant ne doit consentir a son pooir ne soffrir 1 que il face maies oevres, ne que il soit baux ne abandonez de paroles vilainnes ne de vilains jeus 2; car 3 anfant ^ qui ^ aprannent ^ vilainnes teches '^ a pre- miers s, les maintiennent ^ longuement ^^^ et ^^ sovant avient que a toz jors ^^ , et quant il plus croissent, et les

4 B son b E soffert ; C ajoute et sofert 6 manque dans E

']-'] D auoir blâme et repris 8 C ajoute hom 9 B se son fiz li A.v.\E ce cestoit voirs 10 manque dans E 11 B C E dist

12 C la justice î3 D laissasse i4£"le— ib A B C D et

ï6 D ajoute et tant grate chieure que mal gist ij B C D E de sa chiere 18 £,' est dit 19 D donnée 20 E deuient 21 A puis 22 E tourne 23 A ajoute grant 24 D ajoute il est escrit qui espargne la verge il het son fill

II. I 5 C ne doit cons. ne souf. a son pouoir q. il f.; E ne doit soffrir a son pooir ne cons. 2 B de vileins gens ne de vi- leinnes paroles 3 D ajoute ce que 4 E enfes b manque dans C D 6 E aprent 7 Z) omet vil. teches ; B C maies ta- ches; E maies lèches 8 C ajoute et; D ajoute il 9 C tie- nenl; E maintient 10 ^ legierement au loing i i-i i £ plu- seurs jusqucs en sa fin; D souuent louz jours; après ces mots D

DES .IIII. TENZ D AAGE DOME I 9

maies teches ausis. *2 Et de petite achoison ^^ et de vilain jeu ou de vilainne parole aviennent ^^ granz maus ^'', et granz destructions maintes foiz ^*'»; et par douce parole passe l'an bien un mal ^^ pas; et par félon dit ont esté maint home boni et mort; car, par raison, ne doit estre fcruz de la pierre ou Iront qui parole i' doucement.

12. La première chose que l'an doit apanre ^ a anfaiit, puis qu'il commance ^ a croistre et 2 a entendre, si est la créance Damedieu ^ : la Credo in Deum, Pater noster, Ave Maria. De ce sont tenu * père et mère ^ et pa- rant ^, "^ et obligié a lui apanre"''; et après, quant li anfes porra miausantendre ^, si ^ li doit on ansaignier a tout le mains les .11. premiers commandemanz de la loi; car cil dui sont li plus haut et li plus digne, et, a bien 1^, près que ^^ toute la lois i pent '2; et si i a po de paroles, si les doit on miaus retenir.

i3. Li premiers commandemanz est li très granz ^ et dit : « Aimme ton Seignor ton Dieu de tout ton cuer, et 2 de toute ta pensée, et 3 de toute ta langue, et de touz tes manbrcs '^, et de toute t'ame ». Et li secons dit : « Aimme ton proïme si comme toi meïsmes. » Si n^i a ^

ajoute pour ce dit on quanque li nouiax test reçoit en vieillit le saueure; E ajoute que aprent poulains en denteure celui main- tient tant comme il dure 12-12 manque dans D i3 E auient

14 E mal i5 A moût de foiz iG B grant mau 17 A B palle

12. 1 B C aprandre ; D E aprendre 2-2 manque dans BC E

3 i4 de son creator /^ B C E ajoutent et obligiez b D ajoute ei amis G C li parrain; E parains 7-7 manque dans B C E 8 D aprendre 9 manque dans B CE 10 a bien manque dans B E ; a manque dans D 11 E après que 12 E apent

i3. \ D li p. commencemens est li très grans commandemens el d.; E li p. et li très granz commandemens dit 2 6'/ 3 man- quent dans E \ E ajoute et de tout ton cors 5 Zi C il ni a;

lO PHILIPPE DE NAVARRE

plus, et ce est assez qui bien le fera. Et chascuns cres- tiens le devroit bien faire; car tout ce vient de Dieu, et tôt ce qui vient de Dieu doit on amer et servir ^.

14. Après, si ^ doit l'an as - anfanz apanre tel mestier qui soit a chascun androit soi •'^; et doit on commancier au plus tost que on puet. Car cil qui est par tens et lon- guement deciples doit après estre miaudrcs ^ maitres ^ de ce que ^ l'an li avra ^ apris. Et grant folie est a dire et "^^ a cuidier que nus puisse ou doie ^ estre bons mais- tres se il n'a esté deciples, '-^ ou se il n^a ^ veii et et apris assez, se ce n^est de la grâce dou Saint Esperit 10. Et de touz mestiers dont 1^ il covient plus haster le com- mancement en anfance ^-, ce sont li dui plus haut et ^'' li plus 12 honorable a Dieu et au siegle : ce est ^'^ a savoir ^* clcrgie et chevalerie; quar ^^ a poines puet estre bon clers qui ne conimance dès anfance, ne ja bien ne chevau- chera qui ne l'aprant jones.

i5. Legiere chose est a prover que li dui mestier desus nomé 1 sont li plus digne et li plus porfitable; car par clergie est avenu sovant et avenir puet que li filz d'un povre home devient uns granz prelaz; et par ce est riches et honorez, et pères et sires 2 de celui qui fu sires de lui

E il ni at 6 ^ et t. c. q. v. d. d. len doit amer et tenir chier et seruir; E et de tout ce q. v. de d. le doit on ameir et s.

14. i B C E CQ ~ 2 C a. ses 3 B t. m. corne Dieu a prou- mis et pourueu a chacun endroit soy; C D cora len a pourueu chascuns en droit soy; E com on lor a pourueu a chascun endroit soi 4. B meilleur; C E millour; D mieudres b C ajoute de tôt les autres 6-6 E il auerat y^^ou— 8^ D ajoutent cui- dier — q-g A B D E et 10 B de la propre grâce de Dieu II A don; manque dans C 12 C et enforcier i3-i3 manque dans E 14-14. manque dans B ib A Dmais; manque dans E

i5. E dit 2-2 texte rétabli d'après jB; A omet qui fu sires de; C omet de celui qui fu sires de lui et; E omet qui fu sires de lui; D sires de celui clames et des priuez et des es-

DES .1111. TENZ DAAGE DOME I 11

et des siens ~; et mestroie et governe touz çausdou païs 3, et puet apostoles ^ devenir, et estre pères et sires ^ de toute crestienté ^. Et tel ''^ i a qui ^ par bien savoir les saintes Escriptures, puet et doit .i. ^ bons clers devenir ^^ par droit, et '^ plus legierement aourer bien et après sain- teticr, que .i. home lai qui riens ^~ ne seit quant a sein- teâer, se ce n'est par ^^ la propre grâce de Dieu ^*.

1 6. Li ï mestiers de chevalerie repuet ^ a 3 grant chose * monter 5, car bons chevaliers, par la renomée de sa va- lor et par l'uevre ^, est mainte foiz vcnuz a grant richesce et a grant conquest '^. Et plusor en ont esté roi coroné, et autre en ont eU granz richesces et granz seignories ; et autre chose i a, que ^ maint chevalier ont esté et sont ej seront, se Dieu plest, droit chevalier Nostre Seignor, et '^ sont trespassé de ce siècle par martire, en nom de celui qui soffri mort et passion por aux et por les autres ^'^, si comme mon seignor saint Jorge et autres plusors.

17. Haute chose est et digne de saintefier et estre en la haute gloire ^ Dieu o ^ ses angres devant lui ^, et après la haute digneté desus dite demorent en plus grant re- mambrance en cest siècle meismes que tuit li plus haut roi, ampereur et conquereur et seigneur de tout le monde ne font. Car au saint ^ fait on chascun an feste dou jor

tranges 3 B t. c. de toute crestiante; ce ms. omet la fin de la phrase —4CE pape 5 D enseignerrcs ù D ajoute et estre diex terriens clamez y B C E plus SB quar ; C E que 9 ^ £> on 10 manque dans B E 11 manque dans E 12 D nient i3 manque dans E 14 B dou seint esperit; D de jhesu crist ; E nostre signor

16. 1 £> par \ç; E elU ; 2 D ajoute on autiesi 3 D en 4 D honor b B veimir 6 D par ses oeures ; C ajoute puet venir et 7 C bien —SB quar 9 D qui 10 D por touz

17. i-i B auec les anges deuant nostre seigneur ; E d. ou ces sains d. 1. 2 C ensanble 3 B aus sainz ; D a sains ; E as sains

I 2 PHILIPPE DE NAVARRE

que il parti ^ de cest siècle et ala ^ a Damcdieu ^', et ^ a plusors ■'jeune l'an la vegile »; ce ne fait on pas as '•> plus granz scignors terriens qui onqucs furent. Mais li grant seignor et li grant '<> chevalier et li autre preudome sage et bien entechié, qui bien commancierent en anfance qui est li fondemanz de vie '>, et après esploiîierent bien, et parvindrent a bone fin, a ^2 bonc hore furent et ^-^ norri, et sont en repos ^^ pardurable; et mainz ^^ en i a de cui on fait mémoire et biaus diz en rime 1*5 et en chan- çons i'' et en autre manière ^'^.

i8. Et moût est granz honors et ^ profiz que cil qui norrissent les anfanz les facent traveillier de ^ bien apanre 2 lor mestier, 4 quel qui soient, grant ou petit; car granz honors est d'estre bons maitres de son mes- tier 4, se il estoit ore nés aguilliers s. Li haut home et ^ cil qui ont pooir et qui ont assez a faire, et ne pueent entendre a lor anfanz '^ garder et norrir, lor doivent por- chacier maistre le meillor qu^il porront S; car qui garde anfanz ^ de ^^ haus homes et ansaigne, ne doit pas ^^ es- tre 12 novices : cil qui ne seit ^^ a ^^ soi mal ^^ puet an- saignier ^^ autrui.

^ B D E partirent b B san alcrent; D alerenl; E alarent 6 B nostre seignor 7-7 manque dans AD 8 C selonc leuan- gele 9 /4 des 10 C bons ; manque dans E 11 O de la vie de tout home 1 2 £■ en 1 3 j5 ajoute furent bien ; C E ajoutent bien 14 £> gloire i5 C et tex; £" et moût 16 B romans

17-17 manque dans B; A D et en a. mémoire

18. i B C E ajoutent granz 2 C et 3 5 espandre 4-4 quar moût grant honeur est destre bons meisire de son mes- tier que il fait soit grant ou petiz b B es quilles ; C D omettent ore; E neis cil fust ores aguilliers 6 E ajoute tuit -j B ajoute apandre et S D ajoute trouuer en nule terre 9 B fieuz; C E ûl 10 E a. Il B C D mie; manque dans E 12 E ajoute nices ne i3 B ajoute cnseignier 14 C par i5 C ne; D ajoute a enuis le 16 D ajoute a

DES .1111. TEN2 d'aAGE d'oME I l3

19. Filz de riche home ne doit estre norriz povrement, ne on ne doit soffrir qu'il ^ apraigne a estre 2 mauves ne chcilis^, car tost ^ H demorroit la teche tant que il en seroit honiz. Et haus hom riches, por '* quoi il ait en soi ^ connoissance ^ de chevance '', ne sera ja destruiz par lar- gesce, mais par "^ avarice; et, por ^ estre ^ eschars, en avront ^^ esté maint home ^^ deseriié. Et largesce cuevre moul d'autres mauveiscs tcsches ^- en riche home, car s'il avient que ^^ riches hom ne soit hardiz de son cors, s'il ose largement doner et despendre, il avra tant d'autres hardiz que ja por ce '"* ne perdra '^ terre.

20. Li maitre as tilz de riche home se ^ doivent moût traveillier d'apanre 2 a eus cortoisie et biau parler, et ho- norer la gent -^ et cortoisement recoillir '^^ et eux faire apanre les estoires ^^ et les livres des autors ou il a moût de *'» biaus diz, et de bons consaus, et de granz senz, qui lor porroient avoir grant ' mestier, se il les retiennent. Et por les maistres, ne dcvroit ^ demorer que li père aus anfanz, se il les ont, ou li plus prochien -^ se il n'ont pères, ou li meillor de lor ^^ homes, ne se doignent garde d'ausct des'* maistres meïsmes, et'^ establir et ordoner'^ comment il se contendront **, et que ce soit fait '^ sanz '^ losange et sanz '^ grant samblance d'amor. L'an doit

ig. I C ajoute soit ne 2-2 B auers; C menuiers ne chei- tis; D meneurs ne chattis; E menour ne cliailis 3 D toute 4 D par 5 C puis que il hait en lui; E puis quil a en lui 6-6 manque dans E j B pour S D E par i) D ajoute auers et 10 E ont Il B honiz; D ajoute desiruit et ; E honni et

12 B mauueis vices i3 E ajoute li 14 yl D or ib A nen prendra

20. I -4 si 2 £ de prendre 3 D toute gent sclonc ce quil sont 4 B acuilir b E et faire lor aprendre lor ystoircs

6 B ajoute biens et de 7 manque dans E S E doit 9 fi' 1.

p. prochain daus 10 D ajoute parente ou de lor 11 E ces 12 manque dans E l'i A doner; D et lor doiueni establir c. 14 E tenront ib manque dans C 1C-16 manque dans D

14 PHILIPPE DE NAVARRE

bien laissier jouer '' anfanz i^; car nature le ^'-^ requiert, mais quil ne joient ^^ trop, car tuit trop sont mal. Et cil qui les ^i maitroie lor ^- puct faire .11. porfiz ansam- ble '-'3^ se il tost les 24 rapele dou jeu, car il les ^5 puet faire tenir -''^ en pais et apanre lor ^ mestier.

21. Vous avez des maales; or ^ orrez des femeles. Tuit cil et toutes ccles qui les 2 norrissent en anfance, les ^ doivent destroitement apanre et ansaignier qu'eles soient bien en commandennent et en subjection, et que eles ne soient baudes ne abendonécs de paroles ne d'eu- vres vileines ^ ; et que eles ne soient vilotieres ^ ne crranz ne demendierres ne covoiteuses ne larges. Après orrez le pour quoy, car ^ Nostre Sires comenda que famé fust touz jours en comendement et en subjecion '' : en an- fance s doit ele obeïr a ^ çaus qui la norrissent, et quant ele est mariée, outréemantdoit obeïr a son mari, comme a son seignor; et se ele se rant en ^ religion, ele doit es- tre obeïssanz parfitement a sa soverainne selonc la rè- gle. Famé ne doit estre abandonée ne baude de ma- veise parole ^^ ne de vilainne oevre^^ ; car se ele parole vilainnement, on li respont 12 tel chose, ^^ soit voirs ou mançonge i-^, dont ele sera par aventure correcie et avi- lenie toute sa vie. Et on dit en proverbe : qui biau dit, bel oie. Et ja n'i etist il plus qued'eslre tenu a vilaine^-*, si est ce laide chose; etapoines i a nul ne nule qui n'ait

l'j A D loer 18 £" enfant ig E Vi 20 A D q. il ne se loent; B qui ne geuent; E quil ne joue trop 21 E \c 2.2 E li 23 manque dans E 24 ^ ce il trop \e 2b E \c 26 A retenir 27 £" lui son

21. I C D E après 2 C ajoute filles 3 E lor 4 C ne dautres vilanies 5 C violentieres 6 manque dans B C 7 et

que eles ne soient en subjecion manque dans A D— 8-8 A D

dont ele obéira g C ajoute subjection de 10 C ajoute dire. 1 1 £) n, b. ne ne doit auoir parole de v. o.— 12 Z) on li respondera espoir; E on li respondra i3-i3 manque dans D ij^ A B vi-

DES .IIII. TENZ D*AAGe D*OME I l5

faite *^ ou dite ^^ aucune chose que l'an li puet repro- chier ^^; et se on ne l'a faite, si Ta on dite ou cuidie de lui ou des siens, et par vilainnement parler li puet on ce reprochier ^^.

22. Famé se doit moût garder especiaument de vi- lainne oevre de son cors, et de samblant et de fait ; car, comment que ^ li péchiez soit petiz ^, est communs li reproches ^ : et la honte est trop plus granz a la famé et as siens '* que n^est a l'ome. Famé ne doit cstre vilo- liere ='* ne erranz ; car, quant ele l'est, ele voit et est veUe, et plus aisiéement peut on parler a lei, et ele as genz. Et granz aprochemanz de famé a home n'est mie bons en anfance ^, ne puis "'; car ^ feus et estoupes ^ s'alument de legier, quant il s'aprochent. Et se ele est demanderresse ^^ et •' covoiteuse d'autrui avoir, on demandera et covoi- tera son cors; et covoitisc fait sovant mauveise famé et mauveis home.

23. Famé ne doit estre large, petite ne grant, car pucele n'a mestier d'avoir ^ chose de quoi ele peûst faire joiaux, por doner as paranz ne as autres 2; ainz doit es- tre povre : et por ce, dit on, quant aucuns est a meschief d'avoir: Il est plus povres que pucele^. Et quant ele sera mariée, se ele est large, et li mariz Uarges, riens ne lor durra ^; et se li mariz est eschars, et ele est large,

lenie i 5-i5 manque dans D iG D reprouer -- 17 et se on ne la f reprochier manque dans A B C D

22. I manque dans A 2 /5 C c. q. ele pèche 3 E car com- ment que elle pèche soit en commun soit en reposi on li reproche

4 il au s.; D et a touz ciax qui apartiennent a la famé 5 C violeniiere —OEm. bonc cnf. j D après; E plus 8 E que

9 £ ajoute qui ~ 10 E commandcresse ix K ne

23. I na m. de 1 C ajoute amis 3 Z) ajoute qui ist de baing 4 pucele et q li mariz manque dans B b E demora

l6 PHILIPPE DE NAVARRE

elc fait honte a son seignor ^. En famé ne puct estrc ' largcsce bonc " que une ^ : elc puet doner aumônes ^^ lar- gement por Dieu, par le congié de son mari, ^^ por les âmes d'aus ^^, se il ont quoi ; et quant on voit famé trop large, toz jors '- doute Tan qu'ele ne soit large de son cors ausis comme de l'avoir.

24. L'an lor doit en anfance aucun mcsiicr apanre 1 por entendre \ et non mie 2 penser. Toutes famés doi- vent savoir filer et coudre; car la povre en avra mestier, et la riche connoistra miaus Povre des autres. A toutes ^ doit on apanre et ansaignier ^ que eles soient bones bais- seles ^, les povres por ovrer, les riches por ansaignier; de tout ce ne doit estre nule ^ desdaigneuse, car la glorieuse mère Dieu daigna et volt ovrer et filer '''.

25. A famé ne doit on apanre letres ne escrire ', se ce n'est especiaument por estre nonnain; car par lire ^ et escrire de famé sont maint mal avenu. Car tiens li osera baillier ou anvoier letres ^', ou faire giter ^ devant li, ^qui seront ^ de folie ou de prière, en chançon ou en rime ou en conte, qu'il n'oseroit proier ne dire ^ de bouche, ne par message mander. Et ja n'eûst ele nul "^ talant de mal faire, li deables est si soutis ^ et entcndanz ^ a faire pe- chier, que tost la meiroit en corage que eles lise les letres,

6 5 baron '] B C E auoir 8 manque dans E 9 D I. b. fors vne seule \o A D b.\\ moins 11- 11 B pour leur âmes; C por les aume dauz; D par li ii B C E ajoutent se

24. i-i manque dans D 1 manque dans B; C p. e. et por giter de p.; D ajoute a; E omet non mie 3 £) ajoute gens 4 D ajoute et nomraeement a famés— 5 B menagieres; C meisaires; E ourieres 6 B ajoute famé y E d. et v. faire filer et ourer

25, I E escrit 2 B por lou rire 3 manque dans E 4 E ajoute vnes lettres 5-5 manque dans E 6 A dire ne proier; B qu'il ne li o. ne ne pourroit d. de b,; E qui ne li o. ne poroit d, 7 manque dans E S A soumis 9 B ententif; E

17

et li *^ face respons. ^* Et qucusque li respons^Uoit, foi- bles ou fors, a ranortement ^* de Tanemi ei a la foiblece de la complexion ^3 de la famé, a unes autres lelres plus losangieres sera angignie par aventure; et touz jors dit on que ait serpent ne pttet ^* on doner venin, car ^'' trop en i a.

26. Cil et celés qui les norrissent ne doivent consen- tir 1 2 qu^eles aient - compaignie de mauveises famés, d'omes ^ ne de garçons -i; car les mauveises famés les ^ ennortent ^ volantiers "^ a mal "^ faire, et les déçoivent ^ et mentent sovant a eus ^ de par çaus qu'eles dient qui les aimment ^*^, et dient mençonges a ceus de par eles, et lor devisent les ^^ façons; et sovant est avenu que cil motis- sent ^* les '^ façons et se vantent '^^ qu'il les ont eues ^^ Et la compaignie des garçons et des garces est moût mauveise; car mainte foiz est avenu qu'il s^antraimment dès petitesce ^^ et si tost comme il le pueent faire, il s'assamblent, ainz que les autres i^ genz ^^ cuident que nature lor ^'^ requière.

27. En toutes menieres se ^ doit on porveoir de les garder ^ destroitement ^ et chastier asprement, en dit et

entendus— io£en ii-ii manque dans B i2Bamones- tement i3 -4 f. et a la c. ; /? C £ la foible complession 14 B C E doit ~ i3 E que

26. i C D souffrir 2-2 C entor eles; B E ajoutent mau- ueise 3 A dames; D de garces 4 J3 ajoute a mal faire b C lor C B amonnestent 7-7 C le mal a 8 Z) ajoute car lune famé lautre decoit g Ê et lor mentent souent 10 D et lor mestent souuent jour de parler a ciax quelles dient quclleg aimment 1 1 C /) £ lor 12 C desuisent i3 C lor 14 C

ajoute de eles— i5 et souaiit ont eues manque dans E

iG D quil sacordent de petitesse et senir. 17 autres manque dans B E iH genz manque dans C ig B C les

27. I manque dans C 1 B C E ajoutent et nourir 3 man-

l8 PHILIPPE DE NAVARRE

en fct, dès 4 petitece : car ^ anfance est li fondcmcnz de vie, et sor ^' bons "^ fondemenz puet on bastir ^ granz edi- fiz et bons. Et moût se doit on travcillier de les ^ ansai- gnier sovant, ^^ et doner soi garde qu^eles soient ^^ de bêle contenance et simple, et que lor regars soient coi et ^^ atampré; de non ^^ esgarder trop affichiement ^^, ne trop haut, ne trop bas, mais devant aus tout droit a l'an- droit de lor iaus, sanz traverser, et sanz bouter sa teste avant; ne traire ^^ arriers ^^ en fenestre ne aillors ^^, et simplement passer ^^ et aler ^^> devant la gent.

28. Quant eles sont assamblées ^ de - noces ou d' ^ autre feste, l'an lor doit bien '^ deffandre qu^eles ne soient trop plaisantieres ne trop acointables, ne vileinnement gour- des ^\ Et mieus vaut il qu^eles soient ^un po desdaigneu- ses en meniere ^ et orguilleuses, que trop souples ^, es- peciaumant a ceus et a celés qui repairent ^ antor eles ^^ et font ^^ acoison de servir eles ^^. Car Pan dit, et voirs est, que prive^ sires fait ^^/ole mainie ; et plus granz pe- rilz gist 1^ en privée dame que en privé seignor; et moût afiert a famé qu'ele parole po ^^; car en ^^ trop parler dit on sovant '^'^ folie i^.

que dans £: 4 ^ de ; C en ; £: et en b A C ajoutent en (b E son -] A D granz 8 C faire; D fonder 9 D lor lo-io manque dans B ii A D s. tuit; C beaus et 12 B D nous i3 A alîermement i^ manque dans D i5-i5 manque dans E 16-16 manque dans A

28. I ^ C ansamble 2, 3 Z) por 4 £ moût b A D gardées; E omet ne v. g. 6 iB vaudroit il q. elles eussent; C v. il q. eles aient; E vient il q. elles aient 7 Z5 .j. poy de desdoin- gneuse manière; C cm pou desuiagouse manière; E .j. pou de desdaingnouse meniere ^ E simple 9 B q. sont et r.; C q. vont 10 A B C D eux 1 1 jB a. e. pour; C ^ a. e. en 12 manque dans E ~ i3 C norrit 14 C est i5 D petit 16 E a 17 B que cest 18 /) ajoute et li prouerbes est que en trop parler ne gist se péchiez non

DES .1111. TENZ D AAGE DOME. 1 ÏQ

29. Noble chose est que famé soit bien non ie et de belc contenance; et chascunc ^ deles ^ le devroit volaniiers apanre - et retenir -, car mainte povre pucele a esté es- lite 3 et apelée ^ a estrc riche dame, et hautement mariée par sa bone rcnomce ; et mainte haute '^ dame ^ a esté refusée et avilliée ^ par son rhauveis renom de foie con- tenance, et "^ en a ~ honeur perdue ^ et mariage. Et au- cune foiz a moût valu bêle contenance ^ et sage deporte- ment ^'^ a celé qui a mesfet ^^ ; et par le contraire ^- ont esté avilenies et blasmées plusors, sanz mesferc. Aucunes foies '3 genz •'* dient qu'on ne puet famé garder, se ele meïsmes ne se garde; sanz faille moût i a foie ^^ garde ^^ se ^^ ele viaut maufaire, mais ^^ sanz faille ^^"^ on la ^^ puet assez 2*^ destorner et li -^ tolir moût de 22 traiz ^^ qu'ele vodroit faire 2^*. Et aucune foiz avient 25, se 26 lor 27 porvetie 28 passe 29, que ^^ jamès ^i ne troveront leu ; et quant mains ^- i a ^^ de mal ^^^ mains i a de honte, et plus tost en demeure la parole.

30. Et tieus ^ i a qui dient que mauveises famés gar-

29. i-i, 2-2 manquent dans E 3-3 manque dans C 4 manque dans A D b B C farre; manque dans D 6 B auile- nee ; D auilonie - 7-7 manque dans B SC poue 9 et en a h... contenance manque dans A D 10 E mainmenient 11 C a celui qui la fait mal; D intercale ici le passage suivant et si dit on que juises cueurent moût de vices en .111. choses ce est conte- nance couenance et aleure en home et en famé et en cheual quar la couuenance ce est li homs la contenance cest la famé laleure cest li cheuaus 12 E ajoute en i3 manque dans C 14 man- que dans E i5 E fort 16 sanz f... garde manque dans B

17 £) quant 18-18 C totc voie; manque dans E 19 D icn

20 manque dans D 21 manque dans A C D 22 A D das 23 C faiz 24 mais sanz f. on... faire manque dans B 2b B D ajoutent que 26 manque dans B 27 lore 28 £î pourueance D prueue 29 E irespasse 3o B ne 3 1 D ajoute puis 32 D ajoute en 33-33 manque dans D

30, I D plusseurs 2 manque dans B 3 D ajoute yi\us

^O PHILIPPE DE NAVARRE

dent trop * bien lor filles, car eles s'aparçoivent ^ legie- rement '* de fol samblant et de fol fet. Por ce qu'eles sevent que ce ^ monte ^, aparçoivrc s'an pueent eles; mais ja bien ne les garderont, car se les mères les vue- lent repanre "^ et destraindre '^, les filles lor sevent moût bien repruchier ^ : « Ja fêtes vos ce '^ et ce ^; et ^^ je le sai moût bien et ^^ dire ^2. « Et par ce ^^ estoupent lor bouches, si que, se ^^ eles ^^ le ^^ sevent, eles ^"^ ne le ^^ puent amender ^'^ ; mes les bones mères osent tout bien faire.

3[. Famés ont ^ grant avantage 2 d'une chose : legie- rement pueent garder lor honors, se eles vuelent ^ estre tenues a ^ bones, por une seule chose; mes a l'ome en covient plusors ^, se il vuet estre por bons tenuz ^ : be- soigs ^ est s que il soit cortois et larges et hardiz et sages. Et ^ la famé, se ele est ^^ prode famé de son ^^ cors, toutes ses 12 autres taches sont covertes, et puet ^^ aler partot teste levée : et por ce ne covient ^^ mie tant d'ansaigne- manz as filles comme au filz ; et de tant com il est dit ^^

4 C tost 5 £■ ce que 6 B intervertit la phrase; après leur filles on //Yqueles seuent bien q. ce monte, et sap. leg. dou fol fet et dou i. s. 7-7 manque dans B; D et contraindre; E ou garder ou destraindre b A respondre; B ajoute et dire; D les tilles lor responderont 9-9 manque dans AD— 10 D que 11 D ajoute ai 12 fi C et je le vi et soi en menfance ou je loi dire; E et je loi et sou en manfance ou lai oi dire i3 A C portant ; B pour ce; E pour tant lor 14 manque dans B ; D ce qu ib B ajoute ne 16 manque dans A B D i7fine— 18 manque dans A B C D ig manque dans A C, B respondre; D eles ne lor osent dire

3i. I C ajoute trop 2 D o. bonne auantaigne 3 E ajoute et 4 manque dans A; D pour 5 B a\o. couient pluseur cho- ses — 6 C comtez, E conteis 7 C mestiers 8 B soit q D ajoute a 10 D ajoute seulement— if manque dans ^ - 12 manque dans E i3 E puent 14 D ajoute û i5 B D c.

desus seroit assez, se eles bien ^^ Tapreïssent ^^ et teïs- sent *8. Et tout ce a retret '^ H contes en anfance de famés ^, que cil et celés qui les norrissent se doignent '^^ garde de touz ces anseignemanz, ^ dès qu'elles sont pe- tites ^.

32. Et atant se test li contes d'anfance, et ' parlera de jovent.

II

33 K Cist- contes dit ^ que jovens est li plus périlleux de touz les ^ .un. tens d'aage d'orne et de famé; car ausis comme la bûche vers, qui est ou feu, fume sanz plus, tant ^ qu'ele soit ^ bien ''' eschaufée et anprinse, ausis ^ est il d'anfance a jovant. Nature fume en anfance, et en jovent est li feus natureus ° espris et alumé ; et la flame ^^ en saut si très haut, que plusors foiz vient devant Nos- tre Seignor ^^ Jhesu Crit ^' en son hautisme siège la puor dou feu de luxure et de plusors autres granz péchiez que li jone ^2 font perilleusement ^^; ^-^ perilleusement vivent Jones ^^ genz, et plus perilleusement ^^ muèrent, se il tres- passent ^^ de cet siegle ^^ jone.

jay dist i6 manque dans D ly D ajoute et retcnissent; E laprenoient iS E faisoient nj B Et tost a ce r. 20 de f. manque dans A; E ajoute por ce 21 C proignent 22-22 manque dans A; D ajoute et emfans

32. I C £■ si.

33. I Ce paragraphe manque dans D 2 B C Li 3 man- que dans E 4 C \\ p. p. des b A faut 6 C £' est 7 manque dans E H B ausinc q A ajoute et 10 B flanbe i i-i i manque dans B 12 B E q. \. jeunes gens i3 manque dans C £1 14-14 manque dans B ib A bones iG-16 manque dans B

22 PHILIPPE DE NAVARRE

34 ^ Sovant avient que li joncs - n'oit ne 2 ne voit, ne n'antant ^ ne ne doute ^ riens; ainz est si anflez '^ dou vent ^ naturel de jovant qui ^ alume le feu ^, qu'il ne seit les ovres que il fait ne n'oit ce que on an ^ dit, ^ ne n^antent ^ ne ne doute ^^ ce qui ^^ en ^2 puet avenir par raison. Adonc chevauche volantez ^^ raison, et fiert tant avant des espérons que raisons recioit ^^ et demeure, et volantez s'an passe ^^ tout outre le cors ^^ jusqu'à perdi- cion 17.

35. Il i a 1 plusors josnes qui sont si outrccuidic qu'il cuident tout savoir et pooir et valoir; mais sovant Vail- lent a lor esme ^\ et toz jors dit on que cuidier n'est pas savoir. Il en i a de soutis et ^ quenoissanz d'assez de choses, mais tost se corroucent ; et ^ corrouz de jovente est^ trop ^ desaiemprez et soubitainnemant"^ mesfait par les .11. 8 eschaufemanz, ce est de corrouz et ^ de na- ture.

36. Et telz i a ^ qui dient que cil dou moien aage sont ja ampirié, et auques recreii et remeis - en partie de ce qu'il sorent et valurent 3; et dient que li viel sont ras- soté et hors ^ de mémoire, et sont changié et remué de ce qu'il soloient savoir^, et sont revenu en anfance; por

34. I Ce paragraphe manque dans D 2-2, 3-3 manquent dans B) E \'\ ']. no, voit ne oit ne nentent ne ne doute rien 4 B C E Souflez 5 C vient 6 ^ quil "] A ajoute et 8 man- que dans C g-g manque dans £ 1 0 C se ne dote rien 11 B E que 1 2 en manque dans B. i3 B C ajoutent sus ; E volentiers sor 14 C ne croit; E retrait i5 C et v. trépasse 16 le cors manque dans B; C outre toz les cours; E outre tout le cors 17 £ en perdition jusques

35. i D II est 2 ^ elme; C aime 3 B C E ajoutent de

4. A en 5 ^ et 6 B moût 7 jB souuent; D soudainement

8 manque dans AD; E par le dous g manque dans E

36. i B Et ticx q. d. 2 B rouez 3 B de ce quil souloient valoir 4 E fors 5 C valoir 6 B C E quoi ~ y E nez

DES .IIII. TENZ d'aAGE d'OME II 23

ce ^, il ne les prisent ne "^ que les anfanz. Et assez en i a qui ne lairont ja ^ a faire ce que lor conscience lor donc por consoil de nelui '-^^ ne chose qui bone lor samblast ^o, por le dit de la gent; et autres i a ^\ quant vient ^i en ^^ granz consaus, si ^^ dient avant baudcmant.

37. Il est escrit ou livre Lancelot, ou il i a moût de biaus diz et de soutis, que uns prodons et ^ sages et loiaus -, qui avoit a nom Farien ^, avoit .j. sien neveu •* qui estoit apeleiz "* Lanbague ^; cil estoit ^ viguereus et hardis et estalufrez. Andui furent a .i- moût grant con- soil ou il avoit assez "^ de viaus et de sages s. Lambagues, li niés Farien ^, se hasta et parla devant les autres, et ses diz fu tenuz a mal et a folie.

38. Li ï oncles l'an reprint moût, et li dist : « Biaus niés -, je t'anseignerai .1. sens 3 qui moût porra valoir a toi et as autres jones, se il est bien retenuz : garde, se tu te trueves ^ en grant consoil, que ta parole ne soit oïe ne tes consaus, devant que li plus sage et li plus mciir ^ de toi et li greigneur ^ avront parlé et dit lors senz : si en por- ras 7 plus avisiemënt ^ estre garniz a dire ^ ton avis '■^\ et se tu viens en besoig ^^ d'armes, ou tu puisses fere .1. biau

8 B i a qui ne les priseroient ne ne leiroient; C i a de cex qui ne loeroient; E qui ne lairoient q D E nului 10 B q. b. leur samblenl i i-i i A quant il sont ; E qui vinent 1 2 J5 au ; C es; D E as— i3 B C il; E et

37. I C vallanz ; E vaillans et 2 C cortois 3 B \. que len apeloit farienp; D phariens 4-4 A D qui auoit nom 5 B len- dague; C E lanbegue 6 C ajoute pruz; £cil estoit apcleis lam- begues et esioit moût 1 E moût 8 C ajoute et tant que

9 B li niers au viel f.

38. I J5^ Ces z B reanz niers 3 A B san ; E apanrai .1. s. 4 ^ s. tu \es b A D maior 6 et li greigneur man- quent dans A D; C ajoute et li plus grant seignor '] B C E ne coupent pas la phrase : et de leur sens pourras 8 Z) aysiement 9-9 manque dans B 10 C poigneiz n E

24 PHILIPPE DE NAVARRE

cop, garde que tu ja n'i atendes ii plus viel ne plus jone de toi, car granz ^^ honte et granz péchiez *^ est de fol consoil doncr hasiivcment, et granz honors est d'estre ^^ viguereus ^^ et hardiz, quant ^^ Icus en est, et espe- ciaument en jovant ^^. »

3g. .1. autre proverbe i a ^ qui dit ^ : Qui n'a juel 2, si V achat t ou le ^ porchace en aucune meniere; car sanz consoil de viel '^ ne doit on ovrer ^. Bien puet ^ on dire que la conscience des jones genz '^ est ^ ausis comme une grant '-^ vecie 10 anflée 11 de volante, et qui a droit 12 la fiert, de legier crieve. Et por le dit de la gent doit on moût de choses laissier; qui riens n^an leisse, il est haïz ^3 et blasmez ^^ dou plus de la gent. Sovant est avenu que aucunes vaillanz ^^ genz, por doute de blasme ^^ et de ^^ dit ^^ de la gent, se sont laissié tuit despecier en aucune ^^ place, et ont choisi a escient a morir por honor ^^.

40. ^ Les jones genz font ^ de legier volantiers 3 ou- trages et tors 1; et se il sont fort, il laidissent ^ ou dese- ritent ^ lor povres voisins ^ aucune foiz, ec les bâtent et mehaignent, et aucun en ocient. Tout ce est morteus péchiez, et granz perilz i a as riches homes ^ ; car assez

q. lu ne la. 12 E ajoute et i3 C folie 14 B g. h. gist a e.; C g. h. git en e.— i5 E garnis 16-16 B list en

39. i-i manque dans AD 2 A veel ; B goial 3 man- que dans E 4 B ajoute ou de moien ; D ajoute home b E viure 6 B doit 7 manque dans B D E 8 E ajoute so- uent 9 manque dans CE— 10 C ajoute bien 11 B ajoute dou vent; D plaine 12 D et q. .1. poi i3 D honnis 14 et b. manque dans B ib D vilaines - 16-16 manque dans B ij D E de b. ou por 18 C vne 19 B ajoute plus volentiers que viure a honte

40. i-ï B Legiers et outrageus sont aucuns 2 C ajoute souent et 3 manque dans B 4 A assaillent b D ajoute volentiers 6 D ajoute par 7 B a. r. meiraes; CE a. r*

DES .1111. TENZ d'aAGE d'OME Il 2 5

i a de povres hardiz, ^ ci por ce qu'il ont moins ^ a perdre, se vangent plus tost ^. Et ausis mole est la pance dou riche liome ^^ comme dou povre ^' : bien i puet anlrer li glaives ^*; car li viguereus ^3 n'oblie mie ï'* honte ^^ de legier, ainz panse sovant a la vanjance ^^. Cil qui grani mal ^"^ et pcchic ^^ fait '^ ^^ sanz amande '^, il est haïz et de Dieu et dou siècle ^\ et se ^^ mal Tan vient 22, il Famporte a droit; ja n'an sera plainz.

41. Li jone haut home qui sont grant ^ seignor de terre et de pais et ont en lor subjection les chevaliers et le 2 pueple, sont en ^ moût perilleus estât "^ ver lor genz, et lor genz ver eux; car li jone seignor naturelment ^ governcnt ^ plus o les jones genz, et plus les aimment et croient, que il ne font ceus ^ de moien aage ^ ne les vieuz S; et par l'eschaufement de lor jovent et le ^ con- soil et ^<^ la compaignie que il ont des jones, avec le pooir de la ^^ seignorie, mesfont sovant ancontre lor 1* honor et au ^^ péril de lor âmes, tel i a; et plusor d'aus en ont esté en point ^^ de deseritement ^^, et aucuns de- seritez outreement; et ^^ tant comme li grant seignor ^^

h. meimes 8-8 manque dans B g C E et cil qui meins ont; D et eus qui ont mains 10 manque dans jBD 1 1 D ajoute et souuent plus mole et 12 C ajoute de legier i3> B C E cuer de V. 14 manque dans B C i5 manque dans A E -^ D ajoute et si dit on communément con ne doit mie reqar- der a qui on fait courtoisie mais touz jourz doit on bien et dili- gamment resgarder a qui on fait vilonie et 17-17 manque dans B', E et grant p. iH A D font 19-19 B et petit sen amende; D au monde zo B D monde —21 C et souent auient que 22 B auient

41. I manque dans B; C E chief et 2 B lautre 3,4 man- quent dans D b D communément 6 B couerssent; C E con- uerser.t; D ajoute et repaircnt 7 manque dans B 8-8 man- que dans A Q B et pour le ; C et de lor 10 C ajoute de Il D lor 12 D ajoute seignor et encontre lor i3 en 14 C péril— i5 E de&hireteir ~ 16 E ajoute de 17 manque

a6 PHILIPPE DE NAVARRE

sont plus 1^ haut et plus riche et plus puissant ^^ d'autre gcnt, et ont plus a perdre 20, tant 21 doivent il estre mialz 22 conseillié et -^ porveu, et doutenz 21 de perdre 20 .III. si granz choses, comme est ^c honors, ^ seignorie ^ et Tame.

42. Et li 1 jone home 2, qui quil soient, chevalier ou borjois ou autres, qui ont aucun pooir, se doivent ^ moût garder que il ne se ^ révèlent ^ as seigneurs; car trop est honteuse chose et vilainne d'estre contre ^ sei- gnor : "^ comment que ce ^ soit, a droit ou ^ a tort, i a ^ vilain blasme, et sovant en est on tenuz a ^^ traïtor, et po avient que l'an n'an 11 vaigne a maie 12 fin 13,

43. .1. autre 1 proverbe i a 2 qui dit 2 : Mal seignor ne doit on mie foïr, car il ne durra mie to:( jors ^; mais on doit ^Joïr mauveis pais qui s est to^ jors mauveis. En 6 aucun androit "^ est bons cist proverbes, et en aucun, non; car ou monde ^ n'a si bon pais, que Pan ne ^ deûst moût 10 bien foïr en ^^ aucune saison, por .1. jone seignor mal et fort, se il fust atant ^2 ^orreciez qu'il vossist ^^ honir ou ^^ destruire son home; car tele chose ^^ li por-

dans D 18 5 ajoute grant et plus 19 £ grant 20 D prendre 21 B en tant 22 E miex 2I E ajoute miex 24 C dotif; D et estre doutans; -E doutif 25 de ^.manque dans D 26 B sont; manque dans CE 27-27 B et les autres

42. I B ajoute autres 2 manque dans C 3 ^ C se redoi- uent; D si se d. 4 manque dans A C D b C soient rcuelant 6 JB ajoute son ; C E encontre 7-7 manque dans D 8 Z) soit; E soit a droit soit g B E trop i a; D car il i a 10 C por II D q. len en ; E q. on nen 1 2 jD bonne i3 B C E V. a mauueis chief

43. I manque dans B 2-2 manque dans D 3 B m. touz temps ; E pas t. j.— 4 C ajoute bien 5 C D puis qui! 6 ^ Et en E Et 7 Z) liex —SA mont g B que len; D ou len ne; E con ne 10 et 11 manquent dans B E 12 B C autant i3-i3 manque dans ^ 14 C jornee i5 D ajoute adonc

DES .1111. TENZ D AAGE DOME II 27

roîl ï5 faire ^^ que ^"^ jameis ne seroit ^^ amandée. Mais as bons pais puet on bien recovrer ^0, se li seingneur ^ s'aiemprc, ou -^ s'amande, ou mueri.

44. Moût se doit on garder en toz tenz que ^ l'an ne seit -querelous 3 ne '^ estriveor ^, espcciaument en jovent, qui est li plus perilleus de touz les .un. tens d'aage, ^ et que Tan ne ^ s'amorde a avoir contans sovant ''' de le- gier ^; car, par achoison de bien petit commancement d'estrif ou de contant, puet on venir a plusors granz maus 8que l'an ne ^ savroit ^^ nommer. Entre les autres, se doit on trop garder 1^ des choses devant dites ^^ as i~ .111. persones desoz nomées : ce est a son prélat, et a son seignor, et a sa famé espousée.

45. Car au prélat, quel que soit la querelle, ou a droit ou a tort, il estuet ^ que l'an vaigne a sa merci, a la vie ou a la mort, qui ne vuet morir 2 escommeniez ou avil- liez 3. Et il ont tel avantage, que il '*, qui ^ sont adver- saire 6, sont juge de lor querele meïmes; et se l'an apele de ^ la ^ sentence au soverain d'aus, toute voie est ce ^ a clers, et ^'^ il sont presque ^^ tuit féru en un coing;

16 C ajoute sofrir 17 J3 qui iS B pourroit estre iq C retorner 20 A D anfes 21 E rec. et li maus sires

44. I D car 2 A ajoute comme longuement auant; D ajoute c. 1. durra 3 manque dans A; remplacé dans D par cil 4 manque dans D b D estiis 6-6 A et que Ion nait souant contens a petit ne a grant; D et que en samour auoir ses- muet de legier contens 7-7 B sacoustume a auoir souuent touz temps; souant manque dans E 8 B C a plus granz maus; E a raout grant mal et a plus grant 9 manque dans A— 10 B g. m. dont moui i a qui les voudroit i\-\i B dauoir contenz et es- irif; D ajoute et diligamment 12 manque dans A; D des

45. I B esctouuicnt; D couicnt 2 B estre; D ajoute comme 3 B C E auileniz 4 B cil 5 manque dans E 6 E ajoute et 7 manque dans B 8 E lor 9 C ajoute de lor sentence

28 PHILIPPE IJE NAVARRE

car 12 ce qui ^^ est avenu ^^ a l'un i^ puet avenir ^^ a Taulre.

46. A son seignor 1 ne puet on avoir bon plait; car, se il se corrouce, trop 2 puet 3 trover achoisons ^ a mal faire ^, et tout par usage li doit on, tant qu^a painncs le puet on fornir ^, s'a la foiz ^ n'i vaut escommenie- menz 7; et ^ se l'an a mal por ^ seignor, l'an l'anporte ^o, et se Tan fet mal a seignor ^^ en quelque menicrc que ce soit 11, Tan an ^^ est tenuz a ^^ touz dis ^^ desloial.

47. Et cil qui a contanz a sa famé, se il a tort, il mesfet a ^ Dieu, et se desloiaute des convenances ^ de son mariage 3; et, a la foible conplexion de famé, puet ^ ele antrer en volante de mal faire par le contant; et ^ les genz qui l'oient, pueent cuidier que ce soit ^ plus grant chose "^ et 8 plus honteuse ^ qu'ele n^est aucune foiz 9, et tieus 10 orra le contant, qui plus hardiement 11 la re- querra 12 de folie 12; et ce n^est i^ que honte as ,11. parties. Et se ele i^ mesfet, si vaut i^ pis, car dou i^ mesfet

10 £ car II B paranz et 12 D ajoute qui em fiert lun ou talon il fiert lautre ou front et; £ et i3 jE quil 14 man- que dans B C E -^ ib-ib C si est

46. I ^ C A s.; ii Au s. 2 Z) cil se c. il ; £ ce il se tourne trop 3 A ajoute on 4-4 manque dans B S C le puet nuns f. ; jE li puet nus fuir 6 ZJ C £^ se la foi 7 Z^ C et con- meni que ce soit; E et connaent que il soit 8 manque dans

B; C soit 9 B par 10 et se 1 anporte manque dans D

II- II B conment quil aueigne; D en quelconques manière quil auingne; E conment que ce soit 12 manque dans B D i3-i3 manque dans B C E ; D a. touz jours

47. i C il m. vers; D il est meffaiz en vers 2 C couent 3 Z) et la desloyaules de son mariage est desauenans 4 D por-

roit 5 se il a tort par le contant et manque dans E 6 D

ajoute por; E ajoute de 7 B ajoute que ce neit 8 D ajoute por; E ajoute de 9-9 manque dans B; D E que ce nest a. (. 10 B aucuns 11 B C baudement 12-12 manque dans A D i5 D ajoute fors 14. E ajoute se i5 £ vaura

DES .1111. TENZ D AACE D OME

29

de ^"^ la famé est li mariz avileniz, quant il est seUs, *^ comment que ce soit, a tort ou a droit '**.

48. Quant li mariz et lu famé sont mal ansamble * longuement, c'est granz honte; et granz domages - en puet avenir. Et a cui qui ^ soit li tors, li hons en est ea peor point •* de tant comme il ^ seit et vaut, et ^ doute plus honte que la famé ne fait; et de bataille d'où ^ Pan ne puet avoir que le peor ', ne se devroit on ja ^ conba- tre. Li fuiz de famé espousée est trop dongereus, et li sage dient que li mari ne pueent parler de lor famés devant eslranges ^ que une sole parole sage : ce est que si tost comme ^^ il verra que ^^ li autre la regardent ^^ que il die : « Ce est ma famé »; et portant ^^ seront en pais '3, se il sont cortois.

49. Les Jones genz ont faus ^ jugement en aus; car il honorent de lor parole çaus qui font honte aus prodomes de lor famés et de lor filles; et dient qu'il sont moût - vaillant et amoureus et amez ^ de lor amies, et mesdient des mariz et des pères as famés ^ vilainnement; et ce est trop vilains tort ^. Car ce sont li darrean ^ qui le sevent,

16 il car par le 17 C D a 18-18 manque dans A; B D c. q. ce s. a tort; C a tort ou a droit; E c. q. ce s. soit a tort soit a d. '

48. I. manque dans E 2 B E mal 3 B Et quel que; C Et de cuique ; D E< qui que; E De quoi que 4 C en est au pior 5-5 manque dans B 6 B C E de quoi ; D dont "J A poior; B pieur ; C D pior; E piour 8 B n. s. d. ja nus ; C n. s. doit nuns 9 Bd. jens e. ; C E d. la gent estrange lo 10 man- que dans D i\ A D verront; E voient et resgardent 12 B et si tosi corne il orront ce dire il -- i3 D ajoute et la lairont

49. I A Les Jones genz ont fait; B Les jeunes hauz homes ont .1. faus 2 manque dans E—3A comme; D comités 4 B de leur m. et des p. et des f. ; C de lor p. et de lor m. et des f.; D des p. des f. et de lor m. ; E des p. et d. m. et des f . 5 C moz 6 B

3o PHILIPPE DE NAVARRE

et qui plus en sont dolant quant il s'en '' aparçoivent; et puis qu'il n'an sont corpable, par raison ^ n'an ^ de- vroicnt '' estrc boni ne laidangié de rien ; mais cil et ce- lés qui font le mesfet, en sont ^^ boni a droit, et en devroient ainsis estre baïs dou siècle i', comme '^ il sont ^^ de Dieu ^-^ ^^ nostre Seignor ^'; et se cbacuns les baïst et blasmast, mains i eiist ^^ de maufaiz.

5o. Et plusors genz i a joncs et autres, qui sevcnt bien ^ que lor -procbiennes parantes font folies de lor cors aparamment ''^, et il le sofifrent, et s'an rient et ga- bent, et ^ eles en prannent cuer ^ et baudor ^, et en sont plus foies 6 et '^ abandonées as uns et as autres. Et teus i a d^eles s qui en font trop de vilaines ^ ovres ^^^ et sovant ^^ en est mesavenu; miaus vaussist aus plus sages que il en eussent aucunes chastiées asprement ^2. Car li bons josti- ciers, por .1. home qu'il peut, en chastie et sauve .c. ^•'^; et en terre ou il n'a joslise, se norrissent larron et mur- trier et toutes menieres de maufaitors. Et bone jostice et bien doutée sauve et governe a droit tout .1. pais; ausis fait uns prodons tôt son lignage, homes et famés.

5i. En grant doute et 1 en grant ^ angoisse sont li viel home ^ qui aimment les ^ jones, car il voient et quenois-

derreniers, D deesrains; E darrain 7 manque dans AD— 8-8 manque dans B C g E ajoute il 10 £> soient 11 C des genz 12-12 manque dans A D i3 manque dans E 14-14 manque dans B i5 B auroit; C m. e. venist; E aueroit

5o. I E qui souent dient 2 Z) ajoute prochaines paroles sont maies et que lor 3 C apertement 4 D de quoi 5-5 man~ que dans A G D foi blés j E ajoute plus 8 ^ eus g A maies; E de trop v. 10 B ajoute et mauueises \i B D ajoutent leur 12 B C ajoutent en aucune meniere; manque dans E i3 B en est chastiez et sauue cent; D en sont bien sauuez cent

5i. i-i manque dans E 2 manque dans E 3 D ajoute

DES

sent que lor jone ami ne se gardent de mal dire ^ ne de mal faire '', ne de péris des cors ^ ne des âmes, ne ^ en sente ne en maladie, a vie ne a mort. Tant comme li Jo- nes " est sains, jamès ne cuide estre malades, ne ne doute chaut ne froit; et quant il a tant fait que malades de- vient, Pan ne le puet garder s, ne justicier, ^ ne me[r]- gier ®; ^^ains fait ^^^cequ^ii vuet ^'. L'anfent destrainton et merge '^ par force ^^; et cil dou moien aage est en sa droite quenoissance, et si se sait garder et faire mergier ^^.

52. Et li viaus se ^ sent foibies, si s'espargne et garde, car il doute trop - la mort, porce qu^il est ou ^ darrean ^ ^ lens de son ^ aage; mais li jones cuide que nus ne doie morir, se il n'est viaus, et ne se done garde que il est ou ^ milieu dou ^ feu '^ riaturel s. Les voines sont ^ plainnes de sanc et d'umors, et as fors viennent les fors maladies; de toutes menicres de complexion puet Tan ^^ morir jo- nes 11, et toz jors dit Tan que ^^ ausis tost ^^ muert le veel comme la vache, ^^ et aucune foi\ plus tost ^*.

53. Et a la mort dou jone est l'ame ^ en grant ^ péril,

famés 4-4 ^T ei 5 .B et 6 manque dans E 7 D ajoute homs SB ajoute nameisier 9-9 A ne purgier; manque dans B ; C ne mangier; D ne mirgier - 10-10 A C D car il ne menjue ne ne fait que ; B quar il ne fait ne il ne menjue fors 11 B eime 12 A purge i3 £ les enfanz d. len de mengier a force; C len- fani destroini lan a f . ; i) mais lenfant mireg on et fait on ce com vieul par f . 14 ^4 si se fait espurgier et garder; li sil se sest gar- der de mengier; C si se set garder et faire mengier; D cil ce font mirgier et garder; E et si se seit gardeir et faire mergier

S2. ii^£>si--2 manque dans B -^ 3 B dou 4 J5 darre- nier ; C dereiain ; D derrain; E darrien 5-5 manque dans B C-6 manque dans A D y C tens S D ajoute et quil a 1. v. 9 manque dans D 10 C .1. hom —iiBC ajoutent legicrement ; E p. on legicrement morir 12 manque dans C i3 B bien 14-14 manque dans E

b'i. i B lan 2 C lame plus en 3 Kt a la m... gr. dolor manque

32 PHILIPPE I)E NAVARRE

et li ami en grant dolor -, et aucune foiz ^ mesfont moût li ami as cors et as âmes : au cors, quant ^ il ne le gar- dent destroitcmcnt porce qu'il ne le vuelent correcier ^'; et "^ miaus vaudroit qu'il se correçast et vesquist, qu'il « ne fait ^ quant il muert; et li ami se '^ corroucent ^^ et font duel ^^\ et a Tame mesCont il ^^, quant ^^ il ^^\ por doute 1^ que ^^ il ne li facent paor de mort, ne li osent pas dire ne ^^ loer qu'il soit verais confès et comme- niez 1^, et que il face -^ ordenéement ^i son testament et aumosnes por s'ame, se il -- a de quoi. Si en est aucune foiz mesavenu perilleusement, et ja soit ce qu'il soit ^'^ verais confès et commeniez -M

54. Si fait li Jones po de penitance ^ ou siècle : si es- tuet 2 qu'il la face grant et longue en purgatoire ^ ; et an- quor est ce bon, se ansis avient ^; tout ^ i ait ^ il meillor et très bon ^, quant Tame est partant ^ en repos pardura- ble. Moût se devroient estudier et pener '^ jone ^^ et autre, de bien garder ^^ le grant chastel, ce est le cors, en santé et en bon 12 point a lor pooir i^- car de ^^ celui chastel ^^, tant comme il dure, puet on gaaignier ^^ ho-

dans E 4 C ajoute auient que 5 C por ce que G E ne lo- sent corocier ne ne welent 7 C mut 8 C que q B feroit 10 B sçn Il B ajoute quant il muert 12 J5 dueil i3 man- que dans -4 14 manque dans B ^ \b manque dans E 16 C q. il doutent 17 manque dans Z) 18 J? ne ne li o. par temps; C ne li o. portan; D ne ne li o, faire ne; E ne li osent par tens ~ iq B aconmigie 20 yl C D et quil li facent 21 D hastiue- ment 21 A D ajoutent i 23 E ajoute bien 24 B et ait co- migie

54. I B penance; D E peneance 2 25 si escouient; Cet se coulent; E ajoute il 3 fi piscatoire 4 D ajoute de li 5 manque dans E 6 B t. soit 7 C boen 8 i5 la. entre par tenps; D par la; E par tens ~ g D prouuer 10 jB ajoute gens 1 1 J3 C ajoutent sein et anstier; D ajoute estudieusement; E de bien faire et de b. g. sain et entier 12 C boen i5 D ajoute et si dit on bon trésor garde qui son cors garde 14 B a }b A D garder -— 16 £) comquerre ij B C sauuement; D

DES .1111. TENZ d'AAGE d'OME Il 33

nor et richesce et la sente ^' de l'ame ; et ^^ se Tan ^* le peri sobitainnement, tost ^ puet on perdre ^* les choses devant dites. Etporce devroit chascunsestre esveilliezet entenlis selonc sa complexion d'eschiver ^- les contraires choses *3 et user profitables ; et qui de ce ne s'efforce, il ne fait mie bien.

55. Force de naturel amor et de raison conduit les viaus a ce qu'il ne se ^ pueent tenir de chastier et repren- dre lor Jones amis, et li jone mesfont en double meniere perilleusement, quant il ne les croient : Tune est que par raison ^ lor en doit mesavenir, et sovant ^ est avenu '*; l'autre qu'il font ^ grant pechié, quant il les corroucent, car il les devroient servir et obéir, ^ et losengier ^^ et non correcier.

56. Moût est a droit nomez jovanz, car trop i a de joie 1 et de vent; assez est ^ plus joliz et plains 3 dou vent 3 d^outrecuidance ^ .i. povres jones, pour ce que il ^ soit sains ^, que ''' ne sont '^ li plus riche ^ de touz les « autres .ni. ^ tens ^'^ d'aage. Et tant i a de bien ^^ que 12 toz jors ^^ mainnent ^^ joie et ^^ l'aimment i*, et pansent po; mais toute voies devroient il penser as granz perilz en quoi il gisent ^^ et douter les i^; car moût est

sauuete; E honour terrienne et le sauuement— i8 manque dans /> 19 D ajoute ne 20 A tout 21 A D faire 22 A des- chuer; E dcschuir 23 D destre contraires a vaines ch.; choses manque dans E

53. I manque dans C 2 A ajoute il 3 A ajoute lor; D ajoute lor en 4 D mesauenu 5 5 que il est 6-6 manque dans A

56. i E jone 2 manque dans AD— 3-3 B de vant; man- que dans D; £■ de V. et— 4 manque dans B b A puis que il; B por quoy il ; D por quil 6 A ajoute et 7-7 B touz les plus granz et 8-8 B des 9 manque dans C 10 manque dans D II fl C £ bon 12-12 B C E il i3 C aiment 14-14 B liece; C mourent 1 ^ £ ou il gisent aucunes foiz 16 A

3

34 PHILIPPE DE NAVARRE

laide chose ^"^ et descovenable contre Dieu et contre droit ^'^ de vivre comme beste ^^ naturelment» sanz plus de connoissance '-'^^ et de porveance. Car por nus eschaufemenz ^i de nature ^^ ne doit remaindre que il ne sovaigne a home et a famé, que Dieus les ^ fist, et des- fera quant lui plaira ^\

57. Et chascuns doit avoir en remenbrance ^ la haute et la digne passion de Nostre Seignor 2^ dont ^ il 4 par sa glorieuse mort nos reaint et sauva ^ si debonairement, que ^ il dona soi meïsmes por nos sauver. S^an nos ne demeure, si Tan devons mercier ^ et aorer dévotement "^j et aler as églises ^ oïr le servise ^, et veoir ^^ et saluer ^^ son saint ^^ verai cors, que li prestres ^2 tient et ^^ Heve antre ses mains, por avoir plus grant remambrance ^^ de sa passion, et li proier debonairement ^^ qu'il nos sauve ^^ en jovent et toz jors, et nos ^^ conduie a bone fin.

58. Il i a aucunes foies genz qui dient une ^ grant fo- lie ou mençonje en leu de proverbe, mais ce est contraire a proverbe 2 et a raison 2, 3 quant il dient : De ^ jone saint ^, viel diable 3. Ainsis n'est il pas : qui plus jones

g. p. et douter en quoi il gisent— 17-17 manque dans E

18 A desc. de viure comme beste contre d. et c. d.

19 D point 2.0 D ajoute auoir 21-21 manque dans B C E 22 ^ C Z) le 23 C il voudra

57. I 5 rebrance 2 B C D E ajoutent jhesu crist 3 A dou 4-4 A nos r. et s. par sa mort ; B p. s. g. m. nous a reint et sauue; C p. s. gloriose m. nos raincit et salua; E p. s. g. m. nous racheta et s. -— 5 D quant 6 -d Si lan deuons m. san n. ne demeure 7 B doucement —SB ajoute voulentiers et; et al. volentiers as egl. 9 C et oir volantier le seruise 10-10 B sacrer; C et aorer ii B très; manque dans C 12-12 manque dans B i3 B rebrance 14 B D et prier li bonnement ; E et prier bonement i5 manque dans E ■— 16 B en j. et nos; E en j. et tous jours

58. -— I ^ aucune 2-2 manque dans A 3-3 manque dans D 4 C ce b B papelarz 6 manque dans D j B près de que;

DES .1111. TENZ d'aAGE D*0ME 11 5b

commance a sainietier, miaus doit persévérer que cil qui ^ toz jors va de mal en pis. Car Tan dit, et voirs est, que Ions usages tonte presque "^ a nature, et aucun ^ Tape- lent seconde nature; et qui en jovant fait aucun bien, par raison le doit bien ^ faire i^en moian aage, ou est " li meillors i- senz et ^* la grignor ^^ connoissance que hons ne famé puisse ^^ avoir; et après, en viellesce, quant ^^ on est sor l'orle ^^ de sa fosse, se doit l'an parfaitement amander ^^ en touz biens.

59. Mais il puet bien * estre que li faus ^ proverbes fu diz por les ypocrites 3, qui en jovant rungent ^ fausement les 5 monstiers, et en viellesce font ^ mal aparamment ~; et si est il mains de mal estre ypocrites devant la gent * qu^estre désespérez ^ : car li ypocrites ne fait mal que a lui meismes ^, ainz done bon ^^ example a çaus qui ^^ en jovent li ^^ voient faire ^^ samblant de bien; et se il done aucune ^* aumosne, au moins ele torne a porfit a celui qui la reçoit ; et se il le fait longuement, vos avez que Ions usages torne presque a nature; et, ^^ en faisant ce 1^, puet avenir que Nostre Sires ^^ le regarde en pitié, et li done ^^ grâce et ^^ quenoissance de bien faire ^^ et justement ^^ après, ce que il faisoit devant por barat.

C D prcs 8 D aucune genl 9 BC E\e d. mieuz; Die deuroit;

I o C ester 1 1 - 1 1 manque dans B 12 D graindres 1 3 £) meillor 14 E q. home et famé puissent 10 E que 16 B seur leur; D sor lueil ; E sor lore 17 C esmander

59. I manque dans E 2 E q. Vi fais des 3 B f. d. par ypocrisie et le dis(tr)ent lipocriste;nt) 4 E ongent b D ajoute pylers des 6 A D ajoutent il 7 /) et aprennent 8-8 B que ades se poine; E que desespereis 9 D mal se a soi m. 10 C boen Il B ajoute sont 12 B et i3 £ ajoute bel 14 i4 D vne ib'ib A tost 16 B q. diex 17-17 manque dans A

18 £ de faire pour bien 19 ^1 et vitemant; D et tost; E et pour vistement

36 PHILIPPE DE NAVARRE

60. Mais au désespéré en dit et ^ en fait 2 ne puet on panre nul ^ bon ^ example ne nul ^ bien noter; ainz avient ° aucune foiz que par "^ longue sofrance de ^ Nos- tre Signor ^ qui ne punit ^^ et qui ne guerpit ^^ volan- tiers 1^ soubitement ^^^ j 13 prannent mal example ^^ aucun fol ^^ ^^ et pensent ^^ et ^^ dient : « Je puis mal faire ^^ et dire ^^, et eschaperai ausis ^^ comme cil. »

61. Assez avez ^ des perilz et des meschiés ^ de jo- vant; et trop en sai ^ plus d'autres qui ne sont pas ^ ci nomé ne ^ escrit; et ne puet ^ estre que li jone ne mes- facent ^, car nature le requiert. Et toz jors dit l'an que a peines se puet nus passer "^ que il ne paie ^ le jovant; mais toute voies doit on mètre ^ Damedieu devant ses iaus, et efforcier ^^ son cuer d'aucun bien faire, car sanz aucune ^^ partie de 11 droiture ^^ ne puet ^^ on vivre, et moralitez dit que nés i^ li larron et ^^ li robeor de mer et de terre ne pueent vivre sanz aucune ^^ droiture, car il covient qu'il aient mestre et chevetain ^^ a cui ilobeïs- sent, et qui ^'^ lor départe raisonablement ^^ lor desloial gaeign, et, s'il n'i est 1^, il s'antr'ocient ^^.

60. I C ne; £ ou 2 D ajoute en li 3 manque dans B 4 C boen b B C E aucun Ç> E ajoute bien 7 C ajoute la; E ajoute sa 8 C que 9 C ajoute li tait 10-10 B C E mie II Z) la volente 12 il soubitainnement; D soudainement i3 C en; manque dans E— i^C ajoute a i5 fi aucunes gens; E aucune fois aucun 16-16 manque dans B; E et TprQsent 17 B D qui 18-18 5 C ou d.; manque dans D 19 manque dans C

61. i-i D des meschiés; E des péris 2 B C E \ a 3 B C D E mie 4 B en b D porroit 6 5 ajoute en moût de ma- nières — 7 C ajoute qui puit viure SE qui ne part g C ajoute toz jors 10 D pourforcier i i-ii manque dans D 12 C ajoute et de bien faire i3 B C E doit 14-14 manque dans B \b B ajoute meniere de; C E ajoutent partie de 16 C souerain; D cheuetaine 17 ^ quil 18 J3 leaument 19 B et se ce neit; C et si ensi nestoit ; B ajoute mie; E et ce ce non 20 C sentro- cirroient

DES .1111. TENZ d'aAGE D*0ME II 37

62. Li pechié et li mesfet des jones, de quoi il ne se pueent amesurer ne porsivrre droiture ^, sont plus ~ par- donable, et mains les ^ doit on tenir a maus que on ne fait a ceus ^ de moien aage ne as viaus. Ne il ne se doi- vent désespérer, car qui se desespoire, il est dou tout perduz; et qui a aucune espérance ^ de venir a aman- dement ^', anquor porra estre sauvez; car nus ^ n"'est si granz pechierres que Nostre Sires ne soit ^ plus larges ^ pardonierres a touz ceus qui selonc l'establissement de Sainte Eglise vendront a amandement ^. Mais, en fiance 9 de ce ^, ne doit on ^^ mie 11 pechier; car, par mescheance ou par mort soubite ^2, i puet on bien faillir.

63. L'an doit regnablement regarder et cstre porvetiz des maus et des biens qui sont 1 en loz les ^ .ini. tenz d^aage 2, et especiaument en jovent, qui est li plus peril- leus; et tout ^ premiers ^ doit on porveoir ^ et mirer ^ qui sont li mal, por estre garniz de "^ garder s'en 8; après, doit on nommer les biens, pour "^ ce que l'an en puist joir et user covenablement '•^. Li bien de jovant sont grant et ^^ assez ^^ en i a ^^ ; car Tan i a plus de joie que en autre tens, et de cortoisie ^2 et de largesce et de pooir de cors et de vigor et de valor, et d'espoir de longue vie et de conquest, et d' i3 avoir 1^ hoirs et 1^ paranz et ^^

62. 1 D ajoute car il couient quil aient maistre et cheuetaine achat 2 manque dan» B 3 fi leur; £,' lor 4 v4 D m. q. de cax; B m. q. ceux; C m. q. a cex qui sunt— 5-5 C desmendement 6 C nuns ; D £ il 7-7 manque dans B; C p. granz 8 C es- raandemcnt 9-9 manque dans B D— 10 Blan, D nus 1 1 man- que dans B D 12 manque dans A

63. i-i Ces 2 C ajoute et en tôt tens i D trestout 4 D E premièrement b B voier ; C vooir ; E veoir 6 B mostir q. ; C motur q. ; D noter q.; E motir qucil 7-7 manque dans A —■ S B E suy g B C rcsnablement 10 manque dans C 11- II manque dans ACE 12 D pi. de j, et de cortoisie q. en a. t. i3-i3 manque dans B 14-14 manque dans A 1 5 JE et

38 PHILIPPE DE NAVARRE

amis selonc droit de ^-^ nature; et de toutes ces ^^ choses doit on user ^^ et orer i' resnablement a ^* son pooir.

64. Jones doit 1 bien estre joiiz et mener joieuse vie, et doit 2 estre cortois et larges, et 3 accoillir biau ^ la gent, et faire cortoisement ^ a plaisir selonc ^ son pooir ''' as privez et as estranges ^. N'afiert mie a jone home qu'il soit 9 mornes ^^et pensis, ne que il face *i trop ^* le 13 sage en conseillant devant 1^ la gent ; car se il 1^ oe- vre bien 1^, la bone ^"^ oevre loe le mestre.

65. Moût est afferable 1 chose ^ a jone home que il oevre par ^ consoil de moïen aage ou de viel 3; car, se il fait bien, qui que li ait loé, l'onors ^ est soe "*; et se il fait mal 5, et l'an seit que ce soit ^ par consoil, il en est escusez '^ de tout ou de grignor ^ partie ^. Jones ne se doit fier dou tout en son senz por soutilleté ^^ ne por regnableté ^^ qui soit en lui.

66. En jovant doit on user le pooir et la valeur 1 et la vigueur 2 dou cors a ^ honor et a ^ profit ^ de lui et des

16 manque dans AD i'j-17 A orer; manque dans B -^ 18 E selonc

64. i B D 5. bons d.; E J. d. on 2 E ajoute on 3 B ajoute sauoir bien 4 manque dans B; C Z) bel 5 B courtoisie

6 B et largement a 7 C ajoute et largement 8 et accoillir... as estranges manque dans E g E Naf. pas as jones quil soient 10 B muez ii E facent 12 manque dans B C i3 B ajoute courrecie 14 manque dans B ib E car qui 16 B ajoute len dit que 17 manque dans B

65. I B auenent; C auenable 2 manque dans B 3-3 D le conseil a plus saige de lui et de plus ancien 4-4 D en iert seue 5 B C J5 se il faut 6 B len sache que ce ne s.; JE q. cest 7 B acusc -— 8 manque dans B g E esc. dou plus de la gent— 10 B soustillesce quil ait; C sotillance; D soutillece; E subtillence 1 1 B resnablesce

66. I ^ le valoir; D le voloir 2 A D valor 3 E et 4 manque dans E b C ajoute don cors et 6 £> honneur 7 et

DES .1111. TENZ d'aAGE d'oME II Sg

suens sanz peresce et sanz targier; car grant honte et grant domage "^ puet avoir ^ qui ^ passe son jovent sanz ^o esploit. Li jone haut home et li chevalier et les autres genz d'armes ^^ se doivent traveillicr d^oneur ^' con- querre por ^- estre renomez de valor, et por avoir les biens temporeus et les richesces et les héritages dont il puissent a honor vivre et lor anfant, se il les ont, et bien faire a lor amis et a çaus qui les servent, et reposer en lor viellesces, et que lor eritage ^^ et lor conquest demourent ^^ a lor ^^ anfanz, i^ qui demeurent par aven- ture petit 16 après la mort lor ^"^ pères i^.

67. Li vaillant jone qui ^ a bien ^ béent et ^aconquerre, redoivent volantiers savoir et avoir en remenbrance .1. respons que Alixandres dist ^ a son père. Il avint ^ que ^ li rois 5 Phelipes, li ^ pères "^ Alixandre, fu moût crueus et orguilleus ^ et eschars ^^ et vost toz jors avoir le servise de ses genz ^ par fierté et par seignorie, sanz bien- fait et sanz largesce. Il avoit a voisin .1. fort roi qui avoit a nom ^^ Nicholas; cil avoit si ^^ sozmis le roi Phelipe que, chascun an, li randoit 12 moût ^^ grant treu. Seur ce, avint que ^^ Alixandres fu d'aage i^, chevaliers preuz et hardiz et larges seur touz homes. Adonques avint que li mesage dou ^^ roy Nicolas vindrent querre ^"^

g. d. manque dans E; AB C ajoutent i 8 D ajoute cil 9 et

sanz targier auoir qui manque dans C 10 5 ajoute aucum ; D

ajoute faire 1 i-n B deiuent crier aus armes et se deiuent pener Cl traueillier douneur et dauoir; E se d. t. pour honour \2 E ci

i3 dont il puissent lor eritage manque dans jB 14 C de

mort \b C ajoute peùz 16-16 B qui dem. pctiz si deuient; C sil desuient; E q. demorent petit 17 Ddes -- 18 ap. 1. m. 1. p. manque dans E

67.— 1-1,2 manquent dans B C E 3 C D E ûsi 4 B ajoute jadis 5-3 manque dans C 6 B qui i\x -j D ajoute a 8-8 manque dans A ; D ajoute et fiers 9 B homes; E serjans 10 C D E qui cstoit apclez ii E ajoute bien 12 B rendroit i3 B C E A. 14 £ ajoute li rois i5 E ajoute et -— 16 £ le i-j B

40 PHILIPPE DE NAVARRE

le treu ^^. Alixandres en ot moût ^^ grant 20 desdaig, et dist 21 qu'il meïsmes li porteroit 22 et paieroit, si comme il afferoit 22.

68. Et maintenant assambla touz les bachelers ^ et tous les bons chevaliers 2 qu'il pot trover; si ala sor 3 le roi Nicholas '^j et se combati a lui et le vainqui, et gaai- gna quanqu'il avoit, mueble et eritage ^. Et dès iqui ^ ala avant conquérant, et tout '^ quanqu'il pooit gaaignier et conquerre entérinement ^, donoit si largement que riens ne l'an demorolt. Ses pères ^ Toi dire, si li manda ^ letres don la ténor en 10 fu tele :

69. « Biaus filz, 1 il m'est avis que 1 tu ne viaus mie que tes genz te taignent 2 por roi ne 2 por seignor, mais por prevost; car rois et signor ^ doit estre ^ serviz par seignorie et par fierté, et prevos doit avoir ^ servise ^ por doner, et doit porchacier 7 amis por ce qu'il est ^ bal- liz, se il avient que on ^ le praigne, que ^^ li ami li ai- dent a délivrer, et se on le reant, ^1 que il li aident ^^ a sa raencon. »

quarre 18 Seur ce auint..... querre le treu manque dans A D 19 manque dans B C 20 manque dans C 21 D si dit a son père

22-22 B et le paieret ainsin con il deuoit et a lui asferoit; C roi nicholas; Z>et renderoit au roy nicolas son treuage si c. il a.

68. I D cheualiers 2 B ajoute darmes; D cbeuaucheeurs

bachelers 3 B sus 4 Et maintenant roi nicholas manque

dans C 5 et gaaigna eritage manque dans B 6 B Et dileuc;

E Denqui 7 D trestout 8 manque dans £ g-g C li enuoia vnes; E ajoute par 10 manque dans E

6g. i-i manque dans D 2-2 manque dans C; E p. r. et

3 A D sires 4 5 ajoute honourez et; E doiuent e. 5 C estre 6 C seruiz 7 E auoir S A D soit q B sen seigneur

10 manque dans A D n-ii A que lan li aist

DES .1111. TENZ DAAGE DOME II 41

70. Alixandres li respondi a ce : « Sire, je ain ^ miaus avoir meniere de prevost, de tant corne monte a largesce, et par ce conquerre, que avoir meniere de roi ou de sei- gnor cruel et - eschars, et par ^ ce estre '^ au desouz ^ de mes anemis, et randant ^ Ireuage ^ comme serf. Et sa- chiez, sire, que je bée ^ a tout conquerre, se Dieu plest, et tout 9 doner si largement que ja riens n'an demorra a moi que la seignorie et l'onor ^^ tant seulement, et en moi ne vueil ^^ qu'il ait escharseté que une : ce est de retenir a moi proprement Tonor et l'amor de mes genz 12 et de touz mes serveors; et por ce avrai ^^ la seignorie dou monde; et tout quanque je porrai con- querre et avoir, je le donrai a celz par cui je le con- querrai. »

71. Et ainsis ^ doivent faire ^ H riche large ^ qui vue- lent * avoir ^ les cuers de lor serveors s, en remambrance d'un "^ dit que ^ uns ^ rois de Jherusalem dist a .1. sien riche ^^ home, qui refusa .1. don que li rois li donoit ^^, disant : « Sire, vos me donez trop, donez as autres. » Li rois li respondi : « Prenez 12 mon don, car a moi i3 samble que de noviau don ^^ [vient] novele amor 15 ou 16 novele remembrance d'amor ^^ » Et einsis doit il estre.

•jo. i A D do'i 2 A B ou 3 B de 4 A serai 5 A au desor 6 A randront; C randre y A C treusage 8 A he -^ g D ajoute a 10 £ q. ja r. ne men deraorrat q. lo. et la s. Il Cet honors ne viaut; E ajoute ']e 12 ^ de ma gent i3 E ajoute toute

71. I CD ajoutent le 2 E estre 3 jB les riches homes larges 4 C ajoute conquerre et b B tenir 6 C E ajoutent et auoir y B len; C E .1.) D on S D ajoute on trueue li- sant que 9 C li 10 manque dans B il D voloit donner; E donna 12 D prendez i3 C car amors 14 £ q. de nouel de i3-i5 manque dans E ^ 16 Z) cl de

42 PHILIPPE DE NAVARRE

72. Vos avez la meniere dou conquest des genz d'armes; et toutes les ^ autres genz, de quelque mes- tier * que il soient, se doivent traveillier en lor jovent de conquerre les biens temporés, si qu'il en puissent joir ^ tant comme il vivront *. Par les raisons desus dites, trop est granz perilz ^ d^estre pereceus, et plus en jovent qu'en autre tens; haut home et riche ^ qui sont ^ pere- ceus, en doivent perdre '''terre et honor; li povres hom ^ en doit honteusement ^ morir de fain et de mesaise.

73. Li jovenz est comparez et afigurez ^ a Testé, car ausis comme il i a .1111. tens 2 en droit aage d'ome, ausis a il .1111. tens ^ et saisons en Tan. Li premiers est li printens de 3 Pascor 4; H secons est estez, li tiers est rc- wains ^^ li quarz est yver. Li printemps de Pascour ^ seursenble "^ a enfance, et estez a jouvent, et rewains ^ au moyen aage, et ^ yvers a ^^ viellesce. Rainablement puet 1^ on deviser et monstrer comment et pour ^^ quoi chascuns i^ des .mi. tens d'aage d'orne sorsamble i'* la saison i5 de i^ Tan a cui ^"^ il est comparé et affiguré, si comme il est desus moti i^- mes por ce que longue riote 19 seroit, li contes tient sa droite voie, et dira 20 de quoi 21 jovenz 22 resamble a esté 23 ; por ce, li jone se 24

72. I C et de lotes 2 B de quieuque leu; E de quel m.

3 manque dans C 4 E viuent et b B C E mauueistie 6-6 manque dans B C D j E peresous haus hom ou riches on doit p. 8 manque dans E g manque dans C

j3. 1 A D amesurez 2-2 manque dans B £ - 3 B en ; D dou tans 4 C pasques b B eutonnes ou regaim; E gayns

6 C pasques 7 £ est sorsembleis 8 B regaim; E

gayns ; li quarz est et regains manque dans A D g D ajoute

li quars 10 Z) en 11 A D doit 12 manque dans A; C E de i3 D ajoute homs 14. E ajoute & ib A D raison 16 A D A ij B C E quoi iH B note; C cscrit; D deuises; £ dit 1 9 C note 20 D dirai 21 D des quars 22 D ajoute qui 2'i A estre •— 24 manque dans A D ib D pour ce que li

DES .1111. TENZ d'aAGE d'oME. 11 4$

doivent prendre*^ a faire bien *^ en jovani '^ce quc'^l'an fait en esté.

74. Vos savez que en esté soie ^ on le blés, et bat et vanne, et estuie -, por avoir son vivre tout Tan, et ^ tout le plus 3 dou fruit ^ et des biens '* de la terre ^ quieut on et estuie ^ en esté, partie por mangier ^ et partie por les autres besoignes que les genz ont 7; et de ce * que l'an assamble en esté et garde ^, doit on vivre en ^ yver. Nés ïo li fremiz porchace son vivre en esté, et met le grain en son pertuis por avoir en ^^ yver. En esté, fait grant^* chaut, et li jor sont mout^^ionc : por le chaut, ^^ puet on faire ^^ servise a po de robe, et por la lon- gueur 15 des jors 15 doit estre li servises granz i^; ausis i' est de jovent.

75. Se li Jones ^ est povrement vestuz, ou il ^ a po dou sien, toute voies est il fors et délivres et chaus de nature; et jovanzdure longuement a çaus qui sont 3 en sente. Si se doivent iravillier viguereusement ^ de toute lor force a 5 conquerre les biens temporeus, et laborer de quelque mestier ^ qu'il soient ''', por avoir ^ lor vivre en viellesce, por aus et por lor hoirs ^ et por çaus qui les servent ^o.

josne prennent garde 26 manque dans A B D 27-27 C si com ; E ce con

74. I ^ soi 2 5 estoic ; E estoie on 3-3 manque dans A; D et de touz les plus 4-4 manque dans B 5-3 A quant on estuie; B que aoust charge en estoien ; C que on estuie; D quant on les estuie 6 D ajoute en yuer 7 Z) ajoute affaire 8-8 D con espargne en este g B tout 1 10 B Mes; C Car

11 Cpor passer 1; £" s. v. en lestei pour auoir sa sostenance en

12 C niout i3 manque dans CE— 14 C fait on i5'i5 man- que dans C 16 manque dans C ; E Ions et grans '- i-j B D ansin

73. I D ajoute homes a C se il ; £^ cil 3 B viuent 4 B C ajoutent et longuement bADeX^E pour 6 C ajoute que ce soit et 7 Z) de q. q. m. que ce soit 8 Z) q. ce s. tant quil saichent porquerre g yi Z) homes 10 D et por lor ser-

44 PHILIPPE DE NAVARRE

Car viellesce ^^ vaut pis que y vers a toute sa froidure ^2 ; povres viaus est haiz et mal ^^ serviz et blasmez et mes- prisiez de ce qu'il ne se porchaça en jovant, et plusor en ont esté mort de mesaise qui vesquissent plus ^**, se ce ne fust.

76. Vos avez les profiz ^ et les honors ^ que li 2 cors des 2 Jones ont 3, en aus traveillier ^ de bien faire ^en jo- vent ^ por aus ^ et por les leur ^'; droiz est que vos oez le profit que lor âmes "'' i ^ ont. Quant li chevalier et les autres genz d'armes ^ ostoient ^o 11 et sont es besoigs ^\ il doutent ^^ plus ^3 Nostre Seignor, et ont plus grant 1* paor de mort que il n'ont quant il sont en lor osteus as festes, ou en terre de pais; et quant il sont bien traveillié d'armes porter ou d'autres travaus, il ont moins volante et pooir de pechier, et mains d'aaise ^^ et de loisir ^5. Ainsis est il des genz de mestier i^, et de toute autre gent qui travaillent : quant il sont bien traveillié ^^, il pèchent mains ou noiant. Et puisque travaus de jovant est hono- rables is as cors et as âmes i^, chascuns le doit volantiers faire regnablement, et qui nel 20 fait, sachiez 21 que par 22 mauvistié demeure ; et mauveis vaut pis que noianz, car mauveis ^3 vit honteusement 24 et a repro- che 24- et noianz n'est riens.

ueeurs 11 D yuresse 12 -4 a t. sa force; D a touz î3 C E pou 14 plus manque dans B

76. i-i manque dans C 2-2 manque dans B C 3 D ajoute euz 4 C ajoute et les honors 5-5 manque dans A B D 6-6 manque dans A; D E et p. 1. hoirs 7 £) amis; E q. les a.

S B D en (^ B C ajoutent errent et 10 A B D E estoient; C jostent ii-i I manque dans C 12 B deiuent i3 B ajoute amer 14 D ajoute péril de mort et plus grant i5-i3 manque dans AD 16 ^ mer ly A D ajoutent darmes \8 B profi- table; E bons ig C et es aumes 20 C Z) ne le 21 E saiche

22 ^ CE por 23 Z) ajoute homs 24-24 manque dans B

DES .1111. TENZ D*AAGE d'oME. II 46

77. Et por ce que H feux de luxure est de tout ' alumez en jovant, se la grâce dou Saint Esperit ne s'estent ^ en aucuns qui gardent la '^ virginité ou soient abstinent "*, por doute de pechié, en religion ou au siècle, H autre jone se doivent ^ marier au plus test qu'il porront, puis qu'il sont home parfait. Car juste chose est et bone de loial ^ mariage, et laiz péchiez et ^ perilleus au cors et a Tame est ^ fornicacions et plus avoutere ^.

78. Et tout ^ soit ^ce que li liens de mariage ^ est mor- teus bataille, ou covient morir l'un des .11., ainz que loiaument départent dou champ, toute voies en vient li grignor biens * et la grignor joie ^que Tan ait au siècle; et moût d'anui ^ en avint ausis '', mais ^ li bien passent les maus. Et se mariages n'estoit ^, li siècles ^i^faudroit, ou toutes les genz ^^ vivroient ^^ en pechié.

79. De mariage viennent li ^ bel anfant - et li loial, 3 dont li bon ^ pueent venir a granz choses et a hautes ^ dignetés ^. Et de maux en i a ^; mais por les maus "^ ne doit 8 demorer que l'an n'ait famé espousée por avoir

77. I C e. toz jors 2 C ne li oste 3 E en a. de gar- deir ^ A D hastiuement SBC ajoutent voulentiers; E ajoute moût volentiers 6 B b, que des loiaus; E c. j. c. et bonne est loiaus 7 manque dans E S manque dans E ^ D auoutire; E auoltire; et laiz p plus auoutere manque dans B

78. I D ja 2 A B cest 3 Et tout de mariage manque

dans B 4 £ en vinent li grant bien 5 C la grignor honor; E li grignors joies 6 C de mal j E en vinent auec 8 man- que dans E () B ne fussent 10 £" biens 1 1 D ou li mon- des — 12 B mourroient La plus grande partie de ce paragra- phe y 8 ne se trouve pas dans D,par suite de l'enlèvement d'une lettre majuscule, qui a fait disparaître V extrémité des six premières lignes du ms.

79. i De mar, v. li manque dans D (suite de la lacune précé- dente) — 2 D ajoute et li legier 3-3 B d. les hons; C dont li; £ et ^ B haute ; B ajoute honneur de 5 manque dans A 6 E Et des m. i a moui —7cm. por ce -— 8 B ajoute len j C ajoute

4^ PHILIPPE DE NAVARRE

hoirs * ^0 qui puet ^^ ; car por les hoirs ^ï, qui ont les sor- nons dou père, '^dure ^^ en cest siècle plus 12 longue- ment 1^ la mémoire 1^ de lui ^^ et de ces ancestres.

80. Une des plus granz richesces que l'an ^ puist con- querre ^ en si po de tens, si est de lame espouser, a cui Dieus a doné grâce de bone famé ^ avoir, et des bonsan- fanz engendrer "*; car dedanz .1. an puet ele porter ^ tel anfant ^, dont li pères ne vorroit avoir en eschange la grignor ^ richesce dou monde. Et puis que li pères l'aimme tant qu'il avroit ^ despit de panre en eschange nule richesce por Tanfant, autant ^ vaut ^^ a l'aise de son cuer 1^ et a sa volante acomplir *2 comme la richece fe- roit, ^3 et tant plus comme il en 1^ refuseroit ^^.

81. Et moralitez dit que la plus courte voie a richesce conquerre, si est de richesce despire, et sanz faille ce puet avenir en .11. menieres, l'une ^ por le cors, l'autre por l'ame. Celé dou cors si est quant l'an aimme tant ^ une 3 chose novelement conquise, si ^ comme ^ il est dit ^ de Panfant, que ^ l'an mesprise toutes les autres an- contre celé, por sa ^ volante acomplir.

82. Et 1 celé de Tameavient, quant *li bons crestiens, de 3 religion ou en siècle, despit et mesprise toutes les

mie; D puet 9 D f. e. par amours —- 10-10 manque dans C II qui puet... les hoirs manque dans B 12-12 B qui deiuent durer en ces bon estât et i3 £" demore 14 Z) legierement; B ajoutent auoir le— i5 C meniere 16 B deus; E daus

80. 1 C q. mult horn 2 D ajoute en cest siècle 3 maM- que dans C 4 /) auoir et garder b B auoir— 6 t. a. manque dans C yE d. li p. ne panroit en eschange toute la 8 D ajoute en; E dontauroit il q Catretant— 10 C ajoute'û 11 D cors 12 manque dans B i3-i3 manque dans B 14 -E la

81.— i B ajoute si est 2 manque dans C 3 B C E aucune 4 il et ; manque dans D 5 manque dans D 6D corn j A D la

S2. iDDe 2AD que ; E aucunes fois que 3 B est en ;

DES .1111. TENZ DAAGE DOME II 47

richesces dou siècle *, por Dieu servir et por s'ame sau- ver. Et de ^ ce, est il plus riches que s^il avoit tôt ^ l'a- voir "^ dou monde; et la est ce que dit moralitez : que * plus courtement ^ ne porroit on richesces conquerre, ^0 que par eles despire ^^\ car en une toute *^ seule heure de repentance et de veraie confession ou '^ droite en- tcncion de penance '^ fere, conquiert on si ^* grant *^ ri- chesce comme est li sauvemanz de lame en ^* vie pardu- rable i'.

83. Li jone anfant as ^ riches - borjois 3 sont trop * a eise, et por ce pèchent il legierement en ^ luxure et d'autres ^ péchiez de ^ force et ^ d'outrage ^ a lor povres voisins, et plus ^^ es viles, ou ''^ chevalier ne repairent, que la ^^ ou chevalier ^^repairent ^^\ tost lor ^^ en puet mesavenir ^^ Et sovant est mesavenu ^^ que ^^ li seignor des leus ^^ les ^^ an raimbent ^^, et plusor en ont esté 21 honi et *^ josiisié de lor coi s por les outrages qu'il fai- soient.

84. Lor père ou lor ami ^ lor doivent apanre ^ mes-

£ en 4 B 1. r. terriennes; D E d. monde 5 B pour 6 B toutes ; D trestout 7 B les richesces SACDE car gD cointement 10-10 A ne eles despire; B C que despire les; E que pour despire la 1 1 manque dans B C 12 B a i3 C pé- nitence — 14 B C £ ajoutent très i5 C a;o«/e grâce et 16 D et 17 D ajoute amen

83. I £ fil 2 manque dans A D 3 C homes 4 B moût b B moût souent en; C trop souent en; E p. souent de

6 B C ajoutent manières de 7 B et font; £" et de 8 man- que dans B g D auouiire 10-10 B aus vileins que aus 1 1 A ]& 12 B C D E \\ i3 B sont; C ajoute que— 14 E les

ib tost mesauenir manque dans D iG B Z> auenu 17

C car 18 £) li serjant de liex 19 manque dans E 20 B raenment 21-21 B E puniz et; manque dans C

84. i-i B leur aprandent auscun; C 1. d. a. aucun; D les doiuent justicier et aprendre a; £ 1. d. a. aucun 2 manque dans

48 PHILIPPE DE NAVARRE

tier, et aus 2 ansaignier destroitement 3 qu'il entendent a lor besoignes. Il doivent estre marié au ^ plus tost ^ que l'an puet ^, en greignor jovente que les genz d'ar- mes ne li laboureur qui ^ travaillent; "^ li fais des "^ fa- més espousées lor acorse ^ moût les sens.

85. Li jone clerc, teus i a ^ sont en moût perilleus es- tât de pechier et de mètre et de despandre ^ en mal 2 les biens temporeus qu'il ont por servir Nostre Seignor especiaument, mais lor ^ sage prélat les en ^ sevent moût ^ bien chastier ^ et punir ^, quant leus "^ est, se il vuelent. Et cil qui ce fist ^ ne vost deviser nule meniere de pechié de clerc, porce qu'il estoit bons ^ lais, et a lui n'apartenoit ^^ pas ", mais aus prelaz. Et ainsis des 1* genz de religion quel qui soient, ^^ jone ou autre ^^^ clerc ou lai, homes ou famés, bon ou mauveis, ne ^^ dit riens li compes, por ce que H ansaignement d'aus et li amandement 1^ de lor fautes apartienent ^^ a lor sove- rains ^"^ et as i^ commandemanz de Sainte Eglise. Et Dieus par sa miséricorde lor ^^ doint sa grâce et ^^ a çaus qui les 20 ont a ^o governer -^

86. Vos avez parler des 1 jones homes; après orreiz des 1 jones ^ famés qui sont en moût grant péril en lor

C; JE" lor 3 i? droitemant; D ajoute si 4 manque dans B 5-5 5 et 6 A quil 7-7 A D les 8 B acuel; C acorte; D acource

85. Ce paragraphe manque en entier dans D. i B ajoute qui 2-2 manque dans A 3 C li— 4^^ ensaingnent et les 5 manque dans B C E ■— 6-6 manque dans B 7 B li aus; E ajoute en S E qui fist cest compe 9 manque dans C 10 A C nateignoit 11 manque dans A 12 A C E les i3-i3 man- que dans E i:\. E nen ib B E amendes ; C esmandes 16 A apararent 17-17 B soulonc les 18 manque dans B 19 manque dans B; E l. d. sagece 20-20 B C E deiuent 21 £" garder

86. i-i manque dans AD; jones manque dans C 2 man-

DES .IIII. TBNZ D*AAGE D*OME II 49

jovant, car ele n*ont mie si estable 3 sens ne si bon por- posement comme ont li home. Ja soit ce que assez en i a •* de bones par la grâce de Nostre Seignor, toute voie ont eles grant ^ mestier de l'aide ^ a çaus ^ en cui garde eles sont, soient père ou parant ', ou mari ou autre. Car se on ^ les garde bien, qu'eles ne ^ soient requises *o de folie ^0 ou trovées en fol lieu ^* ou en aise de mes- fere, legiere ^^ chose est a savoir que por bones ^-^pueent passer i^; car chastiaus qui n'est assailliz ^^ ne traïz ne affamez ^^, ne sera ja pris ^^ par raison.

87. Et une autre grant ^ aie 2 lor pueent faire cil qui les ont en pooir, et plus especiaument li mari : ce est que on lor doigne honoréement ^ et covenablement lor vivre et lor estovoir, chascuns * selonc lor pooir ^, si que eles n'aient achoison de malfere por soffraite ^ et que li "^ mari les ^ aimment et honorent par rai- son, porce qu'eles ne truisent ^ achoison ^^ de mal fere ^K

88. Et * trop grant samblant d'amor ^ ne pooir ^ ne doivent eles avoir de lor mari ne d'autre qui Jes ait en garde, por ce que ^ orguiaus ne s'i mete, et que baudor ne lor face mal faire. Car aises et mesaise font larron

que dans C D 3 C establi 4 C Ja soit que il en i ait assez 5 manque dans B C; E bon 6-6 B E de ceus ; C celui 7 B mère 8 û ajoute ne 9 manque dans D 10-10 manque dans B C E 11 A D folie 12 B C legierement i3 chose est a bones manque dans B C 14 iJ C ajoutent pour bones

i5-i5 D miex se tient ne famé 16 D prise

87. I C graent 2 D haine 3 D honesteraent; E honorablement 4 manque dans B C E b E ajoute et lor estouoir 6 por soulîraite manque dans A C ; B par s. 7 D lor

8 i4 le 9 ajoute pour despit 10 D ajoute por poor 1 1 et que li mari de mal fere manque dans B C

88. I C Ne de 2-2 manque dans B C -^ 3 B pour doute q.

50 PHILIPPE DE NAVARRE

aucune foiz, et quel que ^ soit li contenemenz de ceus ^ en cui pooir ^ eles sont ^, eles se doivent moût garder de folie faire de ^ lor cors; car ja ^ por chose ^^ que on lor face ne remaindra, se eles en ^^ sont escriées ^^ ou atain- tes, que eles n'an i^ soient honies ^^ a touz jors.

89. Tiens est la meniere et li usages des famés qui font folie et vilenies ^ de lor cors. Autrement est des homes : car, comment qu'il soit ^ dou pechié 2, il ont une grant vainne gloire, quant Pan ^ dit ou seit que il ont bêles amies 4, ^ ou jones, ou "^ riches. Li lignages des homes n'i a point de honte 6, et les famés honissent et avilenis- sent eles meïsmes et tout lor lignage ensemble '', quant eles sont ^ a droit ^ blasmées ou reprinses de tel fait.

90. Ansis se doivent jones famés garder ^ de fol sam- blant et de foie contenance; car- de fol samblant ' vient 3 après 4 plus ^ legierement l'uevre par l'une par- tie ou par l'autre. Et se li faiz n'i est, si ^ le ' dit on ; et par le dit ^ est creu ^, et vaut ^^ près d'autant ^^ comme li faiz. Moût sont famés avilenies, quant eles sont blasmées, et plus quant eles mesfont ^^

4 D et comment que —5 AD celés 6 C garde 7 E de ceus qui les gardent— 8 A por; D par —9 mangue dans D 10 fimes- feit II manque dans £" 12 C D E criées i3 £ ne 14 D escriées

89. I. D q. sont foies et vilaines 2-2 manque dans E 3 B quar lan; D q. on lor; jE q. on 4 B amieus 5-5 B et

G E m 2i nule h. 7 yi meismes; D ausinc - 8-8 manque dans C

90. I B ajoute de fol feit et; D ajoute sor toutes riens 2-2 manque dans D; A ajoute et de foie contenance 3 D après en- vient plus leg..., 4 manque dans C E —b manque dans B C

6 ^ J3 C se 7 /l lou 8 Z) fait 9 D ajoute ou por le dit

10-10 B après autant; D presque autretant; E près autant Il Moût sont f.,. q. e. mesfont manque dans D; E se mesfont

91. Grant honte doivent avoir, quant on les monstre partout ^ au doi; et quant ele viennent en assamblée ^ 3 de genl ^ a fesie ou a noces ou aillors 4, et les genz rient ^ et consoillent, adès doivent cuidier que ce soit por eles; et si est il ^sovant. Mal s'escusent quant eles dient : « J'ai ce fait, "^ porce que ' on me fist tel chose. » Par Dieu, por autrui mesfct ne doit on ^ mesfaire ; car ^ chacunsest jugiez por son mesfait, ^^ et non pas lo por l'autrui.

92. Lor 1 mari et lor * autre ami ^^ qui ont jones ^ fa- més en lor pooir et en lor seignorie, ne les ^ doivent mie assener ^ de lor vivre ne de lor autres estouvoirs ' a fous ribaus, bailliz ^ ne a autres foies ^ genz qui lor en ^0 facent ^^ dongier, ne qui les taigne en vilainne subjection ^2; car maintes foies ^^ en est maus avenuz, et 1^ honte en i'* puet avenir.

93. Et un grant confort i a ou ^ fait des famés que * Dieus,qui est omnipotens, misericors et piteus,et voitet seit que il ne lor a mie doné ^ si fort estable ^ porpose- ment et ^ sens qu^eles se ^ sachent si garder ^ et gover- ner ^ en jovant et ^ en autre tens, comme li plus des ho- mes, si lor a esté si larges ^ de la grâce dou Saint Esperit, que maintes en a gardées et sauvées en virginité, et autres

91. I manque dans D 2 A assemble 3-3 manque dans D

4 B C austre part 5 C dieent 6 £ ce bien 7-7 D pour ce li 8 B len mie 9 C que 10-10 B et non mie; D et noient ; E et non

92 . I J? Li 2 £■ li 3 B genz 4 manque dans B—S A \or

6 E assenir -~ 7 La fin du g à partir d'ici manque dans E 8 D ballier q D poures 10 manque dans B C D \\ B C ajoutent vilein 12 C susception -*- iZ A ajoute auient que il 14-14 manque dans B

93. I y4 D dou 2 B quar 3-3 C et establi; D si f. ne si c; £ f. et e. 4 £■ de 5 manque dans A 6-6 manque dans A D'-'-jBE nt— se ajoute et si cortois g D absti-

52 PHILIPPE DE NAVARRE

en contenance ^ et en chasteé, et plusors en loial ma- riage; si que maintes ^^ en sont saintefiées, et seront ^^ se Dieu plest, plusors ; et assez en i a sauvées ^2 et avra '^, qui sont et seront en repos pardurable ^^.

94. Or laisse li contes a parler de jovant, et se prant a ^ moien aage, qui est li plus atemprez ^ et li meillors ^ de tous les .un. tens ^ d'aage 3, a celz et a celés qui par la grâce Nostre Seignor ^ en sevent et pueent user ^ reis- nablement selonc Dieu et selonc ^ droit ^de ^ nature ^.

III

95. En moien aage doit en estre quenoissanz ^ et amesurez et ^ resnables ^ et ^ soutis, fermes ^ et es- tables en la veraie créance de Nostre Seignor Jhesucrit, sages et porveanz ^ a l'onor et au profit dou cors et "^ de Pâme ^ de lui et des siens, et de touz çaus qu'il a a governer et a servir en foi, se il croire Tan vuelent ^. Et riches doit on estre ^ qui puet ^, ainz que on vaigne ^^ en villesce ; et qui les choses desus nomées ne ^^ conquiert

nence lo A D ajoutetit foiz 11 D ajoute encore 12-12

manque dans AD i3 plusors et pardurable manque

dans C

94. I J5 et parlera dou 2-2 manque dans B; C et li miau- dres 3-3 manque dans E 4-4 A en siuent et p. vser; B en seuent euurer; D en siuent et p. vser— 5-5 manque dans Z) 6-6 manque dans C; E natureil Le ms. D présente une longue la- cune du l g5 au l 221 inclus

95. ï A ajoute et atemprez 2 manque dans C 3 B C resnablement 4 B estre b A affermez 6 A porueuz 7 C a lo honor d. c. et au profit 8-8 manque dans E 9-9 manque dans C; E son p. 10 C soit 11- 11 manque dans C;

DES .1111. TENZ D^AAGE d'oME III 53

OU 1^ porchace '^ en aucune menierc ^^ ou tens devant dit, a poines les avra jamais ^^, se ce n'est i^ de Tespecial grâce de Dieu.

96. Premièrement doit on quenoistre soi meïsmes, et se doit on amesurer et retraire des folies ^ que Tan a fait en jovant, et doit on rainablement et volantiers aman- der 2 ses mesfaiz a Dieu et au siècle^ et porsiurre ^et persévérer ^ en amandement ^, sanz rancheoir ^ en ^ mes- fait '.

97. Et afferme et estable en la veraie créance ^ est Tan, quant Tan fait les oevres qui afierent a 2 Ja créance de 2 çaus qui bien croient en Dieu 3. Et Pan les doit •* faire, qui n'est fous et désespérez; car chascuns et chascune qui tant a vescu qu'il eschape ^ de Tescalufrement de jovant, se doit ^ quenoistre et repantir vraicment, et estre verais ^ confès et faire penitances et orisons et au- mosnes, et mander ^ avant son trésor en l'isle; si le tro- vera a son besoig, quant il perdra le règne ^ terrien.

98. L'an dit qu'il avint jadis 1 en .1. roiaume que Tan i 2 faisoit chascun an .1. roi, et, au chief de l'an, ^ per- doit tout et 3 estoit desposez ^; et le mandoit ^ on hasti- vement ^ en .1. isle sauvage en essil, ou il n'avoit ^ riens née s qui fust bone; 1^ moroit a honte. Une foiz ° firent

E pourquiert ou 12-12 C de sus i3 A mes 14 J5 se il ne les a

96. I B foliens 2 C esmender 3-3 manque dans jB 4 C esraandemcnt 5 B rcchoier ôABou yB mesfeir

97. •— I B ajoute nostre seigneur 2-2 manque dans E

3 en manque dans E ; en dieu manque dans ^ C 4 -4 le d.; C 1. d. bien 5 -B est eschaspez 6 A E ajoutent 011—7 manque dans B C ^ S C anuoier; E amendeir 9 B reaume

98. i A ']a 2 manque dans C 3-3 manque dans C

4 B estoit d. et p. tout— 3 C et lenuooit; E et lenmenoit 6 £ chaiiiuement 7 C ajoute nulc 8 manque dans E

D4 PHILIPPE DE NAVARRE

.1. roi qui fu sages; ^^ si enquist et demanda et sot ^^ le voir 11 de Tan et ^^ de l'isle; si se porvit sagement, et manda 12 son trésor avant en Tisle ^^ et tant de bones choses que il i fut a grant honor et a grant aise, quant il i 14 fu mandez i^- et la vesqui pardurablement a trop grignor honor ^^ que il n'avoit vesqu ^'i ou premier règne i^.

99. L'an doit savoir que li premiers règnes 1 si est cest 2 siècles, et l'isle sauvage li autres; et li fol roi qui fole- ment ^ se partent dou siècle ^ au chief de l'an, et n'ont riens mandé ^ de lor trésor avant en l'isle, sont cil qui ont folement vesqu ^ en pechié sanz amandement, sanz ori- sons et sanz aumosnes; et quant il muèrent "^^ il ne ^ lor samble que lor vie, ja si longue n'avra esté, soit de ^ la longueur d'un an, 1^ nez d'un jour 10.

100. 1 Li sages rois qui manda ^ son trésor avant 3 en ^ l'isle, et 4 vesqui pardurablement et ^ a honeur, si est chascuns et chascune qui se porvoit sagement en jeunes et en orisons, et en aumosnes ^ doner as povres '', après ce qu'il est veraiz ^ repentanz ^ et confès ^. Ces 10 .iiii. choses sont li trésors que l'an doit mander 11 avant ^^,

9 C ajoute auint quil 10-10 C qui enquist tôt -- ii-ii manque dans A 12 C E enuoia i3 jB et m. dedanz lan en liste son tresour 14 manque dans A B i5 C enuoiez 16 ^ a moût grant h. plus; B a trop plus grant h.; C a grinor h. 17 B deuant feit ne eue ; C esle ; E qu iS B reiaume

99. I B riaume; manque dans *4£ 2^1i 3 A fele- nessement 4 B riaume b C enuoie 6 B ajoute en ces siegle y C morront 8 manque dans C— gCen— 10-10 manque dans A; B refait la phrase il ne leur senble quil aient vescu que .1. an que ja si longue naura este leur vie que ele soit plus de longueur dun an ne dun jour

100. I C ajoute Mais 2-2 C enuoia auant soi son trésor en 3 auant manque dans A 4 E ajoute i 5 et manque dans

E ; A pard. iluec et moût 6 C ajoute a 7 B ajoute genz 8 manque dans B 9-9 manque dans C 10 C Et toutes ces

DES .IIII. TBNZ D*AAGE d'OME III 55

car *' tout ce vient devant Dieu en paradis; et quant on i ï* parvient, si vit on ^^ pardurablement en joie pardu- rable por^^ le trésor qui est venuz ^^ avant ^^ El tout ce qui est demoré *^ en terre est ausis perdu as ames*<> de çaus qui n*ont mandé ^^ lor trésor avant, si comme ^ li fol roi 23 perdoient tout ce qu'il ^ lais- soient, quant il estoient desposé et mandé ^^ en essil ^.

loi. Porveanz ^ et sages est qui tout avant se porvoit 2 en tele meniere en cest siècle qui est noianz et cours 3, mauveis et traveillanz, cusançoneus ^ et angoisseus ^ de toutes menieres de ^ travaus et d'angoisses ^. Et après la courte vie, covient ^ par estovoir que Tan en ^ par- te ^ et que l'en muire ®, que par raison Tan doie avoir

1 1 C cnuoier 12 E deuant 1 3 B quant -- 14 manque dans £ i5 ^ len i vit 16 A par i-j B rnende 18 C deuant

I g /4 demonstre 10 A p. a aus des âmes ; 5 p. a aus les âmes

21 C pas enuoie 22 Et tout ce si comme manque dans

B i3 C ajoute faisoient qui 24 ^ quanquil 25 C enuoie

z6 B lisle; il est. d. et m. en e. manque dans E

ICI.— I B Pourueuz 2 Porveanz.... se poruoit manque dans E

SAC cors 4 A cusancons; B enuieus b A angoisse; eus. et ang. manque dans E 6-6 A tormanz j B couuient il SB sen 9-Q manque dans A; E ajoute et conuient tout laissier quant que on at aquis Le ms. E omet la fin du para- graphe à partir de que par raison, et contient le passage suivant qui ne se trouve dans aucun autre ms. :

Et pour ce dit Nostre Sires en resvangile que li san de cest monde sont soties a Dieu. Car nuns n'est tenus a sages, ce il n'est riches, et se il ne seit amasseir avoir; et cil qui est grans amasse- ras et qui mest dou tout sa cusanson a avoir amasser en cest siè- cle, il est tenus pour sages; mais il se trovera pour sos, si com fait aucune fois une beste c'on apelle hyresons. Li hiresons si est de teile nature que il sent l'odour des pomes et des poires et les mangue volentiers; si avient, quant il at tain, que il s*en irat vers la ou il sant l'odour dou fruit, et entre en .1. jardin par .1. petit pertuis, et s'en vat desous .1. pomier ou il trueve des pomes que li vens at abatues; lors, si se herice et tent ses

56 PHILIPPE DE NAVARRE

vie pardurablc en l'autre siècle, si comme il est dit ^^ devant; et a cest pooir parfere, doit on avoir grant de- vocion, et sovant requerre la grâce Damedieu ^^

102. ^ Après ce ^, se doit on porveoir et traveillier et porchacier que l'an ait des biens temporés, héritages et richesces, qui les puet avoir loiaument. Car de ce puet on faire aumosnes et bienfaiz, et mander 2 son trésor, 3 si comme il est dit devant. Et en puet on vivre a ho- nor en cest siècle et norrir ^ ses anfanz, et eriter ^ et ai-

pointillons par entour lui, et ce rouelle par desus ces pomes et en charge a ces poiniillons un grant mont, et ce remet au chemin pour râler la dont il est venus. Et quant il vient au pertus par ou il est entreis, si boute sa teste dedens et se trait outre; mais, au rissir fors, rechient toutes les pomes ou jardin, et, quant il est fors dou jardin, si se trueve deschargiés; lors si crie, et brait, et se tient pour fol, quant il n'en manja assez; car, quant il cuide ra- Jeir, il trueve le pertuis estoupei. Ansi[n]c est il de ceus qui en lor jovent et en lor moien aage mestent toute lor entendue a conquerre terres et héritages, et a poindre de ça et de la sus lor voisins a destre et a senestre, c'est a dire a raison et sans raison, ne ne lor chaut lequeil, mais qu'il aient ce que il vuelent. Et ne pancent mie a ce, quant il vinrent en cest monde, il vinrent par estroite voie ne n'i aportarent riens, et par estroite en riront, et niant en reporteront. Lors si brairont et crieront, et pour fol se tenront, de ce que poul averonl mangié et tout averonl laissié, ausi com ii hiresons, dont j'ai desus parlei, c'est a dire que pou averont mangié, que povrement averont soute- nues et peûes lor anies, et pou de biens et d'aumônes faites de lor avoirs. Et ont si lor âmes afammées que elles, s'en vont par defaute morant a la mort d'anfer, c'est par defaute de charilei, dont elles n'ont pas estei repeûes; car qui vit en charitei en cest siècle, par raison il doit avoir vie pardurable en l'autre siècle, et a ce que on puisse vivre en charitei, doit on a grant devocion et sovent re- querre la grâce deNostreSignor.— 10 B ajoute par 1 1 C nostre signor

Ï02. i-i E Bien 2 C E enuoier 3-3 E auant en paradis cest en lile dont jai deuant parle 4 C ajoute et hedifier 5 B ausm.et bienf. et en puet len viure ou sigle a honeur et mourir

DES .1111. TENZ DAAGE d'oME III b'J

d'icTy et ^ bien faire a son lignage et a ces qui mestier en ont et ' a ses "'' autres amis et servcors ^ ; et touz les biens que on a d'eschoite ^ et de conquest que l'an a fait en jovant ^, en i^moien aage les doit on acroistre et porfi- tier et édifier por miaus valoir. Et se doit on moût ^^ garder que l'an nés perde; car honte et mesaise en porroit ^* avoir ^^ en viellesce.

io3. Haute chose est ^ grâce ^ de senz et de soutil 3 connoissance •*; Dieus ne done mie senz a un home por li tant seulemant ; ainz viaut bien ^ que la grâce ^ que il ^ li a donée s'estande tout avant a lui et au[s] siens, et après a ses voisins et a touz celz qui a lui vendront por consoil ^; car, se Dieus ^ voissist, ^ il poïst bien tel grâce doner as autres ^ qu'il n'eussent ja ^o mestier de celui. Et en ce que li autre ^^ viennent a ^^ lui por lor besoig, ï2 il est honorez 12 de la grâce meismes i3 que Dieus li a donée ^*.

104. Sages doit tout premiers mètre conroi ^ en soi ^, que il soit de bone vie et de bêle contenance, por doner bel 3 example as autres; et doit estre cortois et humbles as povres et as riches, et doit soffrir les fous, et ^ contenir

et mender son tresour si corne il est dit deuant et esriter ses en- fan 6 C a j-y A B assez ; C ces SB daschaster 9 B ajoute et; C ajoute ou 10 ^ ou 1 1 manque dans B; A ajoute haster et 12 £ p. on -- l'i C auenir

io3. 1 B ajoute dauoir 2 manque dans C 3 A souiif; B sousliue 4 C ajoute car 5 -4 ajoute tôt auant ; E a. auient b. 6-6 E de dieu 7 C qui vaurunt a son conseil; £ q. a 1. vauront a c. 8 il £ il 9-9 A il eust bien et poist tel g. d. a. a.; B il en peust bien tant d. a. a.; £ il donast bien as autres tcil grâce i o manque dans A— 1 1 - 1 1 B on mestier de 12-12 A et si lannorent i3 manque dans C 14 B ajoute dou sen quil a mis en li

104. I A consoil 2 en soi manque dans C S manque

58 PHILIPPE DE NAVARRE

soi sagement o "^ les sages ^; et ne doit mie faire grant ^ samblant de « sage antre ° les fous, et por riens ne doit haster fol de parole ne de fait; car tost l'an porroit mes- cheoir en dit et en ovre : sovant est avenu.

io5. Granz sens est ^ de mètre bon - conroi en Torde- nement ^ de son ostel et de sa ^ terre, qui l'a. Et çaus qui ont tant a faire de seigneur ou d'autre besoigne qu'il ne pueent aisiéement ^ entendre a leur feit 5, il doivent es- tablir, en leu d'aus, ^ les meillors sergenz qu'il pueent avoir 6; et toute voie il'' i deivent entendre "'' aucune foiz ^. Car l'an dit que // oil ^ dou seigneur vaut ^^ fu- mier 11 a 12 la terre ; et bien est voirs; et plus i a enco- res, quar i^, por la veûe(e) dou seigneur puet on i^ co- mender a i^ fumer ^^^ la terre i', et mieus gaaignier et cueillir les fruiz, que l'an ne feroit se 11 sires ne la veïst.

io6. Sages i qui a esté anfes et ^ jones, ^ doit bien sa- voir norrir et ansaignier ses anfanz ou autres, se il sont en sa garde ** ; et doit bien savoir ^ conseillier et garnir ^ ses Jones "^ amis, et chastoier et reprandre ^^ et eus ^ monstrer les granz perilz de jovant. Et raisons est que cil qui sevent le bien i^^l'ansaignent ii, et cil qui les

dans B; C bon ; E bons —^Aen— 5BE auec 6 A saches 7 A biau 8 B destre g B auec lo C messerrer

io5. I B ajoute et bon 2 E ajoute consoil et bon 3 C lornement 4 B la 5b A en lor cuer 6-6 C le millor que il porront auoir de por serjant 7-7 A i pueent contendre; B d. e.; E i doient attendre SB ajoute a leur besoignes 9 B q. lon- bre; C q. li yax ; E q. en leuel 10 ^ voient; C voit ti E fumeroi 12 B en \3 E que 14 manque dans B

i5 C E et faire 16 E fumerer 17 et bien est v f la

terre manque dans A

106. I A Sachiez 2 manque dans A 3 A ajoute il 4 B C ajoutent et en sa mestrise 5 manque dans E —6 B garder 7 manque dans B ; E poures 8 B ajoute quant leus est 9 man^ que dans E îo A qui bien le seuent i\ E lasauisent i2 B

DES .iiii. TENZ d'aage d'ome iii bg

croient font que sage. Les voies porale'es '^^ ou Tan est aies ^3 sovant et longuement ^^ et est on ^^ revenuz so- vant ^^^ doit on bien savoir.

107. Cil qui ont esté anfant et puis jone, et sont venu a moicn aage doivent bien savoir se il furent bien norri et ensaignié ^ en anfance et anpris ou non ' ; car, se il le furent bien 2, ne puet estre qu'il n'aient bien apris, et qu'il ne 3 lor en soit bien avenu; et se il le furent mau- veisement, '^ ne puet estre qu'il ne lor en soit mescheû ^ en dit ou ^ en fait ; et assez tost en Tun et ^ en l'autre. Et en jovant, se Dieus lor ' dona ^ grâce d'aus savoir ^ gar- der et eschiver ^^ ancontre les périls de jovant, bien lor en 1^ est avenu ^2; et se il furent tormanté et mal mené par les granz perilz et les ^^ chaus ^* de jovent, bien lor en doit sovenir. Et por toutes teus ^^ raisons, se doivent ententivement traveiliier de bien norrir lor anfanz et chastier et reprendre 1** et garnir les juenes^^, et en ^^ tou- tes choses esploitier sagement, si que lor sens soit appa- ranz.

108. Li très granz senz vcrais et parfez * est 2 la bone souche qui jamais ne sèche ne ne faut 3, et si a* moût

acoustumeis i3 ^ ou lan a aie; C ou en voit; 14-14 B en est en ; C et en est lan; manque dans E ib manque dans BC

107. i-i B ou non et après en enfance ; C et apris ou non en anfance; E en enf. ou non 2 et 3 manquent dans B 4-4 B il leur en doit estre mesauenuz S^iet 6BC0U— 7 en

lun et »e d. lor manque dans E S A E donc q B grâce

au moins assauoir 10 J3 cheuir; E eschuir 11 manque dans A 12 E b. \. e, doit sosuenir l'i D pour les periz granz et 14 C enchaucemenz ib B C ces 16 B ajoute les 17 et se il furent t et g. les juenes manque dans E iS B \. j. de

108. I C Le très granz et parfait soverain 2 E ajoute de 3i4q. j. ne séchera ne ne faudra; C q. ne soche jemais ne faut; E q. j. ne sèche ne taut 4 ^ et ou il a; C i^^ et a 3 B ajoute

60 PHILIPPE DE NAVARRE

de ^ bones branches. Li aubres de sens est et sera " toz jors vers et floriz ''', et portant ^ fruit bon et meillor et parfet. Moût i a de gens qui ne pueent cel aubre veoir ne connoistre, ne ja ne tasteront dou fruit. Et lieus i a qui viennent a l'aubre, et le voient et sont antor la sou- che ^, et vivent et passent lo assez bien lor tens, por ce qu'il sont en Tombre de Taubre, et sentent la bone odor dou fruit; autres i a plus gregneurs ^^ qui se preinent aus branches ^2 et ont dou fruit ^^, aucuns de bons, au- tres 14 de millor, et li bien ranpant manjuent dou très bon. Tuit cil qui menjuent dou fruit vivent a honor, li uns bien, li autre[s] miaus, et li autres très bien.

109. Cil aubres 1 de sens, don la souche 2 ne faut ne ne sèche, et qui toz jors est et vers et floriz et portans ^ fruit, est Nostre 4 Sires Jhesu Criz ^. Les bones branches sont li saint et les saintes et tuit li doctor ^ de Sainte Eglise, dont ele est anluminée ^ par les Saintes Escritu- res qui ansaignent la voie Damedieu '^, dont les âmes sont sauvées et randues au creator qui tout créa et fist, et de ^ cui eles doivent ^ estre par ^ raison. Cil qui ne pueent l'aubre veoir ne quenoistre ^^^ ne ja ne tasteront ^^ dou fruit, sont cil qui ne sont de la loi Nostre Seignor i2Jhesu Crit '^^, et ^^ ne la quenoissent ne ne ^^la ^^ croient, et li fauz crestien ^^ désespéré dou tout.

très 6 E La. de sus est de sara -j E foillus 8/1 porte 9 B cosse; C sorche \q A paissent ■— \i C E gracieus 12 C as branches de laubre i3 autres i a p. g o. d. fruit man- que dans A 14 A ajoute et

109. i B Cest larbre 2 B cosse 3 C et porte flor et 4-4 B seigneur; E sires b A ansaignement ; Bendotrineurs 6 C illuminée y A a. jhesu crit; Cad.;j5ded.— 8^f. de ; C et a 9-9 A randre ; C estre randues i o B Cil qui ne puent voir larbre veor et cognoistre; C Cil qui laubre ne poent co- noitre 11 C mangeront 12-12 manque dans E i3 manque dans ^ 14 manque dans CE i5 B y; manque dans E 16 B ajoute et les

DES .IIII. TENZ d'AAGE d'oME III 6l

1 10. Cil qui sont en l'ombre * et vivent * et passent * assez 5 bien, sont li * simple crestien, qui vivent benigne- ment ^ en lor simple créance, et se gardent volentiers a leur pouoir qu'il ne ^ partent de l'ombre, ne ne ''' vont mie 8 au chaut, ® ce est au pechiés morteis ^. Cil qui se prannent as branches et menjuent dou fruit, sont cil qui se prannent ^^ as sages ^^ oevres des sainz et des saintes 1* et des sainz pères ^*, et ^^ qui aprannent volantiers et oient la Sainte Escripture por panre example as bons, et savoir lor âmes sauver ^^. Et cil ^* qui ^-^ aprannent sa- piance et science, selonc ce que chascuns s^efforce et es- ploite a plus sagement ^^ ovrer en bien ^^ vers Dieu et vers le siècle, si ont ^"^ dou fruit, li bon dou bon, li meil- lor dou meillor, li très bon dou parfit.

m. A cel saint aubre de senz qui est celestiaus, ne se ^ puet apparillier nus aubres terriens ne sens natu- reus; en ce n'a nulecomparison,mais li plus sage terrien et li grignor mestre se doivent traveillier ententivement de siurre * et ^ sorsambler ^ a lor pooir, et selonc raison, le saint aubre devant dit ^, tout soit il nomper. Et de la soe grâce meïsmes le doivent ^ loer ^ et amer et servir et aourer, et ^ sagement anseignier les autres par Texample de lor s bones oevres, ^ et aprendre a lor deciplcs et a

no. i-i manque dans C; placé dans E après et passent as- sez bien 2 A paissent 3 manque dans B ^ E cW qui sont 5 B béni ment 6 C ajoute se 7 manque dans C 8 manque

dans CE-' 9-9 C qui sunt li pechie mortel; et se gardent v

pechies morteis manque dans A 10 A ajoute garde 1 1 man- que dans B; C bones 12-12 manque dans A i3-i3 E oient volentiers la s. escr. pour sauuer lor âmes 14 manque dans A; B Et tous ceus ib-ib E esploiteni sagement en bien

16 B ajoute quil puet esploitier et —• l'j A B C a

III. I manque dans B 2 B suidre; C porsuir; E sieure

3 C a; E et a 4 ^4 soe sambler 5 ^ li sains aubres deuant diz 6 J3 doit len —7-7 E et seruir et ameir et 8 man-

62 PHILIPPE DE NAVARRE

touz ceus qui vorront user ^^ de lor consoil a >i faire bo- nes oevres ^ et sages, et avoir 12 contenemeni ^^ loial vers Dieu et vers le siècle.

112. Li fol et li mauveis qui ne les ^ vuelent aprochier ne quenoistre ne croire, et aucun qui 2 les ont conneliz et 3 puis se partent d'aus et les renoient, sorsamblent ^ çaus qui mescroient la loi Nostre Signor, ^ et çaus qui furent de la loi ^ et ^ sont désespéré dou tout. Les simples genz "^ qui sont antor les sages ^ et les voient et oient, ®et se ^ chevissent antor aus simplement et bonement ^^ por lor servise, et ainsis ^^ ont ^^ lor vivre, si ^^ que il pas- sent ^^ bien et ^^ covenablement, et sont covert, et au- ques ^^ honoré dou sens et de la valor de ^^ lor sages sei- gnors, sorsamblent ^^ çaus qui vienent ^^ au saint aubre et 20 vivent ^^ en l'ombre de lui et sentent l'odor de son bon fruit 22.

1 1 3 . Et li autre qui sont soutil ^ et reinable et bon de- ciple 2, quel qu''il ^ soient, parant ou autre, qui se tra- vaillent et 4 poinent d'apanre ^ dou sage ^, et esploitent sagement ^ premiers a Dieu servir "^ et amer "^ et douter, et après a ^ sagement ovrer des fais terriens, sorsam-

que dans C - 9-9 mangue dans £" 10 B ouurer 1 1 J5 et 12 B ajoute bon i3 C comencement; B ajoute et

112. 1 5 le; manque dans C 2 mangue dans A; C ajoute ne 3 C qui 4 B seursenblant; E ajoute bien 5-5 manque dans C 6 C ajoute se 7 B crestiens 8 £ les sagens gens

9 9 ^ J5 se ; C et i o A ajoute autor aus ii B ainsinc ; C ausi 12 C ajoute ï\ i3 mangue dans B 14 £" pancent i5 mangue dans A i6 B aucuns ly A a; E et de iS B seursenblant; £ sorsamblant 19 A viuent; B viuent et vienent

20 C ajoute qui 21 B vienent 22 yl fil

ii3. iJ3 soutif 2 £■ discipline 3 -<4 qui 4-4 B C E font tant que il apreinent 5 E des sages 6 B ajoute en cest siegle 7-7 mangue dans A S manque dans B C E

DES .1111. TBNZ d'aAGE DOME III 63

blent * bien çaus qui se prannent as branches et ^^ usent ^^ le bon fruit dou saint aubre, et vivent a honor.

1 1 4. Li sen terrien * sont de parti en moût de ^ menieres, et 3 preste a moût de gent : ii un ont grâce d'une chose, et li autre d'autre, et tout est sen; mais l'an ne puet mie resnablement ne largement apeler sage ^ qui ne l'est ^ que d'une seule ^ chose, se ce n'est de Dieu servir tant seule- ment; mais soutil puet on dire qu'il est "^ de cel oevre, quel qu'ele soit, granz ou petite, et qu'ele soit toute voies bone 8; car ^ soutil de malice et '^ de maie oevre ^^, ne doit on en nule meniere dire ^- qu'il ait sens en tel androit ^^.

1 15. Et por ce que longue chose seroit ^ de conter et ^ de retraire toutes les menieres de sens que on ~ porroit avoir, les au. ^ que vos orroiz après bien sosfiront * ; l'une 5 est ^ que Tan doit ^ porchacier et ^ avoir covena- blement et loiaument son vivre por lui et por les siens ; li autre dui sont en .1. respons que cil qui fist cest conte manda ^ jadis en rime a .1. home que l'an tenoit ^^ a soutil; mais l'an disoit quMl estoit moût ^^ malecieus, et por ce que ou ^2 mandemanz que cil li fist ^^^ avoit ^* moût parlé de senz, entre ^^ les autres paroles il li res- pondi et manda ^^ :

9 B seursenblant 10 C E ajoutent ont et 1 1 B ont vse 1 14. I ^ ajoute en 2 B en meintes 3 manque dans A /^ B intervertit mes Iqïi ne puest mie apeler resn. celui sage ne larg.; C intervertit mais lan ne puet pas apeler rain. ne larg. sages— 5 A lei; B list 6 manque dans C; E q. de vne chose 7 B ajoute cil qui list 8 ^ donee 9-4 ajoute en 10 C £" ne 1 1 £" de mal curer-— 12 fine doit len mie dire en nule guise— i3 C en lui adroit Ii5. i-i manque dans E 1 B qui en 3 -4 .11. 4 B soufiroit; C soffiroit; E soffîroient b C E W vns 6 manque dans C y B C seust ; E sache 8 manque dans B; E ajoute auenir a 9 C enuoia 10 /l ajoute jadis 11 B E trop; C très— 12 ^ cil ~ i3 C ajoute estoit contenu et 14 B auoir ib E outre 16 et manda manque dans A

64 PHILIPPE DE NAVARRE

1 16. a Vos qui estes ^ soutis de raison et d'usage *,

Vos savrez bien conduire, se Dieu plest, comme sages Miaus et plus sotilment que je ne vos devis ^ ; Toute voie vos mant '* ce qu'il m'an est avis. Li soverains des ^ sens si est de Dieu servir Et amer et douter ^; l'en ^ en puet desservir La vie pardurable, et si est grant honor, En cest siècle meïsmes, au grant et au menor, Et des 8 sens terriens m"'acort je moût ^ a un : Que ^0 Tan gart bien la pais et les cuers dou commun ; Car qui ^^ se fait haïr a la grignor partie, Raisons et quenoissance est ^^ de lui départie ^^. Il i a tiens ^'^ qui sont trop soutil de malice; Entr'aus et paradis a grant barre et